<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122</id><updated>2012-02-01T21:28:06.275+01:00</updated><category term='répartition de la valeur ajoutée'/><category term='sport'/><category term='développement'/><category term='(mal)journalisme'/><category term='inégalités'/><category term='Justice'/><category term='dette publique'/><category term='histoire économique'/><category term='europe'/><category term='libéralisme'/><category term='travail'/><category term='sociologie'/><category term='recherche'/><category term='éducation'/><category term='développement durable'/><category term='crise'/><category term='wikipédia'/><category term='retraites'/><category term='35 heures'/><category term='immobilier'/><category term='désindustralisation'/><title type='text'>Sans rationalité et sans finalité</title><subtitle type='html'>Sans finalité aucune et sans beaucoup de rationalité</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>67</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-223645193390243939</id><published>2012-01-31T18:22:00.001+01:00</published><updated>2012-01-31T18:25:27.217+01:00</updated><title type='text'>Le repas gratuit de Nicolas Sarkozy</title><content type='html'>Nicolas Sarkozy, ne se résolvant pas tout à fait à prendre le costume churchilien ("du sang et des larmes"), a promis aux Français un repas gratuit, sans qu'aucun des journalistes présents ne lui fassent observer qu'une &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/There_ain't_no_such_thing_as_a_free_lunch"&gt;telle chose n'existe pas&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, il a annoncé la mise en place d'une TVA sociale, qui ne conduirait pourtant pas, selon lui, en raison de la "concurrence", à une hausse des prix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est probable qu'il ait, sur ce dernier point, factuellement tort. Contrairement à ce qu'il a affirmé, l'augmentation de la TVA dans tous les pays européens où elle a eu récemment lieu, a conduit à davantage d'inflation. Y compris en Allemagne, censée, selon le président, n'avoir connu aucune augmentation des prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, accordons-lui ce point : le repas gratuit n'est pas là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est ailleurs : la TVA sociale vise à remplacer une partie du financement de notre système social par les charges sociales par une hausse de la taxe sur la consommation. Cela diminuerait les charges pesant sur les entreprises française, leur faisant gagner en compétitivité prix (tout en imposant une taxe sur tous les produits -même ceux importés). Soit. (Si l'on veut un point de vue informé sur l'efficacité d'une telle substitution, voir &lt;a href="http://www.telos-eu.com/fr/article/tva-sociale-ou-devaluation-fiscale"&gt;ici&lt;/a&gt; : en substance, médiocrement efficace à court terme, sans efficacité à long terme).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est là que le repas gratuit intervient : si la TVA ne conduit à aucune inflation, cela signifie que les entreprises ont diminué leur prix pour maintenir les prix après TVA stables. Ce qui est possible, quoique improbable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais si les entreprises agissent ainsi cela signifie qu'elles ont baissé leurs marges, et donc que leur compétitivité a diminué. D'un autre côté, celle-ci avait augmenté au moment de la baisse des charges sociales. Autrement dit, les entreprises ont maintenu leur marge constante : ce qu'elles ont obtenu grâce à la baisse des charges, elles l'ont perdu en maintenant les prix stables, malgré la hausse de la TVA. L'opération est donc totalement neutre économiquement : la compétitivité prix des entreprises demeure la même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est là le repas gratuit : ce que voudrait Sarkozy c'est des prix qui restent stables, sans que les entreprises ne baissent leur marge -sinon à quoi bon la TVA sociale. Mais, cela ce n'est pas possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le dire différemment : pour que la TVA sociale fonctionne, il faut bien que quelqu'un d'autre que les entreprises la paye. Et ce quelqu'un c'est le consommateur, dont le prix du repas doit donc augmenter.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-223645193390243939?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/223645193390243939/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2012/01/le-repas-gratuit-de-nicolas-sarkozy.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/223645193390243939'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/223645193390243939'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2012/01/le-repas-gratuit-de-nicolas-sarkozy.html' title='Le repas gratuit de Nicolas Sarkozy'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-6429925950180529538</id><published>2011-12-15T18:25:00.001+01:00</published><updated>2011-12-16T00:53:54.664+01:00</updated><title type='text'>Troll du jour</title><content type='html'>Les agences de notation, c'est connu, sont méchantes et incompétentes. Et maintenant, elles s'en prennent à la zone euro, dont la crise est pourtant sous contrôle puisque &lt;strike&gt;Sarkozy&lt;/strike&gt; A.Merkel a décidé qu'imposer une politique d'austérité créerait (magie !) de la croissance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, Standard and Poors pense que les pays les mieux classés de la zone devrait être dégradés. Stupéfaction, en France, dans nos milieux politiques : comment même l'Allemagne, si vertueuse ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La trollesque vérité est, pourtant, que les agences de notation ont une analyse plutôt favorable des pays de la zone euro, comparé aux marchés financiers. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-d7lriCNwtJw/TuEDORp0yHI/AAAAAAAAAXk/kZKZ09eHAkA/s1600/Taux%2Bobligations%2Bpubliques%2Bet%2Brating%2Bde%2BS%2Bet%2BP.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="315" src="http://1.bp.blogspot.com/-d7lriCNwtJw/TuEDORp0yHI/AAAAAAAAAXk/kZKZ09eHAkA/s400/Taux%2Bobligations%2Bpubliques%2Bet%2Brating%2Bde%2BS%2Bet%2BP.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je me suis ainsi amusé (figure de style) à rassembler tous les pays de la zone, ainsi que les autres pays du G20 et de l'OCDE, qui ont à la fois une note attribuée par Standard and Poors et dont Bloomberg donne le taux des obligations à 10 ans (le graphique date du début de la semaine dernière). Et l'on voit très clairement, que quelque soit la note, les obligations des pays de la zone euro ont, presque systématiquement, des taux supérieurs à ceux des pays qui ne sont pas membres de la zone. Pour le cas des seuls pays notés AAA, la différence de taux est notable : le taux moyen à 10 ans est de 2,8 % pour les pays de la zone contre 1,9 % pour ceux qui ne le sont pas. Le contraste entre un pays comme la Suède (1,8 %) et la Finlande (2,7%) est, par exemple, frappant. La dégradation semble, ainsi, une évidence, devant laquelle Standard and Poors ne recule que pour des raisons de prudence diplomatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les agences ne donnent qu'une analyse parmi d'autres pour les acteurs financiers (pour autant qu'ils ne soient pas contraint par Bâle II de les suivre). Ainsi, la dégradation de la note américaine par S and P n'a eu strictement aucune conséquence, bien au contraire : les taux ont baissé après sa dégradation. A part la Suisse, aucun pays AAA n'a un taux aussi faible que le Japon, pourtant AA-. Les notes des agences de notation ne sont pas les oracles qui donnent la vérité absolue sur le monde, surtout en ce qui concerne les dettes souveraines. Elles accompagnent, avec délais, la convention boursière du moment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le cas de la zone euro, elles n'ont pas encore tenu compte de la panique financière. Elles ne sont pas les seules, du reste : la BCE semble ne rien avoir compris également. Et, personnellement, c'est de la BCE dont j'ai surtout peur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-6429925950180529538?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/6429925950180529538/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/12/troll-du-jour.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6429925950180529538'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6429925950180529538'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/12/troll-du-jour.html' title='Troll du jour'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-d7lriCNwtJw/TuEDORp0yHI/AAAAAAAAAXk/kZKZ09eHAkA/s72-c/Taux%2Bobligations%2Bpubliques%2Bet%2Brating%2Bde%2BS%2Bet%2BP.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-2762629797550390708</id><published>2011-09-01T22:51:00.003+02:00</published><updated>2011-09-02T19:27:51.054+02:00</updated><title type='text'>Exclusif : Frédéric Lefebvre est favorable aux 35 heures</title><content type='html'>La déclaration du Secrétaire d'Etat est passée complètement inaperçue : le sarkoziste canal historique a fait sienne la mesure politique que&amp;nbsp;honnit&amp;nbsp;pourtant son camp. Lefebvre a déclaré qu'il fallait revenir aux 35 heures pour faire baisser le chômage en France !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, pas vraiment, mais presque : il a plutôt &lt;a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/08/31/lien-entre-chomage-et-natalite-polemique-apres-les-propos-de-frederic-lefebvre_1565622_823448.html"&gt;affirmé&lt;/a&gt; que nous avions un taux de chômage élevé car &amp;nbsp;"&lt;i&gt;Il faut&amp;nbsp; dire la réalité : parce qu'on a un taux de natalité beaucoup plus important que beaucoup d'autres pays&lt;/i&gt;". J'aime beaucoup le "il faut dire la réalité" de notre Secrétaire d'Etat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l'aime d'autant plus que cela revient à faire des 35 heures une réalité tout aussi substantielle. En effet, l'affirmation du Secrétaire d'Etat se fonde sur la même "théorie" économique : celle qui voit le nombre d'emplois comme un gros gâteau dont la taille est intangible et qu'il est donc d'autant plus difficile -voire impossible- à partager qu'il y a de convives. Ce que nous dit le Secrétaire d'Etat est, en effet, que nous avons des chômeurs parce que le nombre de convives (d'actifs) augmente dans notre pays en raison des naissances nombreuses -alors qu'ailleurs, il stagne (un ailleurs qui se réduit à la seule Allemagne -décidément le seul point de comparaison dont disposent les hommes politiques de droite). Et comme le gâteau (le nombre d'emplois) reste le même, cela fait autant de chômeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est très exactement un raisonnement de ce type qui a justifié, du moins pour les plus économiquement naïfs des socialistes, l'adoption des 35 heures, à la fin des années 1990. Car, au moins, les socialistes avaient la vertu d'aller au bout de leur raisonnement : si le problème est que le gâteau (le nombre d'emplois) est fixe, et que le nombre de convives augmente, alors il n'y a qu'une seule solution : diminuer la taille de la part de gâteau de chacun (baisser le nombre d'heures travaillées) pour que tous puissent manger (qu'il n'y ait plus de chômeurs) &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/09/exclusif-frederic-lefebvre-est.html#1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au contraire, le gouvernement auquel appartient Frédéric Lefbvre a adopté tout une série de mesures qui, d'une part, augmentent le nombre de convives et qui, d'autre part, accroissent la part de gâteau de ceux qui ont la chance d'en avoir une. La réforme des retraites conduit, en effet, à ce que les plus de 60 ans ne partent pas à la retraite, augmentant d'autant le nombre d'actifs. Le maintien de la défiscalisation des heures supplémentaires (au delà des emplois bénéficiant de réduction de charges) conduit les actifs en emploi à travailler des heures qui auraient pu être effectuées par des chômeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ceci est d'autant plus cruel qu'en effet, le Secrétaire d'Etat a raison à court terme : lors d'une crise de demande massive, comme celle que traverse notre économie, le nombre d'emploi ressemble à un gros gâteau qui n'augmente pas -la demande étant insuffisante pour inciter les entreprises à accroître leur production, et à embaucher pour cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce raisonnement ne vaut que dans des circonstances exceptionnelles et à court terme. Sur le long terme, le nombre d'emplois s'ajustent globalement au nombre d'actifs. Il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement : tout actif est par définition capable de travailler et, pour autant que le marché assume sa fonction coordinatrice, il n'y a aucun raison qu'il ne puisse échanger sa production, ou ses capacités productives, avec d'autres acteurs. Plus le nombre d'actifs grandit, plus la production s'accroît : c'est pour cela que le taux de croissance potentielle d'une économie ne dépend que de deux choses : ses gains de productivité et la croissance de sa population active. Le gâteau ne possède pas une taille intangible : il grossit avec le nombre de convives -pour la simple raison que chaque convive en produit sa part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est bien ce qui s'est passé en France jusqu'à la crise de 1975. Le problème de la France est le fait que son économie n'a jamais été capable de récupérer, par la suite, durant les phases de croissance rapide, par des créations d'emplois plus importantes que celle de l'augmentation de la population active, les conséquences des périodes de croissance faible ou négative, qui&amp;nbsp;entraînent une croissance du nombre d'emplois plus faible que la population -voire même des destruction d'emplois. Les créations d'emploi soutenues&amp;nbsp;entre 1985-1990 et 1997-2001 n'ont pas compensé les périodes de destruction (1975 ; 1984-1985 ; 1991-1993) ou de faible croissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est cela qui caractérise en propre l'économie française (et, dans une moindre mesure, les économies européennes), notamment en comparaison avec les Etats-Unis, où ce phénomène ne s'est pas produit (l'économie américaine a même inséré des dizaines de millions de travailleurs immigrés sans difficulté).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-Kn-c_YS4KdI/Tl_pFpQcacI/AAAAAAAAAXY/p6Q_5HiJSXc/s1600/lien+emploi+population.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="245" src="http://1.bp.blogspot.com/-Kn-c_YS4KdI/Tl_pFpQcacI/AAAAAAAAAXY/p6Q_5HiJSXc/s320/lien+emploi+population.png" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;______________________________&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=5592341786315632122&amp;amp;postID=5908735386850967706" name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-size: 10px; font-style: italic;"&gt;Ce qui n'interdisait pas de soutenir les 35 heures pour d'autres raisons (ce qui était mon cas) -à commencer par le fait qu'il est tout aussi légitime d'utiliser les gains de productivité d'une économie pour travailler moins que pour accroître le pouvoir d'achat, le but ultime de l'économie n'étant pas de faire travailler les individus, mais d'accroître la satisfaction qu'ils tirent des biens et services produits -ce qui peut passer par plus de temps libre. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-2762629797550390708?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/2762629797550390708/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/09/exclusif-frederic-lefebvre-est.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2762629797550390708'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2762629797550390708'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/09/exclusif-frederic-lefebvre-est.html' title='Exclusif : Frédéric Lefebvre est favorable aux 35 heures'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-Kn-c_YS4KdI/Tl_pFpQcacI/AAAAAAAAAXY/p6Q_5HiJSXc/s72-c/lien+emploi+population.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-8254680115138684832</id><published>2011-05-28T18:46:00.000+02:00</published><updated>2011-05-28T18:46:36.613+02:00</updated><title type='text'>Un peu de lecture pour Claude Guéant</title><content type='html'>Un peu de lecture pour notre &lt;strike&gt;ministre de l'Education&lt;/strike&gt;, &lt;strike&gt;ministre de l'Intérieur&lt;/strike&gt;, ministre de l'Immigration, Claude Guéant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.ac-reims.fr/casnav/enfants_nouv_arrives/formation/parcours.pdf"&gt;http://www.ac-reims.fr/casnav/enfants_nouv_arrives/formation/parcours.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résumé des meilleurs moments :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"&lt;i&gt; L’analyse longitudinale des parcours des enfants d’immigrés ne conduit donc pas à conclure à leur échec&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;scolaire massif, mais elle souligne en premier lieu que les ressources socio-économiques et culturelles du&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;milieu familial forment les déterminants premiers de la réussite à l’école. [...]&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Que, dans les résultats français, la&amp;nbsp;supériorité des parcours des enfants d’immigrés se fasse jour quand est contrôlé non seulement la catégorie&amp;nbsp;sociale, mais aussi le niveau de diplôme des parents (cf. plus haut pour le baccalauréat) suggère aussi cette&amp;nbsp;conclusion : l’absence ou la faiblesse de la scolarisation parentale n’a pas les mêmes effets, sur la façon&amp;nbsp;d’envisager l’avenir des enfants, selon qu’elle est due à la déficience du système éducatif dans le pays d’origine&amp;nbsp;– cas fréquent des familles immigrées –, ou qu’elle traduit les difficultés scolaires rencontrées durant la&amp;nbsp;jeunesse – cas des parents de même niveau d’études ayant toujours vécu en France.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;D’un point de vue plus institutionnel, l’étude des parcours des enfants d’immigrés conduit à penser que le&amp;nbsp;fonctionnement de l’école française ne crée pas, pour ces élèves, un handicap spécifique, en plus de celui –&amp;nbsp;considérable – qu’ils doivent aux caractéristiques socio-économiques et culturelles de leur milieu familial.&lt;/i&gt; "&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;voir également :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1996_num_293_1_6053"&gt;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1996_num_293_1_6053&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-8254680115138684832?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/8254680115138684832/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/05/un-peu-de-lecture-pour-claude-gueant.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8254680115138684832'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8254680115138684832'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/05/un-peu-de-lecture-pour-claude-gueant.html' title='Un peu de lecture pour Claude Guéant'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7722988205371211377</id><published>2011-01-04T18:47:00.002+01:00</published><updated>2011-01-11T12:08:51.619+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='35 heures'/><title type='text'>Le zombie des 35 heures</title><content type='html'>Les 35 heures sont les zombies de la discussion économique en France : on ne peut rien contre elles. Tout discours économique rationnel qui s'efforce de préciser leurs effets sur la compétitivité prix des entreprises françaises est destiné à échouer lamentablement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussitôt tuées, elles ressurgissents, se levant d'entre les idées fausses et mortes, pour mieux rendre impossible tout analyse et conduire à des politiques aberrantes. Le zombie du moment se nomme &lt;a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/01/04/manuel-valls-poursuit-son-offensive-contre-les-35-heures_1460631_823448.html"&gt;Manuel Valls&lt;/a&gt;, suivant de &lt;a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/12/04/gerard-longuet-ou-on-sort-de-l-euro-ou-on-sort-des-35-heures_1448809_823448.html"&gt;près&lt;/a&gt; un zombie du camp opposé. Ne doutons pas que l'année 2012 verra une invasion massive de zombies dans la campagne politique présidentielle. Après tout, le zombie en chef de 2007 a gagné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;a href="http://www.20minutes.fr/article/646480/economie-les-35-heures-peu-peu-videes-substance-depuis-onze-ans"&gt;plupart&lt;/a&gt; des &lt;a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/03/les-35-heures-progressivement-videes-de-leur-substance-au-fil-des-ans_1460596_3224.html#ens_id=1402952"&gt;journaux&lt;/a&gt; ont rappelé que la loi telle qu'elle a été votée entre 1998 et 2000 a été privée de l'essentiel de sa substance. En particulier, la loi Bertrand de 2008 a supprimé toute contrainte légale véritable dans le nombre d'heures travaillées. Mais cela ne suffit pas, manifestement. Le zombie ne veut pas mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je doute que le zombie expire davantage si l'on examine les effets concrets sur le coût du travail des 35 heures, même si cela constitue le coeur de son argumentaire. Mais je vais quand même essayer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le zombie nous explique, en effet, que la France a perdu en compétitivité en raison des 35 heures : le salarié coûte trop cher, dans sa fainéantise légalisée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sauf qu'il n'en est rien. Le coût du travail a faiblement augmenté en France entre 2000 et 2008 (avant donc la mise en place de la loi TEPA). Il a moins augmenté que dans la moyenne des pays européen. Infiniment moins que dans les pays d'Europe centrale et orientale, en plein rattrapage. Moins que dans tous les pays européens qui sont confrontés à de graves problèmes de compétitivité en raison de l'explosion de leurs coûts (Espagne, Grèce). En fait, à part l'Italie, dont la productivité du travail a stagné durant la période, seules l'Allemagne et l'Autriche ont vu leur coût du travail augmenter moins qu'en France (conduisant à ce que la moyenne de la zone euro soit faible). Et cela parce que ces deux pays ont choisi une politique de déflation salariale. Politique suicidaire, qui déstabilise la zone euro en produisant des déséquilibres commerciaux massifs, et qui, en outre, a été inefficace, puisque l'Allemagne a eu le 3e taux de croissance le plus faible des pays développés durant la période.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TSNIDiS2prI/AAAAAAAAAWs/DdL13KRsw4M/s1600/Evolution%2Bcout%2Bdu%2Btravail%2Beurope.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="309" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TSNIDiS2prI/AAAAAAAAAWs/DdL13KRsw4M/s400/Evolution%2Bcout%2Bdu%2Btravail%2Beurope.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Si l'on élargit, en s'intéressant à l'ensemble des pays développés, en prenant cette fois-ci en compte l'évolution de la productivité du travail, on voit, encore, que l'évolution du &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Co%C3%BBt_salarial_unitaire"&gt;coût unitaire du travail &lt;/a&gt;en France n'a rien d'exceptionnelle. Elle est plus faible que celle de la moyenne des pays de l'OCDE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là encore, c'est l'Allemagne (et le Japon) qui font vraiment exception, en connaissant une baisse de leur coût unitaire du travail : la hausse des salaires y a été plus faible que la hausse de la productivité des travailleurs. Et le moins que l'on puisse dire est que cette déflation salariale n'a pas eu les effets attendus : après l'Italie et le Portugal, le Japon et l'Allemagne sont les pays développés qui ont eu le taux de croissance le plus faible entre 2000 et 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TSNIDm0GmoI/AAAAAAAAAW0/G2vhF3PpvNQ/s1600/Evolution%2Bcout%2Bunitaire%2BOCDE.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="309" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TSNIDm0GmoI/AAAAAAAAAW0/G2vhF3PpvNQ/s400/Evolution%2Bcout%2Bunitaire%2BOCDE.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est pas en diminuant les salaires que l'on restera compétitif par rapport aux pays asiatiques : l'Allemagne s'y efforce, en pure perte. L'évolution du cours de l'euro a plus qu'annulé la baisse du coût unitaire du travail en Allemagne vis-à-vis des pays hors zone euro. Sa politique de déflation n'a donc constitué qu'une politique non coopérative, qui a généré des excédents commerciaux pour l'essentiel vis-à-vis des seuls pays qui partagent la même monnaie que l'Allemagne, et qui ne peuvent dévaluer. Sans même permettre à l'Allemagne de connaître une croissance économique soutenue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème n'est pas donc pas l'évolution du coût du travail en France, qui est tout à fait moyenne. C'est l'évolution en Allemagne. Car on ne peut pas généraliser la politique allemande : elle&amp;nbsp;ne peut fonctionner -pour autant qu'elle fonctionne- que si les autres pays européens ne la mènent pas. Si tous la mènent, elle aboutit à une déflation généralisée de l'économie européenne, faute de demande globale. Le choix n'est donc pas entre les 35 heures et sortir de la zone euro. Mais entre la politique allemande de déflation et la mort de la zone euro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le dire différemment, il est temps de parler sérieusement, en adulte responsable, à l'Allemagne, car il en va de l'avenir de la zone euro. Et ce n'est pas en infantilisant le débat économique français, en faisant resurgir encore et encore le zombie des 35 heures que l'on y parviendra.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7722988205371211377?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7722988205371211377/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/01/le-zombie-des-35-heures.html#comment-form' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7722988205371211377'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7722988205371211377'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2011/01/le-zombie-des-35-heures.html' title='Le zombie des 35 heures'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TSNIDiS2prI/AAAAAAAAAWs/DdL13KRsw4M/s72-c/Evolution%2Bcout%2Bdu%2Btravail%2Beurope.png' height='72' width='72'/><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-8452109457151349058</id><published>2010-11-06T18:57:00.002+01:00</published><updated>2010-11-06T19:03:16.596+01:00</updated><title type='text'>Auto-promotion</title><content type='html'>Que &lt;a href="http://eco.rue89.com/2010/11/05/les-nomines-pour-le-meilleur-post-de-blog-economique-sont-174436"&gt;le meilleur&lt;/a&gt; gagne ! (Je ne sais qui en est à l'origine, mais bravo pour cette initiative et pour avoir réuni un si beau jury).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-8452109457151349058?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/8452109457151349058/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/11/auto-promotion.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8452109457151349058'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8452109457151349058'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/11/auto-promotion.html' title='Auto-promotion'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4776543909618050428</id><published>2010-10-30T02:13:00.003+02:00</published><updated>2010-10-30T02:21:44.493+02:00</updated><title type='text'>De retour des abysses ?</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TMtjboWFeUI/AAAAAAAAAWE/N1Tywup1GKM/s1600/PIB+trimestriel.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 307px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TMtjboWFeUI/AAAAAAAAAWE/N1Tywup1GKM/s400/PIB+trimestriel.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5533625893492455746" /&gt;&lt;/a&gt;Commentaires libres...&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;_____________________________________________&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;Données du graphique  disponibles &lt;a href="http://dl.dropbox.com/u/9179405/documents%20blog/PIB%20crise%20public.ods"&gt;ici&lt;/a&gt; au format Calc d'Open Office.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4776543909618050428?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4776543909618050428/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/de-retour-des-abysses.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4776543909618050428'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4776543909618050428'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/de-retour-des-abysses.html' title='De retour des abysses ?'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TMtjboWFeUI/AAAAAAAAAWE/N1Tywup1GKM/s72-c/PIB+trimestriel.png' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-741527632758307839</id><published>2010-10-19T22:47:00.015+02:00</published><updated>2010-10-25T20:50:30.425+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='travail'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>Beveridge, maintenant ?</title><content type='html'>Les travaux de Peter Diamond, Dale T. Mortensen et Chris Pissarides, primés cette année par la Banque Centrale de Suède dans son prix en mémoire d'Alfred Nobel, peuvent être conçus comme un approfondissement de la fameuse "courbe de Beveridge", du nom du célèbre lord, inspirateur du Welfare State britannique.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TLO-YoCDGlI/AAAAAAAAAV0/cW2WSrk2_8Q/s1600/beveridge.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 399px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TLO-YoCDGlI/AAAAAAAAAV0/cW2WSrk2_8Q/s400/beveridge.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5526970497985878610" /&gt;&lt;/a&gt;Beveridge met en rapport, dans une courbe, le taux de chômage et le taux d'emplois vacants. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Comme on le voit sur la courbe 1, il présume, assez logiquement, que plus le nombre d'emplois vacants sera important, plus le taux de chômage sera faible. Plus les employeurs ont besoin d'employés, plus ils sont prêts à en embaucher, même si ils ne les satisfont pas pleinement, ce qui a pour effet de faire baisser le chômage. Ainsi, au cours du cycle économique, le taux de chômage fluctue le long de la courbe 1. Plus la conjoncture est favorable, plus le nombre d'emplois vacants s'accroît, et plus le chômage baisse.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Beveridge qualifie de "plein emploi" la situation où nombre de chômeurs est égal au nombre d'emplois vacants, même si le taux de chômage est élevé (point qui correspond à l'intersection de la courbe et de la droite de pente 45°). En effet, si, dans cette situation, il y a des chômeurs cela ne résulte pas d'une situation d'"équilibre de sous emploi", au sens de son contemporain Keynes. Ce n'est pas parce que la demande globale fait défaut qu'il y a du chômage, mais parce que les employeurs ne trouvent pas d'employés qui les satisfassent (et réciproquement). Il s'agit donc d'un problème microéconomique lié au marché du travail. En particulier, cette situation peut résulter du fait que les employeurs peuvent avoir du mal à trouver les employés qu'ils cherchent ou que, réciproquement, les chômeurs peuvent avoir du mal à trouver les emplois qu'ils souhaitent occuper.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Si ces difficultés s'accroissent, on ne fluctue plus alors sur la courbe 1. Au contraire, de la courbe 1, on passe à la courbe 2. Il faut maintenant un nombre d'emplois vacants plus élevé qu'auparavant pour atteindre un même taux de chômage. Le marché du travail fonctionne donc moins bien.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les travaux de Peter Diamond, Dale T. Mortensen et Chris Pissarides ont consisté, comme beaucoup de travaux en économie "mainstream" depuis les années 1970, à trouver des fondements microéconomiques capables d'expliquer que le marché du travail "fonctionne" plus ou moins bien. Pour ce faire, ils ont fabriqué des modèles où des acteurs rationnels s'efforcent de maximiser leur utilité, en fonction du contexte (et notamment de la présence d'indemnités chômage), dans la découverte d'emplois (pour les chômeurs) ou de travailleurs potentiels (pour les entreprises). On trouve un&lt;a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2010/10/11/1742-diamond-mortensen-et-pissarides-nobel-d-economie-2010"&gt; excellent résumé&lt;/a&gt; de ces analyses par Alexandre Delaigue sur le blog d'éconoclaste.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les principaux fondements de ces analyses sont posés par une série d'articles qui vont, grosso modo, de 1981 à 1993. La date de ces publications n'est pas un hasard. Elles témoignent de l'actualité à l'époque de la courbe de Beveridge. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Avec la récession de la fin des années 1970, le taux de chômage ne fait pas qu'augmenter : la courbe de Beveridge se déplace. Une des raisons de ce déplacement est ce que Blanchard, qui est le coauteur d'un certain nombre des articles de Diamond, appelle l'effet d'hystérèse du chômage. Au fur et à mesure que le chômage augmente et que sa durée s'accroît, les chômeurs se déqualifient, faute d'expérience professionnelle. Ils sont donc moins employables : le taux de chômage ne peut donc plus retrouver son niveau antérieur à la crise. La courbe de Beveridge se déplace ainsi vers la droite du graphique. Il est donc, à l'époque, essentiel de comprendre comment améliorer l'efficacité du marché de l'emploi pour diminuer ce type d'effets. Et c'est ce que proposent les travaux primés par la Banque de Suède cette année.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On ne dispose pas en France de séries statistiques sur le nombre d'emplois vacants. La seule information, bien moins fiable, qui s'en approche est le nombre d'entreprises industrielles qui déclarent des difficultés dans leurs recrutements. On construit donc, à partir de cette variable, des "quasi courbes de Beveridge".&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Si l'on croise cette variable et le taux de chômage pour les hommes (principaux concernés par les emplois industriels), voici ce que l'on trouve : &lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TL4FGkHDD2I/AAAAAAAAAV8/mWxU1YC16Ok/s1600/beveridge+france.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TL4FGkHDD2I/AAAAAAAAAV8/mWxU1YC16Ok/s400/beveridge+france.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5529863002788138850" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div&gt;Comme on peut le voir, à la faveur de la récession de 1993, la quasi courbe de Beveridge se déplace vers la droite. On passe de la courbe en bleu à celle en rouge. Entre le début et la fin des années 1990, il y a deux points de taux de chômage en plus pour un nombre équivalent d'entreprises qui déclarent avoir des difficultés de recrutement. Les raisons de ce déplacement sont multiples, mais il me semble que l'effet d'hystérèse joue un rôle essentiel. Les chômeurs se sont déqualifiés au fur et à mesure que la crise dure.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Avec les années 2000, notamment grâce à une modeste "activation" des politiques de l'emploi, la courbe de Beveridge s'est de nouveau déplacé vers la gauche, sans jamais rejoindre toutefois sa position antérieure : la courbe jaune se décale erratiquement et lentement vers la gauche. (Chez les femmes, le déplacement est beaucoup plus marqué, signe de l'amélioration de leur insertion dans le marché du travail : leur quasi courbe est aujourd'hui nettement plus à gauche qu'en 1990).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On voit que la récession qui débute en 2008 a conduit à un déplacement le long de cette nouvelle courbe de Beveridge (la courbe s'arrête au second trimestre 2010 inclus). &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Nous n'avons, en effet, pas changé de courbe de Beveridge, avec l'augmentation du taux de chômage : nous n'avons fait que nous déplacer, exceptionnellement rapidement, sur la courbe qui préexistait à la crise. Cette augmentation est le produit d'une économie marquée par une demande insuffisante, et non d'un accroissement du chômage structurel. C'est ce que ne cesse de marteler, pour le cas des Etats-Unis, Paul Krugman sur son blog (voir notamment &lt;a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/2010/10/11/what-we-learn-from-search-models/"&gt;ce billet&lt;/a&gt;).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'un des enjeux essentiels des politiques économiques dans les prochaines années est en effet clair : il est absolument nécessaire que la courbe ne se déplace plus vers la droite, comme elle l'a fait durant les années 1990. Cela nous condamnerait à revivre le gâchis humain et économique des années 1980 et 1990.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est en particulier à cette aune qu'il faut apprécier le potentiel de nuisance des politiques de rigueur dont s'enorgueillissent les hommes politiques européens : en &lt;a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/10/18/la-zone-euro-est-menacee-d-un-retour-de-la-recession-en-2011_1427965_3234.html"&gt;stoppant&lt;/a&gt; la reprise, elles menacent de transformer un chômage "keynésien" en un chômage structurel. Et de mettre à bas les minces progrès obtenus dans le fonctionnement du marché du travail en France depuis 15 ans.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;___________________________________________&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;Dans le cadre de l’amélioration du service fourni aux lecteurs de mon blog, je me propose de rendre accessibles les données dont son tirés les graphiques des billets. Pour ce billet, elles sont disponibles &lt;a href="http://dl.dropbox.com/u/9179405/documents%20blog/Beveridge%20France%20public.ods"&gt;ici&lt;/a&gt;. Elles sont fournies dans un fichier au format Calc du logiciel libre Open Office, librement téléchargeable &lt;a href="http://fr.openoffice.org/"&gt;ici&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-741527632758307839?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/741527632758307839/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/beveridge-maintenant.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/741527632758307839'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/741527632758307839'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/beveridge-maintenant.html' title='Beveridge, maintenant ?'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TLO-YoCDGlI/AAAAAAAAAV0/cW2WSrk2_8Q/s72-c/beveridge.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7258175589671591912</id><published>2010-10-12T19:52:00.020+02:00</published><updated>2010-10-25T20:49:13.993+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='retraites'/><title type='text'>Deux enjeux de la réforme des retraites</title><content type='html'>Au delà des aspects les plus techniques, largement traités ailleurs, ou &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/les-retraites-dun-deficit-lautre.html"&gt;même ici&lt;/a&gt;, j'aimerai revenir sur deux enjeux sous-jacents de la réforme des retraites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette réforme est un échec parce qu'elle n'a pas su prendre en compte la transformation du rapport individuel à la retraite. La retraite a profondément changé de signification : de pension que l'on accorde à celui qui ne peut plus (physiquement) travailler pour lui permettre de ne pas tomber dans l'indigence, elle est devenue un troisième moment dans la vie, vécu comme une libération. Un nombre croissant d'individus aspirent à vivre, encore jeunes et libérés des contraintes du monde professionnel, un moment d'épanouissement. Cette aspiration est forte en France, parce que le monde du travail y est particulièrement difficile à vivre pour les salariés, pour un ensemble de raisons, comme l'ont montré de nombreux travaux, par exemple &lt;a href="http://pages.stern.nyu.edu/~tphilipp/france/travail.pdf"&gt;ceux &lt;/a&gt;de Philippon. La volonté de profiter de la vie est ainsi renforcée par le désir de quitter un monde vécu comme oppressant. C'est cela qui rend l'attachement à la retraite à 60 ans si fort.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Face à cela, il y a deux attitudes possibles. Soit l'on considère, à partir d'un a priori normatif implicite, que cette aspiration est illégitime, parce que le travail, ou le PIB/hab dans les comparaisons internationales, sont des vertus en eux-mêmes ; soit l'on pense que les individus doivent être libres de faire ce qu'ils entendent, pour autant qu'ils en assument le coût.&lt;br /&gt;Pour le dire en jargon, qu'on doit laisser les individus libres d'optimiser leur utilité de manière intertemporelle. Si un nombre important d'individus souhaitent partir à 60 ans, que cela leur soit possible : soit en diminuant proportionnellement leur pension, soit en accroissant leurs cotisations.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est cette possibilité qu'affecte en particulier le report de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. En accroissant l'importance du mécanisme non proportionnel de la décote, elle rend plus impossible encore ce type d'optimisation sous contrainte &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/deux-enjeux-de-la-reforme-des-retraites.html#1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Autrement dit, cette réforme amplifie l'inadaptation du système à notre société contemporaine : elle ne tient pas compte de cette aspiration à l'individualisation des retraites. C'est cela qui rend un système à point, inspiré du modèle système suédois, si attractif : il laisse, en effet, libre les individus de réaliser, comme ils l'entendent, le type de parcours de vie qu'ils souhaitent, tout en maintenant équilibrés les comptes des caisses de retraite. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Parallèlement à cet enjeu de l'individualisation, se pose, à l'autre extrême du social, un enjeu collectif, qui renvoie à la lutte entre les différents groupes sociaux sur la richesse produite. Le système actuel est, dans son principe, fondé sur une pure répartition horizontale : des actifs payent des cotisations à des anciens actifs, qui reçoivent une pension en fonction de leurs cotisations passées. C'est donc un système corporatif, ne concernant que le monde professionnel, qui ne vise pas à agir sur la répartition "verticale" de la richesse entre les groupes sociaux hiérarchisés de notre société. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'extrême opacité du système rend difficile une évaluation précise, mais il n'en est, en fait, pas ainsi. Notamment, parce que ce système ne tient pas compte de l’espérance de vie différentielle entre les groupes sociaux. &lt;a href="http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/28982/telechargement_fichier_fr_publi_pdf1_441.pdf"&gt;En 2002&lt;/a&gt;, à 35 ans, les cadres hommes avaient 47 ans d'espérance de vie, soit 6 ans en plus que les ouvriers ; et 34 ans sans incapacité, soit 10 ans de plus que les ouvriers. Dans la mesure où, qui plus est, les ouvriers sont deux fois plus nombreux que les cadres, cela signifie qu'une partie de la retraite des cadres est financée par les ouvriers. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La réforme actuelle&lt;a href="http://www.inegalites.fr/spip.php?article1238"&gt; amplifie&lt;/a&gt; ce mécanisme. En effet, en relevant l'âge légal de départ à la retraite, elle impose à tous ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans et demi de cotiser plus longtemps que les 41.5 annuités imposées à tous. Une personne qui a commencé à travailler à 14 ans devra ainsi avoir 2 annuités en plus que le minimum requis pour le taux plein : pendant deux ans, il travaillera "pour rien", du moins pas pour lui. Et ces individus sont presque tous des ouvriers, qui ont été apprentis, et qui mourront pourtant 6 ans plus tôt que les cadres. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ces injustices ont largement été relevées. Elles forment le coeur de la revendication des syndicats. Mais, on a manqué d'en voir le sens profond. Elle signifie que la réforme assure, pour partie, la pérennité du système actuel par une répartition verticale à l'envers, des ouvriers vers les cadres.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les propositions de réformes de la gauche vont dans l'autre sens. Elles suggèrent toutes, à des degrés divers, d'utiliser de nouveaux prélèvements, qui ne relèvent plus de la logique "corporative" des cotisations. En particulier de taxer les revenus financiers. Ces propositions surestiment l'ampleur des recettes que rendent possibles ces taxes par rapport aux besoins de financement. Toutefois, leur signification est évidente : il s'agit de financer le maintien de l'âge de départ actuel par une redistribution verticale des richesses. C'est-à-dire de changer le principe même du système.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'enjeu sous-jacent est clair : à mesure que les ressources s'amenuisent au regard des besoins à financer, apparaît des tensions entre les différents groupes sociaux, qui entendent financer la pérennité de leur mode de vie grâce à la richesse produite par les autres.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est toute la limite des propositions de la gauche. Pour que le système français soit pérenne, il faut qu'il obtienne l'acceptation de toute la population, en particulier des classes supérieures. Ces classes ont mené, avec succès, dans les pays anglo-saxon des révoltes fiscales face aux prélèvement d'un Etat-providence dont elles jugeaient qu'il ne leur profitait pas. Comme le &lt;a href="http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf-articles/2010/monde18-05-10.pdf"&gt;note&lt;/a&gt; Sterdyniak : "Un système financé par les riches qui ne bénéficie qu'aux pauvres est socialement fragile : les classes moyennes, nombreuses, y sont indifférentes et les riches, influents, hostiles. " &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;En transformant le principe du système, c'est donc le pacte social implicite sur lequel il est assis que menace de briser la gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;_____________________________________________&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:10px;"&gt; Le système de décote est particulièrement mal compris. Il fonctionne, comme le &lt;a href="http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/BozioPiketty2008.pdf"&gt;note&lt;/a&gt; (p.25) Thomas Piketty, à la façon d'une double peine. On calcule, en effet, premièrement un taux de reversion, qui est proportionnel au nombre d’annuités cotisées. Puis, s'il manque des annuités, en plus de la baisse proportionnelle du taux que cela implique, on ajoute une décote de -1.25 points de % au taux de reversion par trimestre manquant, soit 5 points par année. Atteindre 65 ans permet uniquement de supprimer le mécanisme de la décote, pas celui de la proportionnalité dans la reversion.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7258175589671591912?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7258175589671591912/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/deux-enjeux-de-la-reforme-des-retraites.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7258175589671591912'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7258175589671591912'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/deux-enjeux-de-la-reforme-des-retraites.html' title='Deux enjeux de la réforme des retraites'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4423706968160808261</id><published>2010-10-05T17:30:00.007+02:00</published><updated>2010-10-25T20:49:03.732+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='retraites'/><title type='text'>Les retraites : d'un déficit à l'autre</title><content type='html'>La réforme des retraites a, sans doute, deux finalités politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prouver à son électorat que Nicolas Sarkozy est capable de prendre les "douloureuses" mesures qui s'imposent pour relever la France de son lent déclin ; envoyer un message aux marchés financiers, dont on suppose qu'ils menacent tout pays négligeant de réduire son déficit budgétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux raisons en font une mesure de circonstance, adoptée dans l'urgence, sans concertation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un petit compte d'apothicaire suffit à comprendre que, pour cette raison, cette réforme risque de déplacer les problèmes, et donc de faire vivre encore le cycle sans fin de la réformes des retraites (on en est à la 5e depuis 15 ans, si mon décompte est correct).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que cette réforme fonctionne, il faut que la pyramide des âges des taux d'emploi se décale de deux ans. Autrement dit, qu'il y ait, en 2018, autant de personnes de 62 ans qui travaillent par rapport aux personnes de 60 ans aujourd'hui, autant de personnes de 63 ans que les 61 ans d'aujourd'hui, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ce n'est pas le cas, cette réforme est au choix une manœuvre cynique, ou un échec.&lt;span class="fullpost"&gt; En effet, cela reviendrait à réduire le déficit des caisses de retraites en diminuant les pensions : les travailleurs qui auraient pu prendre leur retraite à taux plein aujourd'hui, et qui ne le peuvent plus avec la réforme, verraient leur pension diminuer puisqu'ils seraient au chômage ou en inactivité forcée avant l'âge légal de départ à la retraite (d'où une décote). Il y aurait certes moins de pensions à verser, et donc moins de déficit, mais au prix d'une combinaison variable de : 1) une dégradation du sort des retraités 2) un report du problème du déficit des caisses de retraites à celui de l'UNEDIC, qui &lt;a href="http://www.liberation.fr/depeches/01012292950-retraites-lourd-impact-sur-les-comptes-de-l-unedic-les-syndicats-inquiets"&gt;s'en inquiète &lt;/a&gt;d'ailleurs. Ce qui ne plairait guère aux marchés financiers, qui se moquent de savoir qui génèrent les déficits publics.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Examinons donc ce que cela signifie. Si l'on suit les&lt;a href="http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&amp;amp;ref_id=NATTEF02164"&gt; prédictions&lt;/a&gt; de l'INSEE, il y aura approximativement 1,914 millions de personnes âgées de 60 à 62 ans en 2018 (je prend la donnée de 2020).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le taux d'emploi des 55-59 ans est actuellement de 63%. Appliquons le à nos 60-62 ans de 2018, puisque telle est la condition du succès de la réforme : que la pyramide des taux d'emploi se décale de deux ans. Cela nous fait 1,23 millions d'actifs supplémentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut donc créer 1,23 millions d'emploi en plus d'ici 2018. Il y a actuellement 2, 615 millions de chômeurs en France. Si l'on ne parvient pas à créer ces emplois, cela signifie que le nombre de chômeur augmenterait de près de 50% (sans doute moins, bien sûr, un certain nombre d'entre eux se décourageant et ne s'inscrivant plus au Pôle Emploi).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce premier calcul d'apothicaire nous donne une mesure du défi, et permet d'expliquer les craintes de l'UNEDIC.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut préciser ce défi. Il y a 1, 23 millions d'emplois à créer environ, auxquels on peut ajouter approximativement 400 000 emplois pour retrouver un taux de chômage de 8% et stabiliser plus ou moins les caisses de l'UNEDIC. Cela fait 1,6 millions d'emplois, soit environ 6 % de plus qu'actuellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on prend le&lt;a href="http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-1327.pdf"&gt; scénario&lt;/a&gt; le plus pessimiste du COR sur l'évolution de la productivité par tête du travail (+ 1,5 % par an), cela signifie qu'il faut que l'économie française ait un taux de croissance de 2,1 % chaque année en moyenne dans les 7 années qui nous séparent de début 2018. Si le scénario le plus optimiste du COR se confirme (+1,8% de hausse de la productivité du travail), il faudra 2,6% de croissance.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Or, la crise, qui a poussé à agir dans l'urgence, rend ce type de croissance totalement illusoire : à la crise va succéder probablement des années de croissance faible. En janvier 2010, l'OFCE &lt;a href="http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue-textes/112/1-112.pdf"&gt;établissait&lt;/a&gt; trois scénarios de croissance entre 2011 et 2018. Le noir anticipe 1,3% de croissance annuelle. Le rose, 2,1%.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Tout ceci est totalement approximatif, bien sûr. Mais cela donne une idée des ordres de grandeur auxquels nous allons faire face.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Une chose apparaît alors clairement : Nicolas Sarkozy va devoir vraiment aller chercher la croissance &lt;a href="http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/02/sarkozy-prend-l.html"&gt;avec ses dents&lt;/a&gt;, très longues, il est vrai. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;A défaut, bien sûr, d'avoir négocié une réforme avec le MEDEF pour imposer que les entreprises changent leurs stratégies d'embauche des plus âgés, qui rendent, actuellement, encore plus illusoires ces créations d'emplois de seniors. Et un étalement de la mise en oeuvre de la réforme réaliste, étant donné la capacité actuelle de l'économie à créer des emplois. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait tous les pays ayant adopté des réformes de ce type, et cela avant même la crise, comme le &lt;a href="http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-1322.pdf"&gt;rappelle&lt;/a&gt; le COR (p.5).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a le courage politique que l'on peut, il est vrai.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4423706968160808261?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4423706968160808261/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/les-retraites-dun-deficit-lautre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4423706968160808261'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4423706968160808261'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/10/les-retraites-dun-deficit-lautre.html' title='Les retraites : d&apos;un déficit à l&apos;autre'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-5908735386850967706</id><published>2010-05-02T02:30:00.014+02:00</published><updated>2010-11-06T18:49:18.717+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='histoire économique'/><title type='text'>Deux millénaires de croissance mondiale : pour saluer Angus Maddison</title><content type='html'>Lundi dernier, &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Angus_Maddison"&gt;Angus Maddison&lt;/a&gt; est mort à Neuilly à 83 ans. On pourra lire &lt;a href="http://www.ggdc.net/maddison/Personal/In%20Memoriam.pdf"&gt;ici&lt;/a&gt; un beau portrait de son parcours.&lt;br /&gt;Maddison est avant tout l'auteur d'une incroyable base statistique, indispensable à la compréhension du monde moderne. Un &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/les-causes-economiques-de-la-defaite.html"&gt;certain&lt;/a&gt; &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-crise-et-apres.html"&gt;nombre&lt;/a&gt; des &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/11/la-chute-du-mur-de-berlin-en-un.html"&gt;notes&lt;/a&gt; de ce blog se sont appuyées sur cette base statistique, qui ne cesse pas de m'inspirer. Il m'a donc semblé indispensable de lui rendre hommage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa réflexion proprement théorique n'a pas été négligeable, notamment parce qu'il a été l'un des premiers à souligner la nécessité de tenir compte, à côté des facteurs immédiats de la croissance, de facteurs plus profonds, en particulier les institutions -ce qui est aujourd'hui devenu une &lt;a href="http://www.countrycompass.com/_docs/library/Institutions,%20Integration%20and%20Geography:%20In%20Search%20of%20the%20Deep%20Determinants%20of%20Economic%20Growth.pdf"&gt;évidence&lt;/a&gt; pour la plupart des économistes.&lt;br /&gt;Mais c'est sa passion pour la quantification, sa "chiffrophilie", pour user de son expression, qui a fait de lui un des économistes ayant le plus influencé la réflexion sur la croissance économique. Cette passion quantitative l'a, en effet, conduit à créer, à partir de la fin des années 1970, des estimations quantitatives de la production économique de plus en plus étendues temporellement et géographiquement, jusqu'à couvrir le monde entier depuis l'an 1 !&lt;br /&gt;L'essentiel de ces travaux se retrouve dans sa publication de 2004, &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_World_Economy:_Historical_Statistics"&gt;The World Economy: Historical Statistics&lt;/a&gt;. (Une partie de la base de donnée sur lequel se fonde cette publication, ainsi qu'une liste de ses publications les plus significatives sont disponibles sur sa &lt;a href="http://www.ggdc.net/maddison/"&gt;page&lt;/a&gt; à l'Université de Groningen, où il a été longtemps professeur.)&lt;br /&gt;Par la seule force de leur évidence factuelle, un certain nombre des données de Maddison ont transformé le regard que l'on portait sur la révolution industrielle et sur la place respective de l'Occident et de l'Asie (notamment de la Chine) dans la production économique mondiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais, à titre d'hommage, en mettre en valeur quelques unes, parmi les plus remarquables.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Premièrement, les données de Maddison ont mise en évidence l'incroyable stabilité de la richesse par habitant, avant la révolution industrielle. L'agitation de l'histoire politique semble, de ce point de vue, comme une écume, flottant au-dessus d'une structure économique immuable. Dans le monde d'avant la révolution industrielle, le fils vit comme le père, c'est-à-dire aussi pauvrement, de générations en générations. C'est le monde malthusien dont G. Clark a depuis étudié les mécanismes dans un &lt;a href="http://www.amazon.com/Farewell-Alms-Economic-History-Princeton/dp/0691121354"&gt;livre remarqué&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yGrVS61aI/AAAAAAAAAUc/MicnbBpj_ik/s1600/pib+par+habitant+monde+0-2008.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 307px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yGrVS61aI/AAAAAAAAAUc/MicnbBpj_ik/s400/pib+par+habitant+monde+0-2008.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5466392126729934242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La révolution industrielle est donc bien une des ruptures les plus fondamentales dans l'histoire humaine. Elle nous a transporté dans un monde de la croissance permanente, où le fils est toujours plus riche que le père, au fil d'une accélération vertigineuse à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La croissance économique est donc un phénomène fondamentalement récent à l'échelle de l'histoire humaine. Mais c'est également un phénomène qui a bouleversé l'équilibre des forces entre les continents, les pays, et les aires culturelles. C'est le second phénomène particulièrement remarquable qu'a fait apparaître le travail de Maddison.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La révolution industrielle est, en effet, fille de l'Europe, et elle a tardé à se diffuser ailleurs dans le monde, transformant ainsi les équilibres millénaires. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yGrv6DlkI/AAAAAAAAAUk/26-jIRvjmFk/s1600/part+production+zones+1000-2008.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 307px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yGrv6DlkI/AAAAAAAAAUk/26-jIRvjmFk/s400/part+production+zones+1000-2008.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5466392133873407554" /&gt;&lt;/a&gt;L'Asie (qui comprend ici le Moyen Orient) a, jusqu'à la révolution industrielle, très largement dominé la production économique mondiale. Elle en représentait en l'an 1000 près de 70% (60% sans le Moyen Orient). En 1950, elle en constitue moins de 20% !&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il en est ainsi parce que la croissance a d'abord été un phénomène occidental, que les autres parties du monde n'ont imité qu'avec retard, et avec un succès longtemps moins grand. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La révolution industrielle a donc amené avec elle une transformation radicale de l'équilibre entre les continents : elle a fait du monde un monde occidental, alors que l'humanité avait été jusque là largement dominée par l'Asie. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yGxZMH0TI/AAAAAAAAAVE/sFvzksK8rak/s1600/part+production+monde+occidental.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 307px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yGxZMH0TI/AAAAAAAAAVE/sFvzksK8rak/s400/part+production+monde+occidental.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5466392230854381874" /&gt;&lt;/a&gt;Ce renversement du monde est particulièrement perceptible si l'on rassemble toutes les composantes du monde occidental. De marginal en l'an 1000 (14%), il représente au sortir de la seconde guerre mondiale 70% de la production économique mondiale. Le monde est alors occidental. Depuis a débuté un déclin relatif de l'Occident. Il est antérieur pour l'Europe qui représente en 1900 la moitié de la production mondiale, mais dont la position relative diminue ensuite, en raison de la montée en puissance des Etats-Unis &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/05/deux-millenaires-de-croissance-hommage.html#1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le constat du caractère marginal de l'Occident jusqu'à très tard dans l'histoire humaine, et de l'importance de l'Asie, a participé au renouveau de l'historiographie de la Révolution industrielle : il a poussé à critiquer toutes les analyses qui s'efforcent de trouver des causes profondes, enracinées dans le coeur même de sa civilisation, au succès de l'Occident &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/05/deux-millenaires-de-croissance-hommage.html#2"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Aussi difficile que cela soit à accepter pour notre ethnocentrisme spontané, la civilisation occidentale a longtemps été seconde dans l'histoire du monde économique, sans caractère spécial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cela conduit à un troisième enseignement que Maddison tire de ses données. La phase de l'histoire économique qui débute vers 1500 est, contrairement à ce que l'on pense spontanément en Occident, une parenthèse dans l'histoire du monde. Les équilibres qu'elle a produits ne peuvent être que transitoires : l'Asie, et particulièrement la Chine, est amenée à retrouver la place qui a été historiquement la sienne. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La formidable croissance actuelle de la Chine et de l'Inde ne devrait donc pas nous surprendre : elle ne représente que le retour des équilibres millénaires entre les populations humaines. Et elle est encore loin d'être achevée. Le recul de la Chine et de l'Inde sur la scène mondial était seul étonnant. Le monde n'aura été que temporairement, et exceptionnellement, occidental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yd8dkQPII/AAAAAAAAAVM/sk2CNLWMFsc/s1600/part+production+chine+inde.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 307px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yd8dkQPII/AAAAAAAAAVM/sk2CNLWMFsc/s400/part+production+chine+inde.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5466417709775338626" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;En effet, alors qu'elles restent dominantes aussi tard que le début du XIXe siècle (ce qu'avait déjà montré les travaux pionniers de Paul Bairoch), la Chine et l'Inde s'effondrent à partir de cette date. De plus de la moitié de la production mondiale en 1800, elles n'en représentent plus, en 1900, qu'approximativement 5%. Il faut attendre les années 1970 pour que le rattrapage de leur position historique intervienne.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le rattrapage est particulièrement rapide pour la Chine. Pourtant, malgré l'inquiétude que suscite sa puissance retrouvée, elle n'a aujourd'hui recouvré que la moitié de sa position relative passée. Pour Maddison, ce n'est qu'aux environs de 2030 que ce rééquilibrage s'achèvera tout à fait. C'est dire l'ampleur de la transformation des équilibres de puissance qui sont encore devant nous.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;La force du rattrapage de la Chine se comprend mieux, en effet, au regard de  l'extraordinaire recul qui a longtemps été le sien, et que Maddison a quantifié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9zG4GNUDcI/AAAAAAAAAVU/gpYwphddkKA/s1600/pib+habitant+chine+1500-2008.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 307px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9zG4GNUDcI/AAAAAAAAAVU/gpYwphddkKA/s400/pib+habitant+chine+1500-2008.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5466462714762366402" /&gt;&lt;/a&gt;En 1900, la Chine a pratiquement disparu de la scène mondiale : elle compte pour moins de 1% de la production mondiale, après en avoir représenté près du tiers. En 1950, elle possède le triste privilège d'être le seul pays au monde où, un siècle après la Révolution industrielle, le revenu par habitant est inférieur à son niveau de 1500. Ce n'est que depuis la mort de Mao que la Chine est rentrée dans le monde de la croissance du revenu par tête, près de deux siècle après l'Occident. C'est dire l'ampleur du rattrapage qu'il lui restait alors à accomplir, et qui est encore loin d'être achevé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;_____________________________________________&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:10px;"&gt; On voit, par ailleurs, que la montée en puissance de l'Occident est antérieure à la révolution industrielle : un des aspects importants du travail de Maddison est d'avoir participé au renouveau de l'historiographie de la Révolution industrielle, en soulignant que la dynamique de croissance qui y a conduit possède une temporalité longue, qui débute par des transformations structurelles profondes dès la fin du Moyen Age occidental. Aussi brutale que soit la révolution industrielle, elle n'est pas la rupture radicale que l'on a longtemps cru.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="2"&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:10px;"&gt; Voir par exemple, en France, la publication récente du livre de Philippe Norel, &lt;span style="font-style:normal;"&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Lhistoire-%C3%A9conomique-globale-Philippe-Norel/dp/202097598X/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1272756104&amp;amp;sr=1-2"&gt;L'histoire économique globale&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, Seuil, 2009. Pour moi, le débat reste, en fait, largement ouvert, surtout par rapport aux thèses les plus extrémistes qui font de la Révolution industrielle un quasi accident. Quelque chose de la thèse de Weber me semble, en particulier, résister.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-5908735386850967706?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/5908735386850967706/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/05/deux-millenaires-de-croissance-hommage.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5908735386850967706'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5908735386850967706'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/05/deux-millenaires-de-croissance-hommage.html' title='Deux millénaires de croissance mondiale : pour saluer Angus Maddison'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S9yGrVS61aI/AAAAAAAAAUc/MicnbBpj_ik/s72-c/pib+par+habitant+monde+0-2008.png' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3314116077647935798</id><published>2010-04-29T16:51:00.011+02:00</published><updated>2010-05-02T03:32:32.244+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dette publique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>Greek run</title><content type='html'>Nous voilà dans l'avant dernier acte d'une tragi-comédie grecque : celle où l'action s'accélère vers une fin que l'on pressent tragique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à présent, la seule question qui se posait lorsque l'on était un investisseur était de l'ordre des asymétries d'information : les Grecs étaient-ils sérieux à propos de leur programme de réduction des dépenses publiques ? La dissimulation de la réalité du déficit budgétaire (dont la révélation est à l'origine lointaine de la crise de défiance actuelle) se poursuivait-elle ? Et, surtout, de quelle nature allait-être l'aide de l'Europe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était une crise simplement gérable. Il suffisait que les Allemands affirment vouloir aider les Grecs, que le FMI fasse preuve de l'interventionnisme qu'on lui connait, dise la vérité sur le déficit budgétaire et garantisse l'engagement du gouvernement grec dans la réduction des dépenses, et ces asymétries pouvaient être réduites. Une &lt;a href="http://www.voxeu.org/index.php?q=node/4949"&gt;récente étude&lt;/a&gt; montre même qu'il était du domaine du possible de parvenir à l'ajustement budgétaire nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais faute d'agir, faute surtout que l'Allemagne dise enfin ce que tout le monde attendait d'elle, nous sommes rentrés dans une toute autre réalité : dans un monde post-keynésien de l'incertitude radicale, où il ne s'agit plus d'accroître la transparence de l'information, parce qu'il n'y a plus d'information préalable, objective, qui resterait à révéler. Nous sommes dans une situation spéculaire, où le regard que chaque investisseur porte sur le regard des autres investisseurs est créateur d'une dynamique chaotique, radicalement imprévisible, et qui menace de prendre la forme d'une crise auto-réalisatrice d'une ampleur considérable.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce point de vue, la situation se rapproche de la situation que l'on a vécu à la suite de la chute de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lehman Brother&lt;/span&gt;, où la liquidité s'est asséchée sur le marché interbancaire, menaçant de faillite un grand nombre de banques. En effet, à la façon d'une banque, qui est toujours courte et a toujours besoin de liquidités à court terme, tous les États ont, mensuellement, besoin d'émettre des dettes, même si leur endettement reste stable. Les États, en effet, font tous de la « cavalerie » (« &lt;span style="font-style: italic;"&gt;roll over&lt;/span&gt; ») sur leur dette. En permanence, des obligations passées arrivent à échéance, et l'État doit pour les payer vendre de nouvelles obligations (sauf s'il est engagé dans une politique drastique de réduction de son endettement, ce qu'aucun État ne peut faire dans le cas d'une récession comme la nôtre). Il peut agir ainsi parce qu'il est éternel, et chaque investisseur sait par conséquent que cette cavalerie ne cessera pas, qu'il sera donc payé un jour, même si c'est avec une dette nouvelle, souscrite par un nouvel investisseur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situation des États est donc, en fait, financièrement fragile, et d'autant plus que leur dette a une maturité courte. Si les investisseurs cessent de croire à la permanence de ce jeu de cavalerie, un État fait immédiatement faillite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la Grèce, la situation est pire : l'État grec a besoin non seulement de nouvelles obligations pour payer les obligations passées arrivées à maturité, mais en plus de nouvelles obligations pour financer un déficit gigantesque, au regard des ressources dont il dispose, puisque supérieur à 10% de la production économique du pays. Autrement dit, son endettement s'accroit si rapidement que les investisseurs se demandent s'il sera solvable dans l'avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois la question de la solvabilité grecque est une question qui se pose à l'échelle de plusieurs années (4/5 ans), le temps que la dérive de l'endettement le rende réellement insolvable. Les questions que se posaient les investisseurs jusqu'à présent avaient cet horizon temporel : ils se demandaient si cette dérive budgétaire serait contrôlée dans les années futures et si l'État grec serait donc solvable à terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce n'est plus le cas désormais : les investisseurs se demandent maintenant si l'État grec est encore liquide, c'est à dire s'il y a encore d'autres investisseurs pour entretenir le jeu de cavalerie de l'endettement de l'État grec. Car si plus aucun investisseurs n'acceptent de prêter de l'argent à l'État grec ne serait-ce que le mois prochain, celui-ci fait faillite, même s'il s'avère qu'en fait, en lui laissant le temps, il aurait pu effectivement être solvable sur le moyen terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrement dit, la seule question que se posent les investisseurs est de savoir ce que vont faire les autres investisseurs, dans un jeu d'anticipations spéculaires et croisées. Ce genre de jeu est auto-réalisateur : il suffit que les investisseurs prennent collectivement peur dans l'action des autres investisseurs pour que cette peur se réalise, et que l'État grec fasse faillite. Et un rien, comme le &lt;a href="http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/04/les-agences-de-notation-menacent-lindépendance-de-la-bce.html"&gt;changement&lt;/a&gt; de la note d'une agence d'évaluation, plus que jamais performative, suffit à emporter la formation de ces anticipations croisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les banques sont soumises à ce genre de problème : c'est ce que l'on appelle un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;run&lt;/span&gt;, situation qui intervient lorsque les déposants créent la faillite qu'ils redoutent en retirant tous ensemble leurs fonds à la banque. C'est pour cela que l'on a créé les banques centrales, qui garantissent aux déposants qu'ils seront payés quoiqu'il arrive. Cette garantie maintient à bon compte la croyance sur laquelle est bâti le système financier. Lorsque la Fed n'a pas assuré ce rôle à l'égard de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lehman Brother&lt;/span&gt; en octobre 2008, la croyance a cessé d'exister, et le système financier avec elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que l'on demandait à l'Allemagne (la France ayant accepté de le faire) n'était rien d'autre que cela : de jouer ce rôle de Banque centrale, de perpétuer la croyance dans la capacité de l'État grec de rester liquide, tout en le contraignant à devenir solvable à moyen terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne l'a pas fait. Et l'on ne sait très bien jusqu'où la rupture de la croyance peut aller : il n'y a pas vraiment de limite aux anticipations auto-réalisatrices en situation d'incertitude radicale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est là le paradoxe que risque de découvrir l'Allemagne : il ne coûte pas très cher de perpétuer la croyance dans la pérennité du système financier quand celle-ci fait l'objet de quelques doutes. Mais si l'on tarde, le coût peut devenir infini. Quelques milliards de prêts à la Grèce aux taux de marché dont bénéficie l'Allemagne auraient suffit, il y a un mois et demi. Il est désormais de plus en plus probable que ce soit la totalité de la dette grecque que les autres États de la zone euro devront financer dans les années à venir (une &lt;a href="http://www.lesechos.fr/info/inter/020506490514-les-besoins-de-financement-de-la-grece-reevalues-a-plus-de-100-milliards-d-euros-sur-trois-ans.htm"&gt;100aines de milliards&lt;/a&gt;), plus aucun investisseur n'osant encore le faire, ou seulement à des taux usuraires. Et si la défiance grandit, et s'étend à d'autres États de la zone euro, le coût sera tout simplement infinançable par les États les plus financièrement solides. Pourtant nous devrons tous le payer, au prix d'une explosion des dettes obligataires publiques et de la zone euro. Même l'Allemagne.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3314116077647935798?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3314116077647935798/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/04/greek-run.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3314116077647935798'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3314116077647935798'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/04/greek-run.html' title='&lt;span style=&quot;font-style:italic;&quot;&gt;Greek run&lt;/span&gt;'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4121017730947422623</id><published>2010-04-19T12:21:00.004+02:00</published><updated>2010-04-19T14:02:08.573+02:00</updated><title type='text'>Les ebooks, les DRM et moi</title><content type='html'>Il n'y a pas de détermination mécanique entre innovation technologique et processus économique de production : les innovations deviennent ce que les acteurs en font économiquement. La façon dont les acteurs économiques se saisissent des innovations est au moins aussi importante que les potentialités technologiques inscrites dans celles-ci. Il n'y a pas de déterminisme technologique mécanique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est du moins ce que je me disais alors que les éditeurs français avait fait de moi un délinquant, capable de supprimer un DRM d'un livre électronique.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;Depuis 2 mois, je suis l'heureux propriétaire d'un &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Amazon_Kindle"&gt;Kindle d'Amazon&lt;/a&gt;. L'offre de livres est gigantesque, la livraison instantanée et les livres n'ont plus aucune poids, si ce n'est celui (très faible) de la machine. Idéal dès que l'on est mobile, par conséquent, ou que l'on veut lire des livres en anglais sans avoir à attendre 10 jours d'être livré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai certes dû mentir et me découvrir une résidence américaine : il existe des restrictions à l'exportation de certains livres électroniques (exemple : le dernier Stiglitz ou Delong). Pour les obtenir, il faut vivre aux Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cela n'est pas grand chose face au désert de désolation du paysage éditorial français. L'offre légale de livres récents est quasi inexistante. Pire, les éditeurs n'ont pas su s'entendre : il existe ainsi deux sites principaux. Premièrement, &lt;a href="http://www.epagine.fr/"&gt;epagine.fr&lt;/a&gt;, qui regroupe notamment Gallimard et le Seuil, dans un modèle économique bizarroïde où l'on achète à diverses librairies en France, que l'on peut choisir, et non directement à l'éditeur. Il y a, également, &lt;a href="http://livreelectronique.fnac.com/"&gt;Fnac livre électronique&lt;/a&gt;, où l'on trouve notamment Albin Michel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette offre a quatre caractéristiques :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) elle est dispersée, ce qui implique une recherche pour savoir où trouver le livre que l'on cherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) elle est très faible : quelques milliers de livres au total. Aucun fond, presque exclusivement une sélection de nouveautés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) elle est coûteuse : la Fnac vend quasiment au prix du papier (ex : le dernier &lt;a href="http://livreelectronique.fnac.com/LIVRES/FICHES/72903.Livre"&gt;Cohen/Askenazy&lt;/a&gt; coûte 22.5 euros contre 23.75 euros sous forme papier), ce qui n'a aucun sens puisqu'un des avantages de l'édition électronique est de réaliser d'importantes économies de coût (frais d'impression réduit à la mise en forme, pas de magasin, pas de stock, etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4) elle est sous deux formats : ebook et pdf (pour certains livres, on peut avoir le choix entre les deux), protégée par un  DRM, qui restreint les supports de lecture : les liseuses qui acceptent ces formats et le logiciel Adobe pour une lecture sur ordinateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est cette dernière caractéristique qui m'a transformé en délinquant : mon Kindle d'Amazon ne peut pas lire ces formats. Les éditeurs français ont, en effet, une peur extrême du grand méchant américain. Ils ne lui permettent pas de vendre le moindre de leurs livres, et ils vendent les quelques leurs sous un format non compatible avec la liseuse d'Amazon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est ainsi que j'ai découvert comment l'on pouvait faire sauter la protection, pour pouvoir lire les livres que j'avais légalement achetés sur mon Kindle. Et que je lis surtout des livres en anglais, ou des livres non couvert par les droits d'auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'il y a de fascinant, c'est de voir à quel point les éditeurs français sont en train de reproduire point par point les causes qui ont fait d'une innovation possiblement porteuse de croissance l'origine d'une destruction créatrice majeure dans l'industrie de la musique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le téléchargement illégal s'est développé, c'est en effet :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) parce que l'offre légale était difficile à trouver et limitée -en tout cas plus limitée et plus difficile d'accès que l'offre non légale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) vendue à un prix sans aucun rapport avec son coût véritable, presque aussi cher que l'offre matérielle traditionnelle, sans en offrir le contenu (belle pochette, etc.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) avec des protections de type DRM limitant l'usage des produits légalement achetés, rendant l'offre non légale attractive, puisque ne possédant pas ce genre de limitation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pire, on sent que les acteurs traditionnels français se sont lancés dans une stratégie désespérée de recherche de rente légale : ils entendent, tout comme les éditeurs de musique, obtenir une protection légale par l'Etat leur permettant d'annuler l'essentiel des transformations qu'imposerait l'innovation technologique. Il semblerait notamment qu'ils tentent d'obtenir la création d'un prix unique du livre électronique, fixé à un niveau proche de celui du format papier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'il y a d'inquiétant est que l'Etat est à leur écoute : plutôt que de favoriser le consommateur (en imposant un format unique, par exemple), et de réfléchir à des aides qui permettrait de financer la reconversion des acteurs que l'innovation rend obsolète, l'Etat français semble croire lui aussi que quelques lois permettront de nier l'innovation technologique. Ce qui est une erreur : les innovations deviennent ce que les acteurs en font, mais elles n'ont jamais cessé d'exister du jour où l'Etat a déclaré qu'elles ne le devaient pas.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4121017730947422623?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4121017730947422623/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/04/les-ebooks-les-drm-et-moi.html#comment-form' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4121017730947422623'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4121017730947422623'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/04/les-ebooks-les-drm-et-moi.html' title='Les ebooks, les DRM et moi'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-5153576258776214524</id><published>2010-04-04T20:30:00.004+02:00</published><updated>2010-05-02T03:32:46.954+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='(mal)journalisme'/><title type='text'>Mondes parallèles</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S7jbj2fM5rI/AAAAAAAAATw/Zxc8xNWHAXs/s1600/echos+parall%C3%A8les.png"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S7jbj2fM5rI/AAAAAAAAATw/Zxc8xNWHAXs/s400/echos+parall%C3%A8les.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456352357527643826" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Des mondes parallèles, mais néanmoins antagonistes, semblent cohabiter dans les pages des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échos&lt;/span&gt; : se rencontreront-ils un jour ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-5153576258776214524?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/5153576258776214524/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/04/mondes-paralleles.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5153576258776214524'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5153576258776214524'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/04/mondes-paralleles.html' title='Mondes parallèles'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S7jbj2fM5rI/AAAAAAAAATw/Zxc8xNWHAXs/s72-c/echos+parall%C3%A8les.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3530395001843269121</id><published>2010-02-27T22:20:00.009+01:00</published><updated>2010-02-28T03:34:43.923+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>La valeur actionnariale et la crise</title><content type='html'>La doctrine dite de la "valeur actionnariale" est une des principales transformations structurelles qui composent ce que l'on appelle du terme vague de "financiarisation" de l'économie. Elle est devenue le fondement de la gouvernance des entreprises. Et l'une des causes des déséquilibres des économies contemporaines. Durant la crise, elle a même conduit, comme on va le voir, à un détournement de l'argent public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant que technique de gestion, la valeur actionnariale met l'entreprise au service exclusif de ses actionnaires, en cherchant à maximiser sa rentabilité financière (ROE). Cela a de multiples conséquences. Une d'entre elles est que les entreprises conservent une partie de plus en plus faible des profits qui leur restent après paiement des impôts et des intérêts des emprunts. Ces profits retenus leur permettent, notamment, d'autofinancer leur investissement. Depuis la fin des années 1970, les profits sont, au contraire, de plus en plus reversés aux actionnaires sous la forme de dividendes. Comme le montre le graphique, la proportion de profits reversés sous forme de dividendes a atteint durant les années 2000 un niveau très élevé, si élevé qu'il menace l'autofinancement de l'investissement. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S4l_2ZK1q2I/AAAAAAAAATg/mKEn6LuWVj0/s1600-h/part+dividende+eu.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S4l_2ZK1q2I/AAAAAAAAATg/mKEn6LuWVj0/s400/part+dividende+eu.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5443022197099965282" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crise financière de 2008/2009 a offert une illustration extrême des déséquilibres que pose cette valeur actionnariale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que les profits des entreprises américaines étaient en forte baisse (-30% entre 2006 et fin 2008), celles-ci se sont efforcées de maintenir à un niveau constant les dividendes distribués à leurs actionnaires. Pour cela, elle ont diminué la part de profits non redistribués, en donnant à leurs actionnaires, sous forme de dividendes, une proportion de plus en plus forte de leurs profits. Il a fallu attendre la deuxième moitié de l'année 2009 pour que la part des dividendes diminue. Et probablement pas seulement parce que les entreprises américaines ont commencé alors à faire payer à  leurs actionnaires une part du coût de la crise : mais également parce que le rebond des marchés boursiers permettait de compenser la baisse des dividendes par des plus-values.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S4l_1xmmCtI/AAAAAAAAATY/5iEM-fKKhZM/s1600-h/dividendes+crise+eu.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S4l_1xmmCtI/AAAAAAAAATY/5iEM-fKKhZM/s400/dividendes+crise+eu.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5443022186478963410" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On voit qu'au dernier trimestres 2008, celui du cœur de la crise financière, les entreprises ont redistribué sous forme de dividendes légèrement plus de 100% de leurs profits. Comment cela est-il possible ? Très simplement : les entreprises ont choisi de s'endetter pour payer des dividendes. C'est en fait, pour l'essentiel, les entreprises du secteur financier qui ont eu recours à l'emprunt pour pouvoir payer des dividendes à leurs actionnaires, alors que leurs profits s'effondraient en raison de la crise (diminution d'un facteur 3 entre début 2006 et fin 2008). A l'automne 2008, les dividendes représentaient ainsi 170% des profits des entreprises financières américaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, une part non négligeable des emprunts qui ont financé ces dividendes était constituée de fonds fournis par l'État américain pour sauver le secteur financier. Comme le souligne &lt;a href="http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1362299"&gt;cette étude&lt;/a&gt;, les grandes banques américaines ont donc tout simplement détourné l'argent des contribuables américains pour payer leurs actionnaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, comme le note toujours cette étude, la valeur actionnariale a poussé à une prise de risque croissante, en conduisant les banques à augmenter leur levier d'endettement avant la crise, pour faire en sorte d'accroître leur rentabilité financière. Cela conduit à s'interroger sur les justifications théoriques de la valeur actionnariale. Selon celles-ci, les actionnaires doivent obtenir un rendement supérieur à celui d'un rendement sans risque, puisqu'ils prennent précisément un risque, celui de la faillite. Or, durant la crise financière, les établissements financiers ont fait fi du principe qui veut que l'on doit toujours assurer le paiement des créanciers avant celui des actionnaires en cas de faillite. Et ils l'ont fait tout simplement pour pouvoir assurer un rendement constant à leurs actionnaires, alors même que le risque s'était matérialisé.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3530395001843269121?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3530395001843269121/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/la-valeur-actionnariale-et-la-crise.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3530395001843269121'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3530395001843269121'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/la-valeur-actionnariale-et-la-crise.html' title='La valeur actionnariale et la crise'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S4l_2ZK1q2I/AAAAAAAAATg/mKEn6LuWVj0/s72-c/part+dividende+eu.png' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-1206854217266745689</id><published>2010-02-18T18:35:00.003+01:00</published><updated>2010-02-22T04:55:04.133+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éducation'/><title type='text'>La privatisation de l'éducation nationale en un graphique</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S312j8gNhcI/AAAAAAAAATQ/RDzk1qvJSYE/s1600-h/postes+offerts.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S312j8gNhcI/AAAAAAAAATQ/RDzk1qvJSYE/s400/postes+offerts.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5439634284842157506" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;No comment.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-1206854217266745689?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/1206854217266745689/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/la-privatisation-de-leducation.html#comment-form' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1206854217266745689'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1206854217266745689'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/la-privatisation-de-leducation.html' title='La privatisation de l&apos;éducation nationale en un graphique'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S312j8gNhcI/AAAAAAAAATQ/RDzk1qvJSYE/s72-c/postes+offerts.png' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3870981982264776427</id><published>2010-02-16T03:40:00.017+01:00</published><updated>2010-02-22T04:59:11.685+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='retraites'/><title type='text'>Le "bon sens" et les retraites</title><content type='html'>Au milieu d'une&lt;a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/12/l-equation-est-connue-il-y-aura-demain-1-5-actif-pour-1-retraite-qui-va-payer-par-michel-godet_1304868_3232.html"&gt; tribune&lt;/a&gt; à propos des négociations sur les retraites écrite par Michel Godet, l'&lt;a href="http://www.amazon.fr/Courage-bon-sens-construire-autrement/dp/2738121020/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1266279473&amp;amp;sr=8-1"&gt;homme du bon sens&lt;/a&gt; en économie, je trouve cette phrase :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;En effet, les actifs, moins nombreux sur le marché du travail, seront en position de force pour négocier leur salaire net et peu enclin à payer plus pour des générations qui leur ont transmis une dette qui s'élève déjà à 150 000 euros par actif, si l'on tient compte des engagements de l'Etat&lt;/span&gt;.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Un concentré de "bon sens" qui n'est, en fait, qu'erreurs factuelles et fausses croyances concernant les retraites et la dette de l'État français. Une phrase, quatre affirmations : quatre erreurs ou approximations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous avez trouvé ? Non ? &lt;span class="fullpost"&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'ordre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;les actifs, moins nombreux sur le marché du travail ...&lt;/span&gt;". Prévoir est certes toujours difficile, surtout lorsqu'il s'agit de l'avenir, mais en matière démographique, les prédictions à 20 ans (la projection temporelle de M. Godet) sont relativement fiables. Or, à les croire, le nombre d'actifs &lt;a href="http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&amp;amp;id=2281"&gt;va rester stable&lt;/a&gt; d'ici 2030, et même 2050.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;... seront en position de force pour négocier leur salaire net...&lt;/span&gt;". Admettons que le nombre d'actifs diminue, ce qui est probablement faux, comme on vient de le voir. Admettons néanmoins. Alors ? Et bien ce bout de phrase est toujours aussi fautif.  Il s'appuie sur un sophisme qui consiste à penser que les emplois sont en nombre stable et qu'ils sont partagés par les actifs qui veulent les occuper. Si leur nombre diminue, les actifs seront donc en position de force face aux employeurs et pourront faire monter leur salaire. Ce raisonnement repose sur du "bon sens", c'est-à-dire sur ce que le sens commun connait : le niveau microéconomique qu'il expérimente seul. A ce niveau, le nombre de personnes qui vont le matin demander un boulot au Pôle Emploi du coin n'a évidemment aucun effet sur le nombre d'emplois que l'agence va leur offrir. Mais, dès lors que l'on se situe au niveau de l'économie tout entière, il n'en va plus de même. Pour une économie prise dans sa globalité, le nombre d'emplois, au-delà des fluctuations produites par l'activité économique conjoncturelle, reflètent assez étroitement le nombre d'actifs. Quand le nombre d'actifs s'accroit, le nombre d'emplois progresse également. C'est ce qui s'est passé en France, à l'exception de la décennie et demi qui a suivi la fin des Trente glorieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3oXxYy44PI/AAAAAAAAATI/5rTYuR-lhdk/s1600-h/population+active+et+nombre+d%27emplois.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3oXxYy44PI/AAAAAAAAATI/5rTYuR-lhdk/s400/population+active+et+nombre+d%27emplois.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5438685637240217842" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;Par exemple, dans les années 1955-1965, la population active stagne et il en va de même pour le nombre d'emploi, bien que la croissance soit alors exceptionnellement forte. On peut présumer qu'il en ira de même en 2030 : stagnation de la population active et stagnation du nombre d'emplois &lt;a href="http://www.blogger.com/1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;... et peu enclin à payer plus pour des générations qui leur ont transmis une dette qui s'élève déjà à 150 000 euros par actif, si l'on tient compte des engagements de l'État&lt;/span&gt;." Là il y a deux imprécisions qui se mêlent dans la même affirmation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, la fameuse métaphore qu'aime tant le "bon sens" de la dette qu'une génération transmet à la suivante, comme un fardeau qui pèserait sur les fils du poids de l'imprévoyance et de l'égoïsme de leurs pères.&lt;br /&gt;Cette métaphore est, en l'occurrence, actuellement fausse à 33%... Son degré de vérité dépend, en effet, du nombre de Français qui achètent de la dette de l'État français. Là encore, le "bon sens" s'appuie sur qu'il expérimente à son niveau de l'économie. Mais le "bon sens" a du mal à comprendre que l'on ne peut raisonner sur une économie tout entière comme l'on raisonne sur le petit épargnant, qu'il connait seulement. Le petit épargnant transmet bien, en effet, son patrimoine (ou ses dettes, s'ils en veulent) à ses héritiers et, ainsi, ils les enrichit ou les appauvrit. Mais, il n'en va pas de même au niveau de l'ensemble des épargnants réunis. Plaçons nous dans le cas le plus simple : celui où la dette de l'État français est entièrement souscrite par des Français. La génération suivante est-elle écrasée du poids de l'insouciance de ses pères ? Nullement, car c'est à cette même génération que l'État français rembourse sa dette. Globalement, cette génération n'est donc ni plus riche, ni plus pauvre. La dette a pour seul effet de produire une redistribution des richesses à l'intérieur même de cette génération, sans affecter le niveau de cette richesse : les fils d'épargnants de la génération précédente reçoivent, en valeur nette, de l'argent de la part de ceux dont les parents n'ont pas épargné. Mais pris ensemble, ils ne sont ni plus riches, ni plus pauvres. Pour que la génération suivante soit appauvrie, il faut donc que leurs parents aient emprunté à des étrangers. Actuellement, la dette de l'État français &lt;a href="http://www.aft.gouv.fr/article_131.html?id_article=131"&gt;est détenue pour 2/3&lt;/a&gt; par des étrangers. Nous n'appauvrissons donc que pour 2/3 de la dette la génération suivante. (Cette dernière proposition mériterait diverses remarques. Mais passons).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;... si l'on tient compte des engagements de l'État&lt;/span&gt;". Comprendre des engagements&lt;span style="font-style: italic;"&gt; implicites&lt;/span&gt; de l'État, en particulier payer les retraites des fonctionnaires, qui ne sont pas incluses dans la mesure de la dette au sens du traité de Maastricht. Je veux bien que l'on tienne compte des engagements implicites, mais alors où est passé le fameux "bon sens" ? Le but même de la négociation sur les retraites est de déterminer ce que seront les... retraites et donc les engagements qui leur sont liés. On ne peut donc pas faire comme si leur niveau était déjà déterminé. C'est le propre des engagements implicites : ils ne sont pas de la dette, car leur niveau n'est pas irrémédiablement, parce contractuellement, fixé. L'État en fait ce qu'il veut, ou peut, en fonction des négociations qu'ils mènent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, le bon sens considère généralement que ce que doit vraiment un individu est constitué par la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il doit en brut. Si l'on possède une maison qui vaut 100 000 euros et que l'on doit 200 000 euros à la banque, la vraie dette est de 100 000 euros. Pour une fois, le bon sens a raison, bien qu'étrangement Michel Godet n'y fasse pas appel. Or, l'État français n'a pas que des dettes : il a aussi des actifs financiers (actions, titres divers, etc.). Si l'on en tient compte, la dette publique n'est plus de 84 % du PIB mais de 53 % (données de l'OCDE). La dette n'est plus alors que d'environ 30 000 euros par actif. Ce qui est, d'un coup, nettement moins spectaculaire. Et encore, je n'ai pas entièrement suivi le bon sens : l'État français possède d'autres actifs en plus de ses actifs financiers, comme des &lt;a href="http://www.elysee.fr/lapresidence/index.php?mode=residences"&gt;maisons de caractère&lt;/a&gt;, par exemple, que l'on peut encore déduire de sa dette financière brute. Mais il ne vaut mieux pas suivre le bon sens jusque là : on &lt;a href="http://img147.imageshack.us/img147/6193/sarkozydetressesdftp1.jpg"&gt;peut douter&lt;/a&gt; que l'État les vende.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut donc, au final, se féliciter que "ce ne soit pas le bon sens qui domine dans ce pays", du moins celui que convoque Miche Godet. Ce "bon sens" revient à s'appuyer sur l'expérience de sens commun de l'économie, alors que le savoir portant sur l'économie, comme tout savoir, s'est construit pour une part à force de résistance face à ce que les sens nous donnent immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt;Le même raisonnement permet de comprendre pourquoi il n'y a pas de raison d'attendre, au-delà des ajustements de court terme, une baisse du chômage en raison de la stagnation de la population active. Si le chômage baisse, ce ne sera pas pour cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3870981982264776427?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3870981982264776427/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/le-bon-sens-et-les-retraites.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3870981982264776427'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3870981982264776427'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/le-bon-sens-et-les-retraites.html' title='Le &quot;bon sens&quot; et les retraites'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3oXxYy44PI/AAAAAAAAATI/5rTYuR-lhdk/s72-c/population+active+et+nombre+d%27emplois.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-1141344696423928306</id><published>2010-02-11T20:36:00.012+01:00</published><updated>2010-02-16T13:47:58.315+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='europe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='désindustralisation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>Le fantasme allemand et la désindustrialisation (II)</title><content type='html'>Le fantasme allemand se fonde pour une part essentielle sur le mercantilisme crétin qui, joint à l'industrialisme irréfléchi, tient lieu de pensée économique à beaucoup en France. Ce mercantilisme repose une propositions binaire : balance commerciale excédentaire, bien ; balance commerciale déficitaire, mal. Comme sa balance commerciale est très très excédentaire, cela va donc très très bien pour l'Allemagne. Si l'on ajoute qu'elle a maintenu une part constante de son PIB dans l'industrie, c'est donc qu'elle a su s'insérer avec compétitivité dans la mondialisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème du mercantilisme crétin est qu'il méconnait le fait qu'une balance commerciale excédentaire ne signifie rien en soi : à la fois au niveau de ses causes et de ses conséquences. Il n'y a aucune justification théorique à la présence d'une balance commerciale excédentaire en toute situation. Dans le cas de l'Allemagne, cette balance commerciale a eu un coût économique élevé. Non seulement pour elle, mais aussi pour les autres pays européens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut partir d'un constat : contrairement à ce que voudrait le mercantilisme crétin, l'énorme excédent commercial allemand n'a pas généré de la croissance. Au contraire, depuis que l'Allemagne a adopté l'&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Agenda_2010"&gt;agenda 2010 &lt;/a&gt;de reconquête de sa compétitivité, sa croissance économique a été anémique. Avant même la récession de 2009, c'était l'une des plus faibles en Europe. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qy-2gWjyI/AAAAAAAAASo/b1LC5j072cQ/s1600-h/PIB.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qy-2gWjyI/AAAAAAAAASo/b1LC5j072cQ/s400/PIB.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437026705507520290" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Même en comparaison de la France, son taux de croissance est très faible. Entre 2000 et 2008, son PIB n'a augmenté que de 10%. Sa récession économique en 2009, une des plus violentes dans le monde, a finalement ramené ce taux de croissance depuis 2000 à moins de 5%. Une décennie quasiment blanche, que l'on voudrait pourtant faire passer pour un succès. A part le Japon, aucun pays développé n'a eu une croissance aussi faible sur la période.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce premier constat, on peut ajouter d'autres indicateurs d'insuccès. L'Allemagne n'a pas créé d'emploi entre 2000 et 2010. Avant la crise, en 2008, elle en avait moins créé que la France (3% de plus contre 6%). Entre 2000 et 2008, son taux de chômage n'a pas baissé (7.5%), tandis que celui de la France passait de 9% à 7.8%.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que s'est-il passé ? L'Allemagne a appliqué, à la lettre, la stratégie voulant que pour être compétitif, il faut baisser le coût du travail. Ainsi, bien qu'elle ait eu moins de gains de productivité que la France (12% pour la productivité par heure entre 2000 et 2007, contre 15% pour la France), le coût unitaire du travail a baissé, nettement, tandis qu'il augmentait en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3QyykrJ12I/AAAAAAAAASY/uNm3zBSu7FE/s1600-h/cout+unitaire+travail+euros.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3QyykrJ12I/AAAAAAAAASY/uNm3zBSu7FE/s400/cout+unitaire+travail+euros.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437026494562555746" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Quand une entreprise a des gains de productivité, elle peut en faire trois choses. Elle peut augmenter les salaires. Si elle les augmente autant que les gains de productivité, le coût unitaire du travail, c'est-à-dire ce que coûte en rémunération salariale la production d'une unité d'un produit donné, reste constant. Si elle n'augmente pas les salaires, le coût unitaire du travail diminue, et l'entreprise peut alors faire deux choses : soit baisser ses prix, redistribuant les gains de productivité au consommateur ; soit augmenter ses profits, se redistribuant, ainsi qu'à ses actionnaires, les gains de productivité. (Dans les faits, ces trois possibilités se combinent en proportion plus ou moins importante).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les entreprises allemande, encouragées par leur gouvernement, ont choisi de n'augmenter que faiblement les salaires. Cela leur a permis, en 8 ans, de baisser le coût unitaire du travail de plus de 10%. Ce qui correspondait à une stratégie, celle qu'énonce Baverez : reconquérir de la compétitivité prix au niveau international en rendant possible une baisse des prix du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;made in Germany&lt;/span&gt;. Cette stratégie de reconquête de la compétitivité prix est, en apparence, un succès, puisque la balance commerciale allemande a été multiplié par 3 entre 2000 et 2008, pour atteindre près de 180 milliards d'euros (10% du PIB de la France).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le succès n'est qu'apparent. Cette stratégie a, de fait, conduit à briser la dynamique interne de croissance, qui demeure importante pour un pays de grande taille comme l'Allemagne, en créant d'importants déséquilibres dans le bouclage macroéconomique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, les salaires n'ont presque pas augmenté, tandis que les prix ne baissaient pas à proportion des gains de productivité. Les entreprises allemandes ont donc considérablement augmenté leur rentabilité. Il s'est produit, durant les années 2000, une transformation d'une ampleur historique dans le partage de la valeur ajoutée en Allemagne.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qy_FNrB2I/AAAAAAAAASw/wZeQbqQfBpE/s1600-h/Taux+de+marge.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qy_FNrB2I/AAAAAAAAASw/wZeQbqQfBpE/s400/Taux+de+marge.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437026709455701858" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le taux de marge a augmenté de 6 points de % entre 2000 et 2008 atteignant un sommet historique, alors qu'il restait stable en France. La rentabilité des entreprises allemandes s'est considérablement accrue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, ces évolutions ont conduit à anémier la demande intérieure à un niveau tel que la hausse de la demande extérieure n'a pu le compenser. Premièrement, la stagnation des salaires a provoqué une stagnation de la consommation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3QyyDyV_8I/AAAAAAAAASI/0yyBRxK5_rI/s1600-h/Consommation.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3QyyDyV_8I/AAAAAAAAASI/0yyBRxK5_rI/s400/Consommation.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437026485734342594" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Par ailleurs, contrairement à ce qu'affirme Baverez, emporté par la force du fantasme, la hausse considérable de la rentabilité des entreprises allemandes n'a pas conduit à un "élan formidable de réinvestissement", mais au contraire. (La croissance de l'investissement a même atteint un niveau si faible qu'il en est inquiétant pour l'avenir de la compétitivité allemande.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qyy-NvZsI/AAAAAAAAASg/ocNKZCZ0N0c/s1600-h/Investissement.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qyy-NvZsI/AAAAAAAAASg/ocNKZCZ0N0c/s400/Investissement.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437026501418510018" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La consommation finale atone, jointe à la faible hausse de l'investissement, a engendré une stagnation de la demande intérieure, que la hausse de la balance commerciale n'a pas compensé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La stratégie qui consiste à regagner de la compétitivité en baissant le coût du travail n'est donc pas une voie royale, mais un chemin périlleux, parce que cela menace de briser les équilibres dynamiques macro internes. Dans ce chemin périlleux, l'Allemagne s'est en partie perdu. Contrôler ses coûts du travail n'est donc pas la solution miracle face à la mondialisation, contrairement à ce qu'affirme N. Baverez. Cela ne peut suffire, et cela peut même être dangereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faut nuancer, en ajoutant une chose, décisive. Les efforts en termes de coût du travail en Allemagne ont été bien moins récompensés qu'on peut le croire. Ils ont été peu de chose au regard des évolutions du taux de change de l'euro. Si l'on considère le coût unitaire du travail en Allemagne en dollars et non en euro, et donc en tenant compte des évolutions du taux de change euro/dollar, celui-ci a, en effet, évolué très différemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3QyyZHPfbI/AAAAAAAAASQ/nQTicXM3BIg/s1600-h/cout+unitaire+travail+dollars.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3QyyZHPfbI/AAAAAAAAASQ/nQTicXM3BIg/s400/cout+unitaire+travail+dollars.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437026491459141042" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le coût du travail a, non pas baissé, mais s'est considérablement accru, de près de 40%, à mesure que le taux de change de l'euro par rapport au dollar augmentait durant la décennie 2000. Ce qui a engendré une baisse de la compétitivité prix de l'Allemagne, en dehors de la zone euro, et des pays dont les monnaies sont arrimées à l'euro. Car, contrairement à ce que l'on lit presque toujours, la compétitivité de l'industrie allemande a, également, été affectée par la considérable réévaluation de l'euro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qyx3tR5QI/AAAAAAAAASA/qsC7CqIFOpo/s1600-h/balance+commerciale+par+zone.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qyx3tR5QI/AAAAAAAAASA/qsC7CqIFOpo/s400/balance+commerciale+par+zone.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437026482491876610" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La totalité de la hausse de sa balance commerciale s'est faite en Europe, et en particulier dans la zone euro. Ses excédents commerciaux avec le reste du monde ont baissé depuis 2002, c'est à dire l'année même où la valeur de l'euro en dollar a commencé à augmenter, entrainant avec lui une hausse du prix en dollar du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;made in Germany&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est là que l'on touche à l'arrière fond anti-coopératif au niveau européen de l'agenda 2010. Au regard des évolutions du taux de change euro/dollars, la zone où l'Allemagne pouvait préférentiellement accroître sa balance commerciale est l'euro, puisque, par définition, le taux de change n'y a aucune incidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, il est une &lt;a href="http://economibasic.blogspot.com/2009/09/pas-de-deficits-sans-excedents-conte.html"&gt;vérité élémentaire&lt;/a&gt; en économie internationale : tout excédent commercial a pour contrepartie un déficit. Pour qu'un pays soit en excédent, il faut que d'autres soient en déficit. Autrement dit, en cherchant à obtenir des excédents commerciaux, au prix d'une stagnation de sa demande intérieure, l'Allemagne a poursuivi une stratégie anti-coopérative à l'égard des autres pays européens. Elle a obtenu moins de croissance, et elle a creusé les déséquilibres commerciaux de la zone euro. Le déficit commercial de la France est, en partie, provoqué par cette stratégie. Mais il est peu de chose au regard de celui de la Grèce ou de l'Espagne. Les déficits de ces pays ont, certes, été nourris par des&lt;a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/2010/02/09/anatomy-of-a-euromess/"&gt; dynamiques internes&lt;/a&gt; (spéculatives notamment pour l'Espagne), qui en sont la première cause. Mais ce sont aussi eux qui ont, en partie, rendu possible l'excédent commercial allemand. Et maintenant que ces déficits débouchent sur une crise financière massive, l'Allemagne refuse de payer, et ne le &lt;a href="http://blogs.ft.com/brusselsblog/2010/02/germany-rescues-greece-but-demands-its-pound-of-flesh/"&gt;fait finalement&lt;/a&gt; que face à l'évidence du risque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette stratégie de compétitivité par la baisse du coût du travail n'est donc pas qu'un échec pour l'Allemagne : c'est aussi un échec pour les autres pays européens, et plus profondément encore pour la construction européenne, en ce qu'elle révèle une incapacité profonde à la coordination macroéconomique au niveau de l'Europe face aux égoïsmes nationaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-1141344696423928306?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/1141344696423928306/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/le-fantasme-allemand-et-la_11.html#comment-form' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1141344696423928306'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1141344696423928306'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/le-fantasme-allemand-et-la_11.html' title='Le fantasme allemand et la désindustrialisation (II)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3Qy-2gWjyI/AAAAAAAAASo/b1LC5j072cQ/s72-c/PIB.png' height='72' width='72'/><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3496267103081856661</id><published>2010-02-08T17:23:00.013+01:00</published><updated>2010-02-21T20:49:17.066+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='europe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='désindustralisation'/><title type='text'>Le fantasme allemand et la désindustrialisation (I)</title><content type='html'>En écoutant samedi dernier, &lt;a href="http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/economie/?theme=0"&gt;&lt;i&gt;L'économie en question&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, j'ai atteint le stade du ras le bol. Pour une énième fois, le fantasme de la désindustrialisation-qui-provoque-le-déclin était convoqué &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt;. Nicolas Baverez était en pleine jubilation : il l'avait bien dit, et les récents échecs des industriels français à Abou Dabi ou ailleurs en était la preuve éclatante. Ce fantasme, que semble partager tout homme conservateur de plus de 50 ans, tient en deux propositions :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Un pays fort est un pays industriel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* Pour maintenir la compétitivité industrielle dans la mondialisation, il faut savoir contenir le coût du travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France décroche parce qu'elle a échoué à maintenir ses coûts. L'Allemagne réussit parce qu'elle a fait l'inverse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce fantasme de la désindustralisation se double en effet d'un fantasme de l'Allemagne. L'Allemagne, à &lt;a href="http://www.institutmontaigne.org/medias/emprunt_nicolas_baverez_26062009.pdf"&gt;en croire&lt;/a&gt; Baverez est « le seul pays européen favorablement positionné dans la mondialisation en raison du rétablissement de sa compétitivité et de la force de son industrie ». Ou encore, comme il le déclarait samedi, « il n'y a pas de fatalité à la désindustrialisation. Un contre exemple est  l'Allemagne qui a réussi à reconstituer la compétitivité de la nation à partir de son industrie [...] grâce à l'agenda 2010 qui a été un élan formidable de réinvestissement mais aussi et surtout de contrôle des coûts unitaires du travail. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien ne saurait pourtant être plus faux, ou du moins plus discutable, que ce double fantasme.&lt;span class="fullpost"&gt; En effet, à première vue, c'est l'inverse même qui semble être vrai : la capacité d'un pays à maintenir une proportion constante de son PIB dans le domaine industriel n'a pas de lien, ou un lien négatif, avec son dynamisme économique ; la stratégie allemande est un échec presque complet, échec coûteux pour les autres pays européens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Débutons donc par la première proposition, qui veut qu'un pays développé doive, pour être dynamique, maintenir une forte base industrielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, il faut rappeler que la production industrielle n'a pas baissé dans la plupart des pays développés. Il n'y a pas de désindustrialisation au sens où l'on produirait chaque année de moins en moins de biens manufacturés. La production de biens manufacturés continue à croître dans la plupart des pays développés, y compris la France. Mais, dans la mesure où elle croit moins vite que la production dans les autres branches du PIB, sa part dans la production économique d'ensemble diminue, parfois fortement. Ainsi, en France, entre 2000 et 2008, la valeur ajoutée produite dans l'industrie manufacturière a augmenté de 4.25% (et de 30% entre 1990 et 2008), tandis que sa place dans le PIB diminuait nettement, passant de 16%  (et 18% en 1990) à 12%. La désindustrialisation est donc relative, et non absolue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3A9Z6zeZHI/AAAAAAAAARo/knzAvcJRp-s/s1600-h/croissance+va+industrie+manufacturi%C3%A8re.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3A9Z6zeZHI/AAAAAAAAARo/knzAvcJRp-s/s400/croissance+va+industrie+manufacturi%C3%A8re.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5435912265727370354" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autre part, rien ne prouve que cette désindustrialisation relative exerce un effet négatif sur le dynamisme d'une économie. Entre 1990 et 2008, il n'y aucun lien entre le taux de croissance d'une économie et le taux de variation de la part qu'occupe l'industrie manufacturière dans son PIB.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3A_7_zF5ZI/AAAAAAAAAR4/WjAp930QVak/s1600-h/desindustrialisation+et+g+90+08.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3A_7_zF5ZI/AAAAAAAAAR4/WjAp930QVak/s400/desindustrialisation+et+g+90+08.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5435915050206750098" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre 2000 et 2008, on voit même apparaître un lien négatif, même si la corrélation est faible. Moins un pays s'est désindustrialisé d'un point de vue relatif, plus faible a été son taux de croissance sur la période. Autrement dit, si l'on veut choisir une stratégie de spécialisation, rien ne prouve que maintenir une proportion constante de son activité économique dans le domaine industriel, comme y est parvenu l'Allemagne, soit une bonne chose pour un pays développé. C'est même plutôt l'inverse qui semble vrai.  Dans le cas de l'Allemagne, cette stratégie s'est avérée être un échec : elle a un des taux de croissance les plus faible de tous les pays développés -et ce avant même la crise de 2009, qui l'a plus affecté que la plupart des autres économies développées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3A_7WZxrVI/AAAAAAAAARw/wek3s590ZlI/s1600-h/desindustrialisation+et+g+00+08.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3A_7WZxrVI/AAAAAAAAARw/wek3s590ZlI/s400/desindustrialisation+et+g+00+08.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5435915039094713682" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manifestement, alors que les pays asiatiques gagnent en compétitivité dans le domaine, et que la proportion de la consommation consacrée aux biens industriel ne cesse de diminuer dans tous les pays développés, il y a sans doute mieux à faire que de vouloir, à toute force, se maintenir dans le secteur industriel. Et, en tout cas, aucune preuve de la pertinence d'un tel choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: lucida grande;"&gt;La suite de ce post est &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic; font-family: lucida grande;" href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/le-fantasme-allemand-et-la_11.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: lucida grande;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3496267103081856661?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3496267103081856661/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/le-fantasme-allemand-et-la.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3496267103081856661'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3496267103081856661'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/le-fantasme-allemand-et-la.html' title='Le fantasme allemand et la désindustrialisation (I)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S3A9Z6zeZHI/AAAAAAAAARo/knzAvcJRp-s/s72-c/croissance+va+industrie+manufacturi%C3%A8re.png' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7077660544541163729</id><published>2010-02-03T23:34:00.006+01:00</published><updated>2010-02-16T13:50:19.761+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éducation'/><title type='text'>Les Grandes Écoles, les Universités et les bourses par Marc Bloch</title><content type='html'>Analysant les causes de la défaite de 1940, voici ce qu'écrivait &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Bloch"&gt;Marc Bloch&lt;/a&gt;, il y a 70 ans. Toute ressemblance avec des situations contemporaines ne peut être que fortuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Des systèmes antérieurs, [les gouvernements] avaient gardé plusieurs grands corps publics qu'ils étaient bien loin de diriger étroitement. Sans doute, les considérations de parti ne manquait pas d'intervenir, assez souvent, dans le choix des chefs d'équipe. De quelque côté que soufflât le vent du moment, les désignations qu'elles imposaient étaient rarement les plus heureuses. Mais le recrutement de base restait presque exclusivement corporatif. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Asile préféré des fils de notable, l'École des Sciences Politiques peuplait de ses élèves les ambassades, la Cour des Comptes, le Conseil d'État, l'Inspection des Finances. L'École Polytechnique, dont les bancs voient se nouer, pour la vie, les liens d'une si merveilleuse solidarité, ne fournissait pas seulement les états-majors de l'industrie ; elle ouvrait l'accès de ces carrières d'ingénieurs de l'État, où l'avancement obéit aux lois d'un automatisme quasi mécanique. Les Universités, par le moyen de tout un jeu de conseils et de comités, se cooptaient à peu près complètement elles-mêmes, non sans quelques dangers pour le renouvellement de la pensée, que le système présent a, provisoirement, dit-il, abolie. [...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le régime eut-il tort ou raison de respecter ces antiques corporations ? On peut en disserter à perte de vue. Les uns diront : stabilité, tradition d'honneur. Les autres, vers lesquels j'avoue incliner, répliqueront : routine, bureaucratie, morgue collective. [...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux eût valu certainement favoriser, par des bourses, l'accès de tous aux fonctions administratives et en confier la préparations aux universités, selon le large système de culture générale qui fait la force du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Civil Service&lt;/span&gt; britannique. &lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marc Bloch, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trange_D%C3%A9faite"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;L'étrange défaite&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, 1940 (pp. 191 et 192 de l'édition Folio).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Les lecteurs résidant dans un pays où la législation sur le droit d'auteur n'est pas aussi absurdement protectrice qu'en France peuvent trouver une version électronique du livre sur &lt;a href="http://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php"&gt;Ebooks libres et gratuits&lt;/a&gt;. Sont citées les pp. 158 et 159 de la version PDF.)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7077660544541163729?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7077660544541163729/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/les-grandes-ecoles-les-universites-et.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7077660544541163729'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7077660544541163729'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/02/les-grandes-ecoles-les-universites-et.html' title='Les Grandes Écoles, les Universités et les bourses par Marc Bloch'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-5971623026236136473</id><published>2010-01-27T21:59:00.003+01:00</published><updated>2010-10-25T20:45:50.219+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='histoire économique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='libéralisme'/><title type='text'>Une décennie malhonnête</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;I sit in one of the dives&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;On Fifty-second Street&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Uncertain and afraid&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;As the clever hopes expire&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Of a low dishonest decade&lt;/span&gt; (W. H. Auden)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La décennie qui vient de s'achever a certainement manqué honnêteté : c'est la décennie du &lt;a href="http://www.nytimes.com/2009/12/28/opinion/28krugman.html"&gt;Big Zero&lt;/a&gt;, pour reprendre les mots de Paul Krugman, où les espoirs de croissance se sont effondrés dans la récession la plus grave depuis 70 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette décennie a été bâtie  sur &lt;a href="http://www.ft.com/cms/s/0/98f66b98-14be-11de-8cd1-0000779fd2ac.html?ftcamp=rss&amp;amp;nclick_check=1"&gt;deux promesses &lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. La libéralisation et la financiarisation des économies aurait permis de briser la croissance lente d'après 1973. L'accélération de la productivité nettement perceptible à la fin des années 1990 aux Etats-Unis laissait entrevoir une croissance forte pour les pays développés qui aurait su opérer les changements structurels nécessaires pour en tirer parti. Par ailleurs, la mondialisation semblait pouvoir sortir l'ensemble du Tiers Monde du sous-développement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Les crises asiatique et russe de la fin des années 1990 laissaient entrevoir une plus grande instabilité. Toutefois, celle-ci ne constituait que le prix à payer pour une plus forte croissance. Moins de régulation signifiait plus de croissance, mais également plus d'instabilité. Nous avions choisi un nouvel arbitrage, plus favorable à la croissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces espoirs ne furent pas tenus. Ils se sont, en particulier, brisés sur la plus grave récession qu'a connu le système capitaliste depuis 70 ans. Examinons en détail en quoi ces promesses ont été trahies.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, la croissance mondiale s'est en effet accélérée durant les années 2000, mais elle est loin d'avoir retrouvé son rythme des Trente Glorieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-6I3fImI/AAAAAAAAAQg/YqB6bfaMBMk/s1600-h/pib+hab+mondial.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-6I3fImI/AAAAAAAAAQg/YqB6bfaMBMk/s400/pib+hab+mondial.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423247544817754722" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Surtout le constat doit être fortement nuancé, en fonction du type d'économie. Les promesses d'accélération de la croissance ont été, en fait, déçues pour toutes les économies, à l'exception des économies émergentes et en développement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0-Bc564b9I/AAAAAAAAARI/GWIQZvYPEVk/s1600-h/tableau+croissance+mondiale+2.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 255px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0-Bc564b9I/AAAAAAAAARI/GWIQZvYPEVk/s400/tableau+croissance+mondiale+2.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5426698409588846546" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La croissance a, en particulier, ralenti pour les économies développées, poursuivant une tendance maintenant ancienne. Le taux de croissance annuel y a été ainsi deux fois plus faible qu'il y a 20 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, à part l'Asie, et singulièrement la Chine, la croissance a été plus faible que dans les décennies précédentes partout dans le monde. Or, la Chine a obtenu cette croissance en biaisant avec la libéralisation des économies qui devait en être à l'origine. Elle n'a ainsi jamais libéralisé la circulation des capitaux. Elle a systématiquement sous évalué sa monnaie, poursuivant une politique mercantiliste agressive. Son développement est, d'autre part, fondé sur une série de déséquilibres, internes et externes, qui mettent en question sa pérennité. En particulier, les déséquilibres des balances commerciales avec les États-Unis ne semblent pas durablement viables -du moins pas dans leur forme actuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, seules les économies émergentes ont vu leur croissance s'accélérer. Au contraire, pour les autres économies, et en particulier les plus développées, la croissance a ralentie. Le mode de croissance, laissant une place plus importante aux activités financières, et fondé sur une diminution des régulations, n'a pas conduit à plus de croissance, mais à moins -et ce, avant même, la crise de 2008-2009. C'est particulièrement le cas pour l'économie leader : les États-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-500pudI/AAAAAAAAAQY/ihh9jSJlMVc/s1600-h/pib+hab+etats+unis.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-500pudI/AAAAAAAAAQY/ihh9jSJlMVc/s400/pib+hab+etats+unis.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423247539437156818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Sans même prendre en compte 2009, la décennie 2000 a connu la croissance du PIB par habitant la plus faible depuis la Seconde Guerre mondiale : près de moitié moins que durant les années 1960. Les espoirs d'une accélération de la croissance apparu à partir du milieu des années 1990 se sont brisés sur deux récessions (2001 et 2008-2009), suivi de reprises molles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on s'intéresse au principal facteur à long terme de la croissance, la hausse de la productivité, le constat est à peine moins négatif :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-6o4MkVI/AAAAAAAAAQo/x5GiyYpuPNo/s1600-h/productivit%C3%A9+us.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-6o4MkVI/AAAAAAAAAQo/x5GiyYpuPNo/s400/productivit%C3%A9+us.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423247553410666834" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La décennie 2000 s'était ouverte, aux États-Unis, sur un grand espoir : entre 1995 et 2000, la croissance de la productivité retrouvait son niveau des Trente Glorieuses, après une décélération brutale qui avait été la principale cause du ralentissement de la croissance à la fin des années 1970. Toutefois, dans les années 2000, les gains de productivité ont, à nouveau, baissé. Ils sont désormais, à nouveau, plus faibles que durant les Trente Glorieuses, même s'ils demeurent significativement plus élevés que durant les deux décennies précédentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n'avons donc pas arbitré plus de croissance pour moins de stabilité. C'est évidemment le cas pour les États-Unis :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-6_40DpI/AAAAAAAAAQw/4H81O8rjpkI/s1600-h/taux+de+croissance+us.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-6_40DpI/AAAAAAAAAQw/4H81O8rjpkI/s400/taux+de+croissance+us.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423247559587270290" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On voit que les cycles économiques se sont lissés à partir des années 1990, tandis que le taux de croissance tendait à baisser. Point plus important encore : les récessions sont moins nombreuses, et il faut un temps beaucoup plus grand qu'auparavant pour retrouver le taux de croissance tendanciel. Les récessions sont, en d'autres termes, beaucoup plus longues. L'économie a donc perdu en résilience. S'il en est ainsi, c'est parce que c'est leur nature qui s'est transformée : elles résultent de déséquilibres profonds dans l'économie (récession de 2001 ou actuelle) et non de la hausse des taux d'intérêt par la Fed, face à une élévation de l'inflation (récession de 1980).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec les années 2000, nous quittons donc un monde de fausses espérances. L'accélération de la croissance à la fin des années 1990 avait laissé espérer un retour à une croissance économique forte. La nouvelle régulation de l'économie, moins réglementée, devait permettre de redynamiser les économies occidentales, et de favoriser le développement des PVD. La promesse a été tenue pour les émergents en Asie. Pour tous les autres, et surtout pour les pays les plus développés, il n'en a rien été. Le taux de croissance a baissé tendanciellement, avant même la crise. Et la crise qui a mis un terme au cycle de croissance du milieu des années 2000 présente une forme accentuée des crises précédentes : brutale, longue, car fondée sur des déséquilibres profonds. Or ces déséquilibres, en particulier l'endettement du secteur privé, ont nourri la croissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dire l'ampleur de la tâche qui s'ouvre avec les années 2010, sans que nous ayons un modèle intellectuel achevé pour l'affronter, car c'est aussi, pour une part, les espérances d'une compréhension plus grande de la macroéconomie qui ont été trahies.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-5971623026236136473?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/5971623026236136473/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/01/une-decennie-malhonnete.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5971623026236136473'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5971623026236136473'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2010/01/une-decennie-malhonnete.html' title='Une décennie malhonnête'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/S0M-6I3fImI/AAAAAAAAAQg/YqB6bfaMBMk/s72-c/pib+hab+mondial.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-9123839864635951983</id><published>2009-12-09T19:42:00.009+01:00</published><updated>2010-02-16T13:48:28.732+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='europe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>La banqueroute grecque au secours de la France</title><content type='html'>On s'interroge gravement, dans &lt;a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/09/le-test-grec_1278061_3232.html"&gt;Le Monde&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.lesechos.fr/info/inter/300395710-apres-dubai-peur-sur-les-pigs-.htm"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;, sur les effets de la dégradation de la note de la dette publique grecque par les agences de notation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De cette notation, on ne peut pas dire grand chose, puisqu'elle consiste à appliquer des méthodes d'évaluation opaques à des comptes publics plus opaques encore, qui feraient passer ceux d'Enron pour un modèle de rigueur et de probité. Souvenons nous par exemple qu'il y a 3 ans, les Grecs ont décidé de &lt;a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2006/09/29/617-comment-reduire-les-deficits-et-la-dette-publique"&gt;devenir plus riches&lt;/a&gt; de 25%  du jour au lendemain par la grâce d'un artifice comptable : intégrer une estimation de l'économie souterraine à leur PIB. Cette seule anecdote en dit long sur la valeur des comptes publics grecs. Comme Enron, il ne reste plus que la vérité du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;cash flow&lt;/span&gt; pour juger en ces circonstances : tant que l'Etat grec est à flot, c'est donc que tout va bien. Pour le reste, on ne sait pas tout simplement pas. Même si certains parviennent à se faire grassement rémunérer leur ignorance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est, par contre, sûr c'est que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; a tort de verser, comme à son habitude, dans le registre tragique du déficit-qui-va-tous-nous-emporter-surtout-si-on-doit-payer-en-plus-pour-les-Grecs. Pour l'instant, tout cela est favorable à l'État français et à son endettement.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ? La raison est simple : il y a des liquidités en abondance sur les marchés financiers. Même si la peur n'est plus ce qu'elle était, la fuite vers la qualité n'a pas cessé : les investisseurs veulent du sûr. Et le sûr, cela reste la dette publique des États sérieux. Or la France est un État sérieux. C'est ainsi que le cours des obligations de l'État français a baissé nettement à l'automne dernier à mesure que les acteurs financiers vendaient des titres peu surs (privés) pour acheter des dettes publiques sûres, dont la française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkuP-zzNQkI/AAAAAAAAALo/Eb5fjMC8Jbg/s1600-h/taux+d%27interet+etat.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkuP-zzNQkI/AAAAAAAAALo/Eb5fjMC8Jbg/s400/taux+d%27interet+etat.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353530891279614530" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le même mécanisme a lieu actuellement : plus la dette de la Grèce apparaît risquée (ainsi que celle de quelques autres pays), plus l'on s'en détourne, plus les investisseurs se dirigent vers ce qu'il y a de plus sûr : la dette d'États comme la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sx_5ehbIivI/AAAAAAAAAQA/fOa6_xoipVk/s1600-h/obligation+10+ans.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sx_5ehbIivI/AAAAAAAAAQA/fOa6_xoipVk/s400/obligation+10+ans.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413319579886193394" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les taux d'intérêt sur les obligations de l'Etat grec sont donc négativement corrélés avec ceux de la dette de l'Etat français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chose plus étonnante encore, la crise de confiance actuelle ne profite pas davantage à l'Allemagne qu'à la France. Généralement, dans ce genre de circonstances, l'Etat allemand est le grand gagnant : rien ne semble plus sûr que lui. Si on achète plus de dette française, on achète encore plus de l'allemande, et l'écart entre les deux taux d'intérêt grandit, l'un baissant plus que l'autre. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à partir de septembre de l'année dernière, jusqu'en janvier. Ici, rien de tel, les spreads ont même tendance à se réduire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sx_83bnhmRI/AAAAAAAAAQI/-eM9ZFmRBhk/s1600-h/spread.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sx_83bnhmRI/AAAAAAAAAQI/-eM9ZFmRBhk/s400/spread.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413323306359167250" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Les marchés financiers sont donc certains d'une chose : la France ne ferra pas faillite. Ce qui est une excellente nouvelle : nous allons pouvoir continuer à financer notre dette pour pas cher. Soyons optimiste : peut être même que cela permettra de convaincre que la France n'est pas près de faire faillite. Si les marchés financiers sont prêts à lui prêter pour le taux d'intérêt le plus faible depuis des décennies, c'est qu'ils doivent savoir ce qu'ils font - &lt;a href="http://en.blog.buzzparadise.com/files/2008/10/crisis21.jpg"&gt;non&lt;/a&gt; ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-9123839864635951983?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/9123839864635951983/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/12/la-banqueroute-grecque-au-secours-de-la.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/9123839864635951983'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/9123839864635951983'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/12/la-banqueroute-grecque-au-secours-de-la.html' title='La banqueroute grecque au secours de la France'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkuP-zzNQkI/AAAAAAAAALo/Eb5fjMC8Jbg/s72-c/taux+d%27interet+etat.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3774046850833405970</id><published>2009-11-11T20:00:00.002+01:00</published><updated>2010-02-22T04:47:05.535+01:00</updated><title type='text'>La microéconomie élémentaire du tabac</title><content type='html'>En 1975, la France atteint son sommet historique dans la consommation de tabac : 7 grammes par adulte et par jour, soit plus d'un demi paquet de cigarettes. Une grande majorité des hommes fument, et ils fument partout et tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis, la consommation a baissé de 60% -essentiellement chez les hommes.&lt;br /&gt;A quoi cela est-il dû ? Avant tout à la microéconomie élémentaire du tabac : plus son prix s'élève, moins forte est sa consommation (et réciproquement) -du moins à partir de la hausse du prix décidée par les pouvoirs publics au début des années 1990. Le tabac provoquant une des dépendances les plus &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Rational_scale_to_assess_the_harm_of_drugs_%28mean_physical_harm_and_mean_dependence%29.svg?uselang=en"&gt;fortes&lt;/a&gt; parmi toutes les drogues (seule l'héroïne en crée une significativement plus élevée), on peut même s'étonner de l'existence de la relation. Mais la microéconomie vaut même pour les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;junkies&lt;/span&gt;.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;La baisse de la consommation précède néanmoins l'augmentation du prix : entre 1975 et 1985, la consommation diminue faiblement (10%) sans que le prix relatif ne change, ce qui nous rappelle qu'il y a d'autres  facteurs à l'œuvre.  Toutefois, les hausses décidées par les pouvoirs publics à partir de la fin des années 1980 vont provoquer une baisse de la consommation, selon une relation linéaire, digne d'un schéma de microéconomie de 1ère année.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Svr00_03YfI/AAAAAAAAAPw/FBU4vptPdKk/s400/cigarette+1985.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5402899894307873266" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Au final, entre 1985 et 2008, une hausse de 200% du prix du tabac aura induit une diminution de moitié de la consommation. Ce qui est loin d'être négligeable pour une drogue à forte dépendance comme le tabac. Qui plus est, l'élasticité prix augmente : la hausse des prix a un effet aujourd'hui beaucoup plus fort qu'il y a 30 ans. En 2007, une hausse de 1% du prix provoquait même une baisse de la consommation de 2% !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Du moins, en apparence : car si l'on regarde en détail ce qui s'est passé depuis 2004, on voit se produire des choses étranges.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Svr01CqCuMI/AAAAAAAAAP4/OkERI5gHg84/s400/cigarette+2004.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5402899895067785410" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Entre 2003 et 2004, les pouvoirs publics ont décidé de l'augmentation la plus forte jamais réalisée du prix du tabac : 22%.  Cette hausse a complètement transformé le lien entre prix et consommation les années suivantes. Entre 2004 et 2006, la consommation baisse, alors que le prix baisse lui aussi. Puis, entre 2006 et 2008, on voit réapparaître une relation linéaire entre prix et consommation, mais située plus bas que la précédente et avec une "pente" moins élevée : pour tout niveau de prix, la consommation est plus faible et toute augmentation du prix provoque une baisse plus importante de la consommation qu'avant 2004.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que s'est-il passé ? La réponse est assez évidente : ces chiffres de consommation (dus à l'INSEE) sont faux. Cette baisse est une illusion statistique due, en partie, à l'usage de plus en plus généralisé de tabac importé illégalement en France. Selon une &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/10/01016-20091110ARTFIG00011-une-cigarette-sur-quatre-acheteea-l-etranger-.php#xtor=AL-5"&gt;étude douteuse&lt;/a&gt; due à un producteur, 1 cigarette sur 4 serait maintenant achetée à l'étranger. Si l'élasticité prix est aussi élevée, c'est tout simplement parce qu'une hausse des prix provoque maintenant à la fois une baisse de la consommation mais surtout un accroissement des importations illégales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais je suppose qu'il s'agit d'un autre enseignement de la microéconomie élémentaire : le coût du tabac est aujourd'hui si élevé que toute hausse rend plus rentable encore l'importation de cigarettes illégales, malgré des coûts de transaction prohibitifs&lt;a href="http://www.blogger.com/1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;__________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt; Qui plus est, on a vu se créer un double marché de la nicotine : à côté du marché de la cigarette est apparu un nouveau marché, celui de la nicotine "pure" sous la forme de "nicorettes" et autres substituts. Leur efficacité comme aide à l'arrêt semble très relative : on assiste à des consommations durables de ce genre de produits, parallèlement parfois à la cigarette. A tel point que Reynolds &lt;a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/11/le-fabricant-des-camels-est-pret-a-vendre-des-produits-antitabac_1265715_3234.html"&gt;envisage d'acheter&lt;/a&gt; un des leaders du secteur. C'est, de fait, un marché dont la croissance est inversement proportionnelle à celui des cigarettiers. Et on peut parier que la &lt;a href="http://www.lexpress.fr/actualite/economie/hausse-de-6-pourcent-du-prix-du-tabac_827112.html"&gt;dernière hausse&lt;/a&gt; va le relancer.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3774046850833405970?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3774046850833405970/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/11/la-microeconomie-elementaire-du-tabac.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3774046850833405970'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3774046850833405970'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/11/la-microeconomie-elementaire-du-tabac.html' title='La microéconomie élémentaire du tabac'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Svr00_03YfI/AAAAAAAAAPw/FBU4vptPdKk/s72-c/cigarette+1985.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-9120425857132457699</id><published>2009-11-05T16:23:00.005+01:00</published><updated>2010-02-16T13:48:55.273+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='histoire économique'/><title type='text'>La chute du Mur de Berlin, en un graphique et un lien</title><content type='html'>Le graphique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SvL1zTOnywI/AAAAAAAAAPY/XjaC2VhLmTM/s1600-h/pib+urss2.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SvL1zTOnywI/AAAAAAAAAPY/XjaC2VhLmTM/s400/pib+urss2.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5400649164854381314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;a href="http://www.opendemocracy.net/article/what-was-communism"&gt;lien&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-9120425857132457699?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/9120425857132457699/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/11/la-chute-du-mur-de-berlin-en-un.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/9120425857132457699'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/9120425857132457699'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/11/la-chute-du-mur-de-berlin-en-un.html' title='La chute du Mur de Berlin, en un graphique et un lien'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SvL1zTOnywI/AAAAAAAAAPY/XjaC2VhLmTM/s72-c/pib+urss2.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7063066234052776650</id><published>2009-10-20T16:15:00.002+02:00</published><updated>2009-10-20T20:32:24.298+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='inégalités'/><title type='text'>Pendant la crise, les bonus continuent</title><content type='html'>Alors que les économies occidentales traversent leur plus grave récession depuis 70 ans et que les États s'endettent à coup de milliards d'euro pour assurer la reprise, le secteur bancaire, qui est à l'origine de ce désastre, est redevenu en partie profitable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus étonnant encore, les bonus que les banques versent à leurs salariés les mieux payés, travaillant généralement dans les activités à risque à l'origine de la crise, sont en passe de &lt;a href="http://online.wsj.com/article/SB125547830510183749.html#articleTabs_article"&gt;dépasser&lt;/a&gt; les niveaux pourtant records de 2007 : ils seront d'approximativement 140 milliard de dollars aux États-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crise économique n'a donc rien changé à une tendance de fond : l'explosion des rémunérations dans le secteur financier, en partie grâce à ces bonus. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/St21FgxGxoI/AAAAAAAAAPA/YE4fpA3QWxk/s1600-h/salaire+finance.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/St21FgxGxoI/AAAAAAAAAPA/YE4fpA3QWxk/s400/salaire+finance.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5394667034959595138" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Une &lt;a href="http://www.docstoc.com/docs/5778178/Wages-and-Human-Capital-in-the-U-S-Financial"&gt;étude&lt;/a&gt; a montré que cette tendance était un produit de la libéralisation financière, et ne pouvait pas être entièrement expliquée par une modification des caractéristiques objectives des travailleurs dans le secteur financier, en particulier par l'augmentation de leur qualification relative. Une partie non négligeable (de 30 à 50%) de cette explosion correspond donc à une rente pure, que perçoivent ces salariés sur le reste de l'économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les bonus cette année se produisent dans des conditions telles qu'ils en choquent jusqu'à &lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.economist.com/businessfinance/displayStory.cfm?story_id=14678300"&gt;The Economist&lt;/a&gt; : même les banques qui perdent de l'argent les payent. Le secteur bancaire américain est, en effet, loin d'être sorti de la crise : de nombreux acteurs majeurs du secteur sont toujours déficitaires. En particulier, 4 des 10 banques d'affaire de Wall Street ayant distribué les bonus les plus importants ne seront pas rentables cette année, dont notamment Citigroup et Bank of America.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est cela qui choque &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Economist&lt;/span&gt; : alors que les actionnaires perdent de l'argent, les salariés les mieux payés perçoivent des bonus, censés récompenser leur performance. Autrement dit, quoiqu'il advienne, qu'il n'y ait ou non performance, les bonus sont là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout se passe donc comme si le capitalisme marchait sur sa tête : les actionnaires perdent de l'argent, notamment parce que leur entreprise paye des bonus considérables à des salariés totalement non performants. Et c'est bien ce que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Economist&lt;/span&gt; trouve insupportable, posant la bonne question : pourquoi les actionnaires ne disent rien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette situation folle, où les actionnaires se dépouillent pour garantir le train de vie des traders, plaide en faveur des réponses "sociologiques" à cette question. Dans ce type d'explications, dont Olivier Godechot donne la version la &lt;a href="http://olivier.godechot.free.fr/hopfichiers/Hold-up_in_Finance_Rfs_2008.pdf"&gt;plus sophistiquée&lt;/a&gt;, on assiste tout simplement à un "hold-up". Les traders s'approprient les actifs de leur banque (modèles mathématiques, équipes de collaborateurs, etc.) et sont capables de créer un rapport de force favorable en menaçant de la quitter avec ces actifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela nous rappelle que la question des inégalités économiques ne&lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-partage-de-la-valeur-ajoutee-2_11.html"&gt; se posent plus exclusivement&lt;/a&gt;, voire même principalement, en termes de partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail, mais bien au sein même du travail. Ici, les inégalités économiques considérables qui se créent opposent en effet les salariés entre eux : les salariés à très hautes rémunérations et les autres, qui ne peuvent opérer ce genre de "hold up".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela nous ramène surtout à une évidence : rien de fondamental n'a été changé dans le monde des activités financières. Il faut en effet être naïf pour croire que l'on peut arrêter un "hold-up" avec des &lt;a href="http://www.challenges.fr/depeches/entreprises/20090824.REU3871/les_banquiers_francais_prets_a_plus_de_concessions_sur_.html"&gt;codes de bonnes conduites&lt;/a&gt; et autres proclamations solennelles. En économie, l'éthique n'existe que lorsqu'elle s'incarne dans des structures d'incitation, qui font ici toujours totalement défaut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7063066234052776650?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7063066234052776650/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/10/pendant-la-crise-les-bonus-continuent.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7063066234052776650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7063066234052776650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/10/pendant-la-crise-les-bonus-continuent.html' title='Pendant la crise, les bonus continuent'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/St21FgxGxoI/AAAAAAAAAPA/YE4fpA3QWxk/s72-c/salaire+finance.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4340023924669641340</id><published>2009-10-14T15:58:00.010+02:00</published><updated>2010-02-22T04:39:26.426+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sociologie'/><title type='text'>Quelques réflexions sociologiques sur le "Prix Nobel" d'Economie</title><content type='html'>Le &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_de_la_Banque_de_Su%C3%A8de_en_sciences_%C3%A9conomiques_en_m%C3%A9moire_d%27Alfred_Nobel"&gt;"Prix Nobel" d'économie&lt;/a&gt; est, cette année, un &lt;a href="http://nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/2009/"&gt;excellent cru&lt;/a&gt;. Il récompense l'école institutionnaliste qui fut &lt;a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/2009/10/12/an-institutional-economics-prize/"&gt;dominante&lt;/a&gt; aux États-Unis avant guerre, et qui a retrouvé, à partir des années 1980, un dynamisme, notamment grâce aux travaux de Williamson. Les idées de Williamson, qui sont un développement de celles de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Coase"&gt;Coase&lt;/a&gt;, sont du genre de celles qui sont tout à la fois simples, évidentes une fois que quelqu'un les a émises, mais qui permettent de mieux penser une part importante du réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles ont permis à l'économie d'ouvrir véritablement la "boite noire" de l'entreprise, en donnant une réponse à la question suivante : pourquoi y-a-t-il des entreprises si le marché est un lieu de coordination optimal ? La réponse est qu'avoir recours au marché est parfois plus coûteux que de produire au sein d'une organisation hiérarchique : c'est la conséquence des "coûts de transaction" qu'implique le recours à un contrat avec un autre acteur sur un marché. Ces coûts tiennent par exemple au risque que le contrat ne soit pas exécuté, ou qu'il le soit mal. Si on produit soi même, ces risques cessent d'exister. Mais alors apparaissent de nouveaux coûts, liés à la gestion de l'organisation hiérarchique. Au final, ni la firme, ni le marché ne sont, en soi, la solution optimale pour produire : cela dépend de ce qu'il y a à produire, et de la situation, puisque c'est ce qui déterminera ce qui est le moins coûteux. Le travail de Williamson a consisté à préciser à quoi tenaient les coûts de recours au marché, et donc dans quelles situations les entreprises préféreront produire en interne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, plutôt que de poursuivre, en développant les œuvres des lauréats, ce que d'&lt;a href="http://obouba.over-blog.com/article-prix-nobel-2009-37499603.html"&gt;autres&lt;/a&gt; &lt;a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2009/10/12/1664-ostrom-et-williamson-prix-nobel-d-economie-2009"&gt;ont&lt;/a&gt; déjà &lt;a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2009/10/12/le-nobel-2009-ou-la-consecration-de-leconomie-institutionnelle/"&gt;fait&lt;/a&gt;, j'aimerais développer quelques réflexions, de nature sociologique, sur ce que signifie gagner un prix Nobel. Le "cru" de cette année possède, en effet, on va le voir, une riche portée sociologique. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les prix honorifiques ressortissent d'une forme particulière de rite de passage. Leur particularité sociologique est le nombre restreint de personne qui y accèdent : c'est cette rareté qui fondent leur valeur symbolique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contrairement à ce que l'on peut croire, le propre d'un rite honorifique, comme de tout rite de passage, n'est pas, essentiellement, de départager une "élite" de la masse d'une population : ici les "plus grands économistes" de l'ensemble, nombreux, des économistes. Bien entendu, un prix honorifique fait cela, et c'est ainsi que l'on y pense. Mais sociologiquement, il fait bien plus : il départage les membres d'un groupe qui peuvent, potentiellement, accéder à ce prix, même si il est très improbable qu'ils y parviennent, de ceux qui ne le pourront jamais, en aucune circonstance. En faisant cela, il donne une valeur symbolique supérieure, non seulement à ceux qui gagnent le prix, mais à tous ceux qui ne le gagneront jamais, mais qui pourraient en principe le faire. Il leur confère également, par ricochet, une "essence" sociale supérieure, puisque ce rite leur est potentiellement accessible. Au contraire, ce qui ne peuvent y accéder, sont, du simple fait que le prix existe, dévalorisés symboliquement. Un rite honorifique valorise donc non seulement les quelques individus qui y accèdent, mais l'ensemble du sous groupe auquel ces individus appartiennent, et dévalorise les individus des sous groupes auquel ils n'appartiennent pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, le groupe de référence est celui des chercheurs scientifiques, et plus particulièrement de ceux qui travaillent sur les sociétés humaines et leur fonctionnement. Le Prix Nobel, au sein de ce groupe, fait un partage entre une sous population "les économistes", parce que tous ses membres peuvent potentiellement le gagner, et, d'autre part, tous les autres chercheurs en sciences sociales, qui ne le pourront jamais. Les uns sont des "vrais" scientifiques, puisque leur discipline fait partie de celles qui sont dotées d'un prix Nobel. Les autres ne sont pas tout à fait scientifiques, puisqu'ils ne peuvent pas gagner de Nobel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est bien ainsi qu'il faut comprendre l'importance que revêt pour les économistes ce prix : il leur a permis de passer du bon côté, symboliquement valorisé, du rite de passage. On sait, bien sûr, que le "Prix Nobel" d'économie n'est pas un Prix Nobel, puisqu'il ne figure pas dans le testament fondateur d'Alfred Nobel et qu'il n'est pas décerné par l'Académie des sciences de Suède. Mais tout le monde l'oublie, pour le plus grand bonheur des économistes, qui n'aiment pas qu'on le leur rappelle, puisqu'il en va de leur valeur sociale. Au contraire, les sociologues vouent, collectivement, une vraie détestation à ce prix : le fait qu'ils ne puissent y accéder leur interdit toute valorisation symbolique : pire, cela les dévalorise, puisque cela souligne qu'ils ne sont pas &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vraiment&lt;/span&gt; des scientifiques -sinon ils auraient leur Nobel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est là que se situe la portée sociologique du prix de cette année : pour la première fois, il a été attribué à une femme (autre groupe jusque là exclu du rite) et à une politologue. Cela suscite cette &lt;a href="http://freakonomics.blogs.nytimes.com/2009/10/12/what-this-years-nobel-prize-in-economics-says-about-the-nobel-prize-in-economics/"&gt;réflexion&lt;/a&gt;, qui est une forme de sociologie sauvage, à &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Steven_Levitt"&gt;Steven Levitt&lt;/a&gt;. Commentant le fait que ce soit une politologue qui l'ait obtenu, il écrit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;So the short answer is that the economics profession is going to hate the prize going to Ostrom even more than Republicans hated the Peace prize going to Obama. Economists want this to be an economists’ prize (after all, economists are self-interested). This award demonstrates, in a way that no previous prize has, that the prize is moving toward a Nobel in Social Science, not a Nobel in economics.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lauréate de cette année change, en effet, la portée sociologique du prix : un politologue l'a gagné, c'est donc que la science politique est tout autant que l'économie une science -et, par conséquent, cela signifie que l'économie n'a pas de valeur supérieure au sein des sciences sociales. Les choses sont bien sûr plus complexes : un lauréat ne suffit pas à changer la nature d'un rite de passage. Seul le peut une modification durable de la population qui y accède. Qui plus est, tout rite a une dimension normative : il contraint de satisfaire les réquisits imposés pour le passer. Ici, ce sont ceux de la science économique "mainstream", dont Ostrom est, en effet, très proche. Plutôt que d'introduire les autres sciences sociales dans le champs de la réflexion économique, ce Nobel peut donc au contraire "économiciser" ces sciences sociales, en y valorisant les postulats, les méthodes et les problématiques de l'économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4340023924669641340?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4340023924669641340/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/10/quelques-reflexions-sociologiques-sur.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4340023924669641340'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4340023924669641340'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/10/quelques-reflexions-sociologiques-sur.html' title='Quelques réflexions sociologiques sur le &quot;Prix Nobel&quot; d&apos;Economie'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-6822556861674659299</id><published>2009-10-06T21:16:00.007+02:00</published><updated>2009-10-26T23:12:30.184+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dette publique'/><title type='text'>La France va-t-elle faire faillite ?</title><content type='html'>Hier, en regardant dans ma boite aux lettres, et en y trouvant, pour la première fois, un exemplaire promotionnel de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Valeurs Actuelles&lt;/span&gt;, je me suis dit que j'avais dû commettre une erreur grave dans ma vie, pour être ainsi inscrit dans le listing des clients potentiels de ce magazine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ma méditation sur mon existence fut brutalement interrompue par la lecture du titre de la couverture ("&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Déficits publics : l'explosion&lt;/span&gt;") et de cette &lt;a href="http://www.valeursactuelles.com/node/14890"&gt;affirmation&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;blockquote&gt;L’alerte est claire : sans une politique drastique d’austérité budgétaire, il y a désormais un vrai risque de faillite de l’État.&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;Je me suis immédiatement rasséréné : depuis qu'on nous l'annonce, l'apocalypse ne s'est pas produite et je &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-dette-de-la-france.html"&gt;ne doute pas des motivations politiques&lt;/a&gt; inhérentes à ce genre de propos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, d'un autre côté, il est exact que la crise actuelle se traduit par une forte augmentation de la dette publique. Au cours des seuls deux premiers trimestres de 2009, la dette publique a augmenté de 6 points de PIB, atteignant 74%. Elle sera probablement de 77% à la fin de l'année, contre 67% un an plus tôt.  Si l'on suit les dernières prévisions du FMI, la dette atteindra même 92,6% du PIB en 2014. Dans ces conditions, l'État français va-t-il faire faillite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réponse est : il n'y a pas le moindre risque que cela se produise. Avec un peu de chance, cet accroissement de l'endettement se produira même sans douleur. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un emprunteur fait faillite lorsqu'il n'est plus capable de faire face à ses engagements. Or, l'État a une propriété importante en tant qu'emprunteur, qui le différencie des emprunteurs privés : il peut se contenter de ne rembourser que les intérêts de sa dette et jamais le principal. Il est en effet éternel, et personne ne lui demande de rembourser à un moment donné la totalité de sa dette, de peur qu'il ne meure sans l'avoir payée. De fait, l'État français n'a pas remboursé le principal depuis plus de 30 ans. La vraie mesure de la capacité de l'État français à faire face à ses échéances est donc constituée par l'importance du paiements des intérêts en proportion de ses recettes : il y aura faillite le jour où l'État ne pourra plus financer ses dépenses, parce qu'une partie trop importante (mais difficile à déterminer précisément) de ses recettes passera dans le remboursement des intérêts échus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On en était très loin à l'époque (2006-2008) du &lt;a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2006/11/01/660-l-hysterie-de-la-dette-publique"&gt;débat hystérique&lt;/a&gt; sur la dette publique. A cette période, la proportion du paiements des intérêts  par rapport aux recettes des administrations publiques était même la plus faible depuis 20 ans : un peu plus de 5% en 2006. Ce qui représentait 2,6% du PIB.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SstypCN2lxI/AAAAAAAAAO4/xG2L2osWnmY/s1600-h/ratio+int%C3%A9ret2.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SstypCN2lxI/AAAAAAAAAO4/xG2L2osWnmY/s400/ratio+int%C3%A9ret2.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5389527428374107922" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;L'État français était très loin de la faillite, puisqu'il n'utilisait que 5,3% de ses recettes à honorer ses créanciers, soit 2,6% du PIB du pays. Il est vrai que ces 2,6% de PIB n'étaient pas consacrés à construire des écoles ou des hôpitaux, mais l'on voit immédiatement le poids certes non négligeable mais au final limité que ces paiements faisaient peser sur l'action publique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais qu'en sera-t-il en 2014, lorsque l'endettement représentera 92,6 % du PIB ? La réponse est que l'on ne peut savoir exactement, puisque cela sera fonction de l'évolution du taux d'intérêt auquel l'État se refinance, dont dépend le taux d'intérêt moyen qu'il paye sur sa dette. Le taux d'intérêt moyen sur la dette publique était en 2008 de 4,15 %. Depuis les taux d'intérêt sur les titres publics&lt;a href="http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/dette_etat_24/principaux_chiffres_70/sur_titres_158/index.html"&gt; ont nettement baissé &lt;/a&gt;: ils sont même très inférieurs à 4% si l'Etat emprunte pour moins de 20 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc raisonnable de faire l'hypothèse que l'État payera, en moyenne, environs 4% d'intérêt sur sa dette. Avec cette hypothèse, un calcul immédiat permet de constater qu'une augmentation de 25 points de PIB de la dette publique va se traduire par un accroissement de 1 point de PIB des paiements des intérêts de la dette (25 x 0.04).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sstw11xeCxI/AAAAAAAAAOo/GCeU8Di_mIA/s1600-h/dette+interet+pr%C3%A9visions.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sstw11xeCxI/AAAAAAAAAOo/GCeU8Di_mIA/s400/dette+interet+pr%C3%A9visions.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5389525449348877074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Au final, l'État français ne rentrera pas dans les territoires inconnus qui précèdent la faillite : le paiements des intérêts ne sera, proportionnellement au PIB, que très légèrement supérieur à son sommet historique de l'après guerre : 3,7 % en 2014 contre 3,6% en 1996. A l'époque, cela représentait 7,1 % des recettes publiques : pas exactement la situation d'un emprunteur qui s'apprêtent à faire faillite, ni même un poids insupportable pour l'action publique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La faillite paraît d'autant moins probable que, depuis 1996, les recettes publiques, proportionnellement au PIB, ont baissé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sstw2Tv65SI/AAAAAAAAAOw/4hLFVZJG3z4/s1600-h/recette+impot+pib.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sstw2Tv65SI/AAAAAAAAAOw/4hLFVZJG3z4/s400/recette+impot+pib.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5389525457395442978" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Entre 2006 et 2008 seulement, les recettes publiques ont baissé de 1 point de PIB : très exactement ce qu'il faudra trouver en plus pour payer les intérêts en 2014.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faudrait que le gouvernement augmente les prélèvements obligatoires. Gordon Brown l'a fait au Royaume-Uni, en faisant passer la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu de 40% à 50%. Obama s'apprête à le faire aux États-Unis. Pour la France, cette augmentation serait somme toute modérée : il suffirait de retrouver le niveau d'avant l'élection de N. Sarkozy. C'est dans ce sens que l'accroissement de l'endettement public peut se faire, avec un peu de chance, sans douleur : pour autant que N. Sarkozy revienne sur son bouclier fiscal, et pour autant que les taux d'intérêt n'augmentent pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première fragilité du scénario : l'évolution des taux. Si ceux-ci augmentent, le paiements des intérêts peut devenir véritablement important. Si l'on fait l'hypothèse légèrement moins optimiste d'un taux moyen de 4,5% au lieu de 4%, le paiements des intérêts représentent une part nettement plus significative des recettes -même si on est toujours loin de la faillite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le vrai risque est ailleurs : si N. Sarkozy accroit les prélèvements obligatoires, il en sera fini de la &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_TEPA"&gt;loi TEPA&lt;/a&gt;, et de l'objectif fondamental de la majeure partie de la droite française : la baisse des impôts. Plus : cela constituerait une grave défaite politique pour Sarkozy qui a identifié son action à cette baisse. C'est pourtant très exactement ce que demande la logique économique, qui a toujours conduit à des hausses d'impôts après un accroissement de l'endettement dû à des circonstances exceptionnelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc à craindre qu'une toute autre voie ne soit choisie : la réduction des dépenses publiques, hors paiements des intérêts. En appelant à une "politique drastique d’austérité budgétaire", c'est très exactement ce que demande &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Valeurs actuelles&lt;/span&gt;, dont les lecteurs ne sont pas prêts d'accepter de se passer du bouclier fiscal, au moment même où on leur enlève les paradis fiscaux. En attendant, il ne me reste plus qu'à espérer que le magazine mène une "politique drastique d'austérité de son budget publicitaire" et me raye de ses listings.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-6822556861674659299?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/6822556861674659299/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/10/la-france-va-t-elle-faire-faillite.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6822556861674659299'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6822556861674659299'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/10/la-france-va-t-elle-faire-faillite.html' title='La France va-t-elle faire faillite ?'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SstypCN2lxI/AAAAAAAAAO4/xG2L2osWnmY/s72-c/ratio+int%C3%A9ret2.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4789697514983644808</id><published>2009-09-30T21:47:00.014+02:00</published><updated>2010-02-16T13:49:06.508+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='histoire économique'/><title type='text'>Les causes économiques de la défaite allemande</title><content type='html'>Un récent &lt;a href="http://programmes.france2.fr/apocalypse-seconde-guerre-mondiale/Home"&gt;documentaire télévisé&lt;/a&gt; sur la Seconde Guerre mondiale a rencontré un vif succès populaire et &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Apocalypse,_la_2e_Guerre_mondiale"&gt;critique&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me semble pourtant que, comme beaucoup de documentaires populaires, il a négligé la dimension économique du conflit, dont il a, par ailleurs, véhiculé une image fausse. Cette image implicite tient dans la figure d'&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Speer"&gt;Albert Speer&lt;/a&gt;, qui a dirigé le Ministère des armements et de la production de guerre à partir de 1942, et qui apparaît comme l'incarnation tout à la fois de la dévotion à Hitler et de l'efficacité de l'appareil nazi. Derrière Albert Speer se cache un stéréotype : celui d'un peuple allemand ordonné et efficace, particulièrement dans le domaine économique, particulièrement sous une dictature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n'est pourtant plus faux : l'Allemagne a en grande partie perdu la guerre par inefficacité économique. La Seconde Guerre mondiale, plus que la Première, fut une guerre industrielle : la remporter supposait de disposer de plus d'armements -produits industriels- que l'adversaire, et donc d'en produire davantage. A ce jeu, l'Allemagne fut plus que médiocre : elle fut presque nulle, surtout en comparaison avec les États-Unis. L'Allemagne n'est en effet parvenu que mal et très tard à mettre en place une véritable économie de guerre. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fut, tout d'abord, incapable d'accroitre le volume global de sa production économique dans le cadre de la mobilisation totale qu'impliquait la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SsO7d_FTw3I/AAAAAAAAAOQ/y_FjphYLvfE/s1600-h/production+seconde+guerre.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SsO7d_FTw3I/AAAAAAAAAOQ/y_FjphYLvfE/s400/production+seconde+guerre.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5387355703089546098" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;A part l'Union soviétique, elle fut de tous les belligérants celui qui fut le moins capable d'accroitre sa production économique. Entre 1939 et 1944, les États-Unis accomplissent un quasi exploit économique : ils doublent leur production économique -ce qui implique habituellement des décennies de croissance. L'Allemagne n'augmente que d'à peine plus de 10% sa production, malgré les réquisitions considérables en hommes et en capital opérées sur les pays conquis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il y a plus : la mobilisation économique totale qu'implique la guerre ne suppose pas seulement d'accroitre le volume de la production, elle impose également de transformer la production civile existante en production de guerre : par exemple, d'utiliser tout l'acier disponible pour fabriquer des avions et non des voitures et de transformer les usines d'automobile en usines de tanks. Il va s'en dire que ce genre de mesures n'est populaire ni parmi les industriels, qui passent sous le contrôle de l'État, ni parmi la population qui subit alors le rationnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là encore, la performance américaine est exceptionnelle : une part essentielle du doublement de la production fut consacrée à l'industrie de guerre. En 1944, sur un PIB de 182 milliards de dollars, 96 étaient consacrés aux dépenses militaires de l'État. Les États-Unis produisirent ainsi 86 338 tanks, 297 000 avions, 17.4 millions de fusils et 64 500 navires en 4 années de guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de tel en Allemagne : les dirigeants allemands furent longtemps incapables d'utiliser vers des finalités militaires les ressources économiques jusque là employées pour satisfaire des besoins civils. La lenteur de cette reconversion peut être évoquée par un chiffre : entre février et mars 1944, la production d'avion de combat a augmenté de 48%. C'est dire le potentiel de reconversion des ressources qui existait encore en Allemagne presque un an avant la défaite. Cette reconversion fut, de fait, tardive et insuffisante : elle ne débute vraiment qu'à la fin 1942, lorsque Speer arrive au pouvoir, et que l'Allemagne subit ses premières défaites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment expliquer cette mauvaise performance ? &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Kenneth_Galbraith"&gt;Galbraith&lt;/a&gt;, le célèbre économiste hétérodoxe, nous en donne quelques clés dans son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Voyage dans le temps économique&lt;/span&gt;. Chose peu connue, il fut chargé par le gouvernement américain d'évaluer la performance économique allemande, après avoir joué un rôle important dans la mise en place de l'économie de guerre aux États-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première cause, paradoxale : les Allemands ont été victimes de la bonne santé de leur économie avant la guerre. L'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933 coïncide en effet avec une reprise économique, qui a presque épargné à l'Allemagne la crise de 1929. Rien de tel aux États-Unis : en 1939 leur production économique retrouve à peine son niveau de 1929. En Allemagne, elle est en 1939 supérieure de 50% à 1929.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SsO7eN1_4yI/AAAAAAAAAOY/LhDFJEnObIs/s1600-h/production+seconde+guerre2.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SsO7eN1_4yI/AAAAAAAAAOY/LhDFJEnObIs/s400/production+seconde+guerre2.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5387355707051860770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;En 1939, les États-Unis ne sont, en fait, pas encore sortis de la crise : le chômage est de 17% et il existe d'énormes capacités industrielles inemployées. Il leur sera donc simple de mobiliser ces ressources économiques considérables mais inutilisées à des fins militaires : de fait, 5 ans plus tard, le chômage n'existe plus (1%) aux États-Unis. L'effort de guerre aura ainsi sorti les États-Unis de la récession, tout en leur assurant la victoire : c'est la "preuve par Mars" (Galbraith) de l'efficacité de la politique de relance keynésienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de tel en Allemagne : l'économie tourne déjà à plein en 1939, utilisant toutes les ressources en hommes et en capital disponibles. Tout accroissement de la production militaire implique donc de diminuer la production civile : et cela, comme on l'a vu, est toujours difficile, parce qu'impopulaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela implique, d'autre part, des talents d'organisation dont étaient dépourvus la structure de commandement nazi, et les hommes qui était à sa tête -à la différence des États-Unis, où les meilleurs économistes de la planète furent employés à cette tache.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle est l'autre cause profonde de l'échec économique allemand : le chaos régnait dans cette structure, et comme le notait Harendt, l'idéologie y était si forte qu'à un an de la défaite, on préférait envoyer un million de juifs hongrois à la mort plutôt que de les utiliser comme main d'œuvre dans des usines d'armement. Le commandement allemand était plus qu'incompétent : il était irrationnel. Et c'est ce qui a sauvé le monde.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4789697514983644808?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4789697514983644808/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/les-causes-economiques-de-la-defaite.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4789697514983644808'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4789697514983644808'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/les-causes-economiques-de-la-defaite.html' title='Les causes économiques de la défaite allemande'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SsO7d_FTw3I/AAAAAAAAAOQ/y_FjphYLvfE/s72-c/production+seconde+guerre.png' height='72' width='72'/><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-1225850691386210505</id><published>2009-09-24T23:50:00.009+02:00</published><updated>2009-09-28T22:18:48.632+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='wikipédia'/><title type='text'>La fin de Wikipédia (III)</title><content type='html'>Le nombre de nouveaux contributeurs &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-i.html"&gt;diminue&lt;/a&gt; aujourd'hui fortement, tandis que celui de contributeurs réguliers&lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii.html"&gt; stagne&lt;/a&gt;. Dans l'ensemble, le nombre de contributeurs a suivi la forme suivante (dite  &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonction_logistique_%28Verhulst%29"&gt;logistique&lt;/a&gt;) : croissance exponentielle, puis freinage de plus en plus fort de celle-ci, jusqu'à un niveau maximum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, les contributeurs sont sur Wikipédia pour écrire des articles. On pourrait donc penser que le nombre d'articles suit une croissance du même type que celui du nombre des contributeurs : une croissance d'abord exponentielle, puis de plus en plus faible, jusqu'à devenir nulle. On atteindrait alors le nombre maximal d'articles possibles, représentant la somme de connaissances que l'on peut écrire sur le monde dans le cadre de Wikipédia en français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette croissance serait le produit de trois mécanismes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Plus il y a d'articles, plus viennent de nouveaux contributeurs. Plus il y a de contributeurs, plus il y a de nouveaux articles, etc. Ce mécanismes est à l'origine de la croissance exponentielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) Mais plus il y a de contributeurs, moins il y a de nouvelles personnes disponibles pour contribuer à Wikipédia dans les conditions que fixe l'encyclopédie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) Et moins il y a de nouveaux articles potentiellement encore à créer, et moins il y a de contenus modifiables, puisque les connaissances des contributeurs qui sont disposés à contribuer sur Wikipédia sont bornées, de même que le sont les connaissances humaines. Ces deux derniers mécanismes freinent la croissance du nombre d'articles, jusqu'à un maximum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or comme on peut le constater, ce n'est pas ce qui s'est passé. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvM7eVo0OI/AAAAAAAAANw/F4UFLVaRvYk/s1600-h/nombre+article+francais.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvM7eVo0OI/AAAAAAAAANw/F4UFLVaRvYk/s400/nombre+article+francais.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385123101579727074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le nombre d'article a bien suivi une courbe logistique l'essentiel de l'existence de Wikipédia, mais à partir de la fin 2007, la croissance du nombre d'article  a certes diminué, mais moins vite que le supposerait un modèle logistique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On comprend mieux ce qui s'est passé, si l'on s'intéresse au nombre de nouveaux articles par mois :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvM7vQAD5I/AAAAAAAAAN4/twmAwrjMbHk/s1600-h/nouveaux+articles+francais.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvM7vQAD5I/AAAAAAAAAN4/twmAwrjMbHk/s400/nouveaux+articles+francais.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385123106119487378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme on peut le voir, ce nombre suit assez étroitement ce que prédit le modèle logistique jusqu'en 2007. Puis, au lieu de continuer à diminuer, le nombre de nouveaux articles stagne, à un niveau relativement proche du sommet historique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est exactement la même chose qui s'est produite pour le nombre d'éditions par mois sur l'encyclopédie, selon une temporalité identique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvM8QuZF5I/AAAAAAAAAOA/doXEU85TtnE/s1600-h/nombre+d%27edit.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvM8QuZF5I/AAAAAAAAAOA/doXEU85TtnE/s400/nombre+d%27edit.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385123115105326994" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Par conséquent, les mécanismes de freinage n'ont pas joué à plein. Que s'est-il passé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, s'il est exact que le nombre de nouveaux contributeurs baisse très fortement, le nombre de contributeurs réguliers lui stagne, les arrivées compensant les départs. Il y a donc un nombre à peu près constant de contributeurs sur Wikipédia. Le nombre d'éditions n'a donc certes plus de raison d'augmenter, mais il n'en a pas non plus de baisser. Il stagne -comme le nombre de contributeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxièmement, ces contributeurs continuent grosso modo à créer une quantité à peu près constante de contenu, même si l'on pressent une légère baisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvQQm54tsI/AAAAAAAAAOI/CtxWmmP89fI/s1600-h/nombre+d%27edit+fonction+editeurs.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvQQm54tsI/AAAAAAAAAOI/CtxWmmP89fI/s400/nombre+d%27edit+fonction+editeurs.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385126763191383746" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;C'est par exemple ce que montre le nombre d'éditions par mois en fonction du nombre d'éditeurs actifs. Pourquoi ? Parce que, malgré son presqu'un million d'articles, Wikipédia en français est loin d'avoir fait le tour de l'ensemble des connaissances humaines, comme le prouve d'ailleurs la version anglophone qui possède trois fois plus d'articles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais surtout parce que le contenu de connaissance n'est pas fixe : aussi limitées que soient les compétences des contributeurs de Wikipédia, il y aura toujours suffisamment du nouveau pour que l'encyclopédie grandisse. Comme le notait Max Weber  &lt;a href="1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote style="font-style: italic;"&gt;Il y a des sciences auxquelles il a été donné de rester éternellement jeunes. C'est le cas de toutes les disciplines historiques, de toutes celles à qui le flux éternellement mouvant de la civilisation procure sans cesse de nouveaux problèmes.&lt;/blockquote&gt;De ce point de vue, il a été donné à Wikipédia de rester éternellement jeune. On peut donc prédire une diminution progressive du nombre de nouveaux articles et d'éditions au fur et à mesure que s'épuisent les sujets que peuvent traiter les contributeurs de Wikipédia, et parce que les arrivées de nouveaux contributeurs, en nombre plus faibles, ne compenseront plus les départs. Mais ce niveau ne sera jamais nul, étant donné la gamme extrêmement large de sujets dont traite Wikipédia, dont certains connaissent ce "flux éternellement mouvant" qu'évoque Weber.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'en demeure pas moins que la Wikipédia des débuts est en train de finir : l'encyclopédie fait face à de nouveaux défis. Le monde de la croissance exponentielle est achevé. Il ne s'agit plus de structurer une encyclopédie connaissant un développement très rapide de son contenu et de ses acteurs. Il s'agit au contraire de limiter la diminution probable dans le futur du nombre de contributeurs réguliers, et d'assurer au moins autant l'entretien des contenus que leur développement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;____________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:7;" &gt; Dans le premier de ses &lt;span style="font-style:normal;"&gt;Essais sur la théorie de la science&lt;/span&gt; disponible &lt;a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/Weber/essais_theorie_science/essais_theorie_science.html"&gt;ici&lt;/a&gt;, page 153 de la version PDF.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-1225850691386210505?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/1225850691386210505/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/la-fin-de-wikipedia-iii.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1225850691386210505'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1225850691386210505'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/la-fin-de-wikipedia-iii.html' title='La fin de Wikipédia (III)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SrvM7eVo0OI/AAAAAAAAANw/F4UFLVaRvYk/s72-c/nombre+article+francais.png' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-307396996733245456</id><published>2009-09-21T02:18:00.005+02:00</published><updated>2009-09-21T11:29:36.356+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='développement durable'/><title type='text'>La crise sauve la planète</title><content type='html'>Le titre est un peu excessif : disons plutôt que pour la première fois depuis 1981, la pollution atmosphérique va baisser cette année. La baisse est même la plus importante depuis 40 ans, selon une étude de l'&lt;a href="http://www.iea.org/journalists/headlines.asp"&gt;International Energy Agency&lt;/a&gt;. Comme l'&lt;a href="http://www.ft.com/cms/s/0/a0f0331c-a611-11de-8c92-00144feabdc0.html"&gt;indique&lt;/a&gt; un article du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Financial Times&lt;/span&gt; qui relate cette dernière : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;The recession has resulted in an unparalleled fall in greenhouse gas emissions, providing a “unique opportunity” to move the world away from high-carbon growth, an International Energy Agency study has found.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;In the first big study of the impact of the recession on climate change, the IEA found that CO2 emissions from burning fossil fuels had undergone “a significant decline” this year – further than in any year in the last 40&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'une certaine façon, on peut donc dire que la crise aura fait la preuve que la décroissance fonctionne. Et même que, jusqu'à preuve du contraire, c'est la seule chose qui fonctionne, toutes les autres stratégies n'ayant pour l'instant pas eu le moindre effet significatif, du Protocole de Kyoto aux vertus auto-correctrices du marché. D'un autre côté, il n'est pas certain que ses partisans doivent se réjouir de la nouvelle : la récession a donné un visage tangible à la "décroissance", et ce visage est &lt;a href="http://www.lesechos.fr/info/inter/020138451568.htm"&gt;grimaçant&lt;/a&gt;. Je suis même prêt à parier qu'ils seront les ultimes victimes de la récession, tant la crise aura montré à quel point les équilibres sociaux de nos sociétés sont structurés par la croissance économique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-307396996733245456?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/307396996733245456/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/la-crise-sauve-la-planete.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/307396996733245456'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/307396996733245456'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/la-crise-sauve-la-planete.html' title='La crise sauve la planète'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-9205316336177831667</id><published>2009-09-17T14:16:00.005+02:00</published><updated>2009-09-21T11:27:56.111+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='(mal)journalisme'/><title type='text'>Lucidité tardive au Monde</title><content type='html'>Les lecteurs de ce blog se souviennent sans doute de mon énervement considérable face à la désinformation systématique qu'avait opéré &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; dans le traitement du mouvement universitaire de l'année dernière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une journaliste était particulièrement en pointe, Catherine Rollot ; et un de ses arguments avait particulièrement retenu mon attention, parce qu'il reposait sur une erreur méthodologique élémentaire. Selon cet argument, les mouvements universitaires des années précédentes avaient fait perdre des étudiants aux universités et celui en cours allait achever de les faire déserter. C. Rollot &lt;a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/22/universites-radiographie-d-un-conflit_1183746_3224.html#ens_id=1183758"&gt;écrivait&lt;/a&gt; notamment : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;[Du côté des universitaires], les blessés se comptent aussi. L'image de l'université en a pâti. Le premier bilan des demandes d'inscription dans l'enseignement supérieur en Ile-de-France est mauvais ; seuls 27,6 % des lycéens franciliens ont placé l'université en premier choix. C'est très peu quand on sait qu'au final, en septembre, sept bacheliers sur dix vont s'asseoir sur ses bancs.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette affirmation était du n'importe quoi au dernier degré, comme je l'indiquais &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-je-ne-regrette-rien-du-monde.html"&gt;ici&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et que peut-on lire aujourd'hui dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; ? &lt;span class="fullpost"&gt;Surprise, surprise : un article dont le titre est : "&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/17/universites-stabilite-des-inscriptions_1241530_3224.html"&gt;Après la contestation du printemps, les étudiants ne désertent pas les universités&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;". On peut notamment y apprendre que selon l'"entourage" du Ministre : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Après le mouvement qui a perturbé un certain nombre d'établissements au début de l'année, il n'y pas eu d'évitement des universités par les bacheliers.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut se rassurer : l'article n'est pas signé par Catherine Rollot. Il est néanmoins révélateur de la même limite du travail journalistique : la dépendance structurale à l'égard des sources primaires. C'était manifestement l'"entourage" de la Ministre qui avait inventé l'argument que reprenait C. Rollot (qui d'autre aurait pu lui fournir ses chiffres ?). Et c'est encore celui-ci dont les propos sont rapportés aujourd'hui sans analyse complémentaire. Cette dépendance est multiple : rapport d'échange qui implique de satisfaire la source en lui donnant au moins pour partie ce qu'elle attend ; proximité sociale et professionnelle qui devient proximité intellectuelle ; travail bâclé où l'on cite la source la plus prestigieuse, et de manière moindre une source contradictoire, pour former cet équilibre des points de vue auquel tend à se réduire la "neutralité" journalistique, au mépris du travail d'enquête par soi même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce point de vue, la parole de "l'entourage" du Ministre est une parole forte, capable de définir la problématique du débat public -ne serait-ce que parce qu'il possède un monopole au moins temporaire sur les données statistiques, qui lui permet d'affirmer des choses fausses, mais face auxquelles tout le monde doit réagir. Ce jeu ne fonctionne bien sûr que pour autant que les journalistes relaient ces affirmations, sans en opérer une analyse préalable, qui était, dans le cas présent, dévastatrice.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-9205316336177831667?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/9205316336177831667/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/lucidite-tardive-au-monde.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/9205316336177831667'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/9205316336177831667'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/lucidite-tardive-au-monde.html' title='Lucidité tardive au &lt;span style=&quot;font-style:italic;&quot;&gt;Monde&lt;/span&gt;'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-8036545791743041248</id><published>2009-09-14T02:37:00.013+02:00</published><updated>2010-05-02T01:58:28.449+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sociologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='travail'/><title type='text'>France Telecom, la croyance et le suicide</title><content type='html'>On meurt beaucoup chez France Telecom, et de mort volontaire. &lt;a href="http://www.liberation.fr/economie/0101590571-suicides-a-france-telecom-le-gouvernement-s-en-mele"&gt;22 personnes s'y sont&lt;/a&gt;, depuis un an et demi, suicidés, soit approximativement 15 par an. Nul ne doute qu'il faille voir là un effet d'un management brutal, symbole de la difficulté qu'a eu la France à mettre en place un système post-fordien efficace -et efficace parce que respectant les salariés tout en se fondant sur l'intensification de leur travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème est que cela est factuellement faux. Le taux de suicide à FT est conforme à ce qu'il doit être statistiquement. Le taux de suicide en France est, en effet, de 17,8 pour 100 000 habitants par an (&lt;a href="http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er488/er488.pdf"&gt;en 2002&lt;/a&gt;). Sur la tranche des 25-65 ans, il est légèrement plus élevé, aux alentours de 23. Cette tranche correspond à celle des travailleurs chez FT. Or, France Telecom &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/France_T%C3%A9l%C3%A9com#Les_effectifs"&gt;compte 106 000 salariés&lt;/a&gt; en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé, on a donc :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France : 17 suicides pour 100 000 habitants ; 23 pour les 25-65 ans.&lt;br /&gt;Chez France Telecom : 15 suicides pour 106 000 salariés (essentiellement des 25-65 ans).&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inutile de faire un test statistique sophistiqué pour comprendre que le nombre de suicides n'a rien d'exceptionnel chez FT : il est même un peu plus faible que celui auquel on pourrait s'attendre &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/france-telecom-la-croyance-et-le.html#1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faisant observer la chose dans un commentaire sur le blog, généralement bien informé, des &lt;a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2009/09/12/1630-quand-les-desordres-du-travail-deviennent-mort-des-travailleurs#co"&gt;éconoclastes&lt;/a&gt;, un des deux auteurs du site me concède une grande part de mon argument, mais note : "le taux de suicide national est élevé chez les adolescents et les personnes âgées, relativement faible chez les personnes d'âge actif, il est donc relativement élevé chez FT". On vient de voir que le taux de suicide chez FT est plus faible que celui de la classe d'âge à laquelle appartiennent ses salariés. L'objection ne tient donc pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant ce n'est pas ce qui m'intéresse dans cette objection, mais l'affirmation selon laquelle "le taux de suicide est élevé chez les adolescents". C'est une croyance fortement enracinée. Elle est toutefois absolument fausse. Comme on le sait depuis &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Suicide"&gt;Durkheim&lt;/a&gt;, il y a 112 ans : le taux de suicide est une fonction croissante de l'âge. Le moment où l'on se suicide le moins est précisément l'enfance et l'adolescence. Puis ce taux augmente, pour bondir au début de la soixantaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a donc affaire à deux croyances, l'une circonstancielle (on se suicide beaucoup chez France Telecom) ; l'autre durable (les ado se suicident énormément). Tout l'intérêt de ces croyances est qu'elles sont le produit probable d'une même cause : la difficulté à penser statistiquement le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un nombre important de sociologues refusent de reprendre à leur compte les analyses sociologiques classiques des croyances, qui les rattachent à l'irrationalité des acteurs ou aux intérêts que servent ces croyances. En France, c'est notamment le cas de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Boudon"&gt;Raymond Boudon&lt;/a&gt;, et d'un de ses élèves, &lt;a href="http://www.puf.com/wiki/Autres_Collections:L%27empire_des_croyances"&gt;Gerald&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.puf.com/wiki/Autres_Collections:L%27empire_de_l%27erreur"&gt;Bronner&lt;/a&gt;. Pour Bronner, en particulier, les croyances résultent toujours d'une limite dans l'accès à la connaissance : si l'acteur connaissait toutes les informations pertinentes, il ne croirait pas. Mais se dressent devant lui toute une série de limites dans cet accès. L'une d'entre elles, nous dit Bronner, est constituée par les limites cognitives que pose notre cerveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cas de la croyance dans le suicide des ado relève typiquement de cela. Elle résulte très probablement du phénomène suivant : les ado sont ceux qui se suicident le moins. Mais ce sont également ceux qui meurent le moins. Au final, lorsqu'un adolescent meurt -ce qui se produit rarement- c'est souvent parce qu'il s'est suicidé : 14% des morts entre 15 et 25 ans sont le produit d'un suicide (ce qui constitue à cet âge la seconde cause de mortalité après les accidents de transport). Au contraire, les plus de 60 ans, qui se suicident 3 à 4 fois plus que les 15-25 ans, meurent très souvent, et le plus souvent d'une autre cause que le suicide. Il est donc proportionnellement rare d'observer, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;parmi les décès&lt;/span&gt; des plus de 60 ans, des suicides alors que c'est extrêmement courant pour les adolescents. Cela donne probablement le sentiment que les adolescents se suicident beaucoup, alors que c'est l'inverse qui est exact. La croyance nait donc d'une difficulté cognitive : celle qui consiste à s'interroger face à un ratio (le nombre de suicide parmi les décès), qui est le seul auquel on accède spontanément, sur son dénominateur (le nombre de morts très faible) autant que sur son numérateur. Il faut, pour cela, procéder à un raisonnement qui n'est pas intuitif, mais appris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une difficulté cognitive très semblable que pose le cas de France Telecom : là encore, il faut interroger la première impression qui résulte du numérateur (le nombre important de suicides) en la rapportant au dénominateur (le nombre très élevé de salariés chez France Telecom) puis croiser ce résultat avec une nouvelle donnée, qui n'est pas immédiatement accessible, le taux de suicide en France parmi les 25-65 ans. On voit comment s'enchaînent difficulté cognitive et difficulté dans l'accès à l'information.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne crois pas un seul instant que ce type d'explication épuise l'analyse des causes des croyances. Dans le cas de FT, la croyance naît certainement de cette difficulté que nous avons à penser spontanément en statisticien. Mais elle s'épanouit probablement pour d'autres raisons. En particulier, parce que cette croyance parle de notre monde professionnel selon une problématique qui est généralement évacuée de l'espace public et médiatique, alors même qu'elle est intensément vécue par de nombreux Français : celle de la souffrance au travail. Cette croyance en semble donc d'autant plus vraisemblable. Plus que cela, elle en apparaît d'autant plus bonne à dire et à répéter en raison de la part de réalité qu'elle révèle publiquement et qui est ordinairement celée &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/france-telecom-la-croyance-et-le.html#2"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;______________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:10px;" &gt;Je ne m'avance pas plus que de raison : le taux de suicide des femmes est beaucoup plus faible que celui des hommes -le taux de suicide d'une population est donc une moyenne qui masque une distribution hétérogène entre les sexes. Pour être assuré que tout cela révèle ou ne révèle pas quelque chose, il faudrait donc d'abord connaître le ratio homme/femme chez FT, que j'ignore. Mais peu importe : mon argument est précisément que personne ne s'est posé la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="2"&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:10px;" &gt; D'autant plus que si le nombre de suicides chez France Telecom n'a rien d'exceptionnel, il est par contre vrai que le taux de suicide est élevé en France, et plus encore que le taux de suicide a fortement augmenté chez les 25-45 ans récemment, le taux de suicide étant maintenant supérieur à 40 ans qu'à 60 -ce qui ne s'était jamais vu. Louis Chauvel a &lt;a href="http://louis.chauvel.free.fr/Suicjnps.pdf"&gt;analysé brillamment&lt;/a&gt; ce que ces transformations devaient et révélaient de l'insertion des 25-45 ans dans le monde social et professionnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-8036545791743041248?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/8036545791743041248/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/france-telecom-la-croyance-et-le.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8036545791743041248'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8036545791743041248'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/france-telecom-la-croyance-et-le.html' title='France Telecom, la croyance et le suicide'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-6697863612306621840</id><published>2009-07-15T08:01:00.004+02:00</published><updated>2009-09-15T18:08:19.540+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='wikipédia'/><title type='text'>La fin de Wikipédia (II) (annexe)</title><content type='html'>Annexe du post &lt;a style="font-style: italic;" href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii.html"&gt;La fin de Wikipédia (II)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;Un lecteur se demande si les processus que j'ai mis en avant se retrouvent pour des versions linguistiques de l'encyclopédie 1) où le réservoir démographique va croitre, comme c'est le cas pour la version espagnole (pays d'Amérique latine possédant encore de faibles capacités en matière de connection internet) et 2) pour les langues possédant peu de locuteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réponse est, fondamentalement, oui : on retrouve ces processus, avec des variantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Ainsi, la version en espagnol de Wikipédia a connu une croissance de son nombre d'utilisateur très proche de la version française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nzalf8LI/AAAAAAAAANQ/QPWkSSRnoQI/s1600-h/nombre+total+de+contributeurs+espagnol.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nzalf8LI/AAAAAAAAANQ/QPWkSSRnoQI/s400/nombre+total+de+contributeurs+espagnol.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358694002136707250" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Une différence se dégage toutefois : la croissance du nombre d'utilisateurs a été, longtemps, beaucoup plus lente que pour la version française. Elle est presque nulle pendant deux ans.  Par conséquent, le point d'inflexion (moment où le nombre de nouveaux contributeurs par mois diminue) dans la croissance du nombre de contributeurs a été décalé par rapport à la version française d'approximativement un an.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut, peut être, rattacher cette croissance initialement plus faible au relatif retard en matière de connexion internet d'une partie de la population hispanophone. Mais je vois bien d'autres causes possibles, notamment parce WK esp partage cette propriété avec une wikipédia à faible population (suédois, cf. infra).&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nzhoWGKI/AAAAAAAAANY/FHNjCvdmQT0/s1600-h/nouveaux+contributeurs+espagnol.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nzhoWGKI/AAAAAAAAANY/FHNjCvdmQT0/s400/nouveaux+contributeurs+espagnol.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358694004027693218" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La croissance du nombre de contributeurs très actifs est, de la même façon, très semblable à celle de la version française, avec un décalage d'approximativement un an, conforme au décalage de la croissance du nombre total de contributeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3n0IRYFOI/AAAAAAAAANo/V47HI5Yt1ko/s1600-h/contributeurs+actifs+espagnol.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3n0IRYFOI/AAAAAAAAANo/V47HI5Yt1ko/s400/contributeurs+actifs+espagnol.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358694014400337122" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Il me semble toutefois que ces graphiques n'épuisent pas la suite possible de la croissance de Wikipédia en espagnol. La population hispanophone en Amérique latine dépourvue de connexion internet est encore considérable : peut être peut on envisager un rebond dans l'avenir du nombre de contributeurs, à proportion de l'amélioration de l'accès à internet ? C'est nécessairement un processus long,  et qui ne peut encore se constater.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois toutefois qu'il faut le nuancer : la connexion à internet ne fait pas tout. Le capital culturel qui fournit la compétence indispensable à l'édition de contenu est tout autant indispensable. Or, on peut penser que, parmi la population hispanophone, ceux qui disposent du capital culturel adéquat disposent déjà, pour la plupart, d'une connexion. Si c'est le cas, la croissance de la population de contributeurs dépendra de l'amélioration de la scolarisation et du capital culturel parmi les populations hispanophes. Ce processus est temporellement encore plus long, mais il peut conduire à une "longue traine" dans la croissance de contributeurs sur Wikipédia en espagnol. La version française fait face, à un degré moindre, à la même problématique, avec les francophones d'Afrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) Pas de différence majeure dans la croissance de Wikipédia en suédois, exemple de version avec une petite communauté linguistique. On constate, comme pour la version espagnole, que la croissance est initialement beaucoup plus lente. La principale différence est que le taux de croissance du nombre de contributeurs est plus faible que sur les "grosses" Wikipédia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nzJhrGpI/AAAAAAAAANI/Jgegf9VdbMU/s1600-h/nombre+total+de+contributeurs+suedois.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nzJhrGpI/AAAAAAAAANI/Jgegf9VdbMU/s400/nombre+total+de+contributeurs+suedois.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358693997557258898" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nz_BoxFI/AAAAAAAAANg/KQBueCXMCQc/s1600-h/nouveaux+contributeurs+su%C3%A9dois.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nz_BoxFI/AAAAAAAAANg/KQBueCXMCQc/s400/nouveaux+contributeurs+su%C3%A9dois.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358694011918402642" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-6697863612306621840?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/6697863612306621840/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii-annexe.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6697863612306621840'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6697863612306621840'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii-annexe.html' title='La fin de Wikipédia (II) (annexe)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl3nzalf8LI/AAAAAAAAANQ/QPWkSSRnoQI/s72-c/nombre+total+de+contributeurs+espagnol.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-8027850293900380223</id><published>2009-07-15T08:00:00.006+02:00</published><updated>2010-02-22T04:46:43.222+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='wikipédia'/><title type='text'>La fin de Wikipédia (II)</title><content type='html'>Nous avons vu, dans un &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-i.html"&gt;premier épisode&lt;/a&gt;, que l'augmentation du nombre de contributeurs sur Wikipedia avait répondu très étroitement au modèle de croissance logistique : croissance exponentielle initialement, puis freinage de plus en plus fort jusqu'à la population maximum potentielle, fonction de divers déterminants, dont le degré d'acceptation culturelle d'une encyclopédie "éditable par tous".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela pose, pour l'avenir de Wikipédia, deux problèmes majeurs : 1) qui va continuer à entretenir et gérer l'encyclopédie ? 2) le contenu de l'encyclopédie est-il condamné, tout comme le nombre d'utilisateurs, à stagner ? Nous aborderons le premier problème dans ce billet, le second dans le suivant.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;Parmi les contributeurs qui rejoignent l'encyclopédie, certains s'y investissent davantage. Ils éditent l'encyclopédie à de multiples reprises chaque mois, souvent sur une période relativement longue. Ces utilisateurs jouent un rôle essentiel : parce qu'ils sont à l'origine d'une partie très importante du contenu, et plus encore parce qu'ils gèrent au quotidien l'encyclopédie. Ils améliorent la présentation des articles ; ils créent des liens entre ceux-ci ; ils font face au vandalisme qui est l'un des fléau d'une encyclopédie éditable par tous, y compris par des collégiens dans une salle de permanence entre 14h et 15h ; ils en suppriment le contenu promotionnel, aberrant, politiquement orienté, etc. -condition de la &lt;a href="http://choixduchaos.blogspot.com/2009/07/wikipediach.html"&gt;valeur intrinsèque&lt;/a&gt; des articles et de la confiance que peuvent leur accorder les lecteurs. Ils font vivre l'encyclopédie, qui sans cette activité de gestion et d'entretien cesserait à brève échéance d'exister, et s'effondrerait, envahie par la publicité et les insanités, à la manière dont une ville tropicale abandonnée par les hommes est rapidement recouverte par la jungle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leur nombre a cru avec l'arrivé de nouveaux contributeurs : parmi ceux-ci, pour des raisons multiples, certains y ont "pris goût" et s'y sont investi. La croissance de leur nombre a suivi un processus logistique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl0914oJ_tI/AAAAAAAAAM4/Y4UEDiyf0a8/s1600-h/contributeurs+tr%C3%A8s+actifs+francais.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl0914oJ_tI/AAAAAAAAAM4/Y4UEDiyf0a8/s400/contributeurs+tr%C3%A8s+actifs+francais.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358507127583932114" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On peut toutefois constater que ce processus a été plus rapide que pour la croissance du nombre d'utilisateurs. Cela s'explique aisément : les personnes susceptibles de s'investir fortement dans Wikipédia sont également a priori les mêmes qui en entendent parler le plus vite, s'y essayent le plus rapidement, etc. -et deviennent par la même des contributeurs très actifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, la population maximale de contributeurs très actifs (100 edits par mois) a été atteinte il y a maintenant deux ans. Depuis juin 2007, leur nombre fluctue autour de 750 sur Wikipédia en français. Si l'on observe attentivement le graphique, on peut toutefois constater que leur nombre est aujourd'hui légèrement plus faible qu'à la fin de l'année 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas certain qu'il s'agisse d'un accident statistique, bien que je ne l'exclus pas. En effet, on constate nettement ce même phénomène pour les contributeurs actifs (10 edits par mois), moins clairement pour les très actifs (100 edits), dans la Wikipédia en Allemand. Le succès de cette dernière est un peu plus ancien que celui de la Wikipédia en français : elle a atteint plus rapidement la population maximale de contributeurs actifs. D'une certaine façon, le présent de la Wikipédia en allemand dit ainsi l'avenir de la Wikipédia en français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl09zTtl3xI/AAAAAAAAAMo/okC6MXpdGL0/s1600-h/contributeurs+actifs+allemand.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl09zTtl3xI/AAAAAAAAAMo/okC6MXpdGL0/s400/contributeurs+actifs+allemand.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358507083314880274" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Or, comme on peut le voir, la population de contributeurs actifs sur Wikipédia en allemand, après avoir fluctué autours de son maximum, est en baisse depuis la fin 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème est en fait simple, et relève là encore de la croissance de population. Deux phénomènes rentrent en jeu :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. De nouveaux contributeurs arrivent sur Wikipédia, et se prennent au jeu. Ils deviennent des contributeurs actifs ou très actifs.&lt;br /&gt;2. Parmi ces contributeurs très actifs, certains partent, souvent par simple lassitude, parfois à la suite de conflits, inévitables dans un groupe social hiérarchisé et où il existe des enjeux de lutte, aucune version linguistique de l'encyclopédie n'échappant à ce dernier processus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi longtemps que le processus 1 a dominé le processus 2, la population a cru. On a vu que la croissance des nouveaux contributeurs suivait un processus logistique, augmentant rapidement initialement puis décélérant avant de devenir nulle. Il est arrivé un moment où l'arrivée de nouveaux contributeurs actifs ou très actifs a compensé très exactement le départ des contributeurs actifs ou très actifs. Leur nombre était alors stable. Nous rentrons maintenant dans une période où l'arrivée de nouveaux contributeurs sera très faible. Rien ne garantit que ce faible flux de nouveaux contributeurs conduise à un nombre suffisant de contributeurs actifs ou très actifs capables de compenser les départs. S'il n'en est pas ainsi, leur population va décroitre : c'est ce qui se passe pour Wikipédia en allemand pour les contributeurs actifs (10 edits par mois).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'avenir de Wikipédia est donc en jeu : qui gérera et entretiendra l'encyclopédie, si le nombre des contributeurs qui effectuent cette tache diminue fortement ? Une partie de la réponse tient dans la croissance du nombre d'articles : une encyclopédie arrivée à maturité requiert une gestion bien plus faible qu'une encyclopédie dont le contenu croit de manière exponentielle. C'est au processus de croissance du nombre d'article qu'il nous faut donc maintenant nous intéresser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: lucida grande;"&gt;Ce post comporte &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic; font-family: lucida grande;" href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii-annexe.html"&gt;une annexe&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: lucida grande;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: lucida grande;"&gt;La suite est à lire &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/09/la-fin-de-wikipedia-iii.html"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-8027850293900380223?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/8027850293900380223/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8027850293900380223'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8027850293900380223'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii.html' title='La fin de Wikipédia (II)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sl0914oJ_tI/AAAAAAAAAM4/Y4UEDiyf0a8/s72-c/contributeurs+tr%C3%A8s+actifs+francais.png' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-5147861906637492369</id><published>2009-07-11T08:17:00.016+02:00</published><updated>2010-02-22T04:43:49.725+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='wikipédia'/><title type='text'>La fin de Wikipédia (I)</title><content type='html'>La création de Wikipédia a été un des événements importants dans le développement de l'internet 2.0. L'encyclopédie est aujourd'hui un des sites les plus visités au monde. Elle offre une contenu extrêmement large et riche, qui a conduit à la disparition (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quid&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Encarta&lt;/span&gt;) ou à la marginalisation (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Encyclopedia Universalis&lt;/span&gt;) de ses principaux concurrents. Sa fin est pourtant proche : du moins la fin du modèle par lequel elle s'est développée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La principale spécificité de Wikipédia tient dans le fait qu'elle soit "librement éditable par tous" : elle est l'œuvre de centaine de milliers de contributeurs, anonymes et "amateurs" pour la plupart. Elle a ainsi redéfini les frontières de la légitimité intellectuelle, fondée antérieurement sur le modèle de l'auteur aux compétences universitaires reconnues, dont la signature certifie et authentifie la contribution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais de cette spécificité découle sa principale limite existentielle : elle n'existe, et ne s'améliore, que pour autant que des contributeurs y participent. Son succès n'est pas détachable du processus social complexe par lequel des centaines de milliers de personnes ont accepté de créer de nouveaux contenus, alors qu'elles n'en tiraient aucune rétribution financière et en obtenaient une reconnaissance sociale nulle ou presque nulle, puisque leur travail est anonyme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ce processus social qui est arrivé à terme. Ce phénomène est parfois entrevu dans les pages communautaires de l'encyclopédie, notamment de sa version française. Il est généralement attribué aux conflits sociaux qui peuvent exister  au sein de l'encyclopédie, provoquant le départ de certains contributeurs. Cette vision est, en fait, sociologiquement naïve, en ce qu'elle oublie la limite "écologique" sur laquelle s'est construite Wikipédia -limite qui était présente à l'état latent dès son commencement, avant même qu'elle ne soit atteinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prenons le cas de la version en langue française de l'encyclopédie. Aussi vaste que soit le nombre de ses contributeurs potentiels, il n'est pas infini : parmi les 80 millions de francophones vivant dans un pays disposant d'un réseaux internet développé, il n'en existe nécessairement qu'un nombre précis, limité, prêts à ajouter du contenu dans les conditions très particulières (gratuité, anonymat) qui caractérisent Wikipédia (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;première limite&lt;/span&gt;) et disposant de compétences telles qu'ils puissent le faire (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;deuxième limite&lt;/span&gt;). Ce nombre atteint, la population de contributeurs cessera d'augmenter, ou elle ne le fera plus que selon le rythme très lent, presque imperceptible, des transformations démographiques de la population francophone (arrivée de nouvelles générations).&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En première analyse, la croissance du nombre de contributeur répond donc grossièrement aux trois logiques suivantes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Plus de contributeurs créent plus de contenu, et de meilleure qualité -ce qui améliore le trafic sur le site et attire donc plus de contributeurs potentiels vers celui-ci. Ces contributeurs vont à leur tour créer plus de contenu, ce qui attirera plus de contributeurs potentiels, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Toutefois, à chaque fois qu'un contributeurs potentiel devient un contributeur actif le nombre de contributeurs potentiels total diminue -jusqu'à la limite fixée par le nombre total de contributeurs potentiels, acceptant les conditions spécifiques que fixe Wikipédia (anonymat, gratuité) (première limite).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Qui plus est, à chaque fois qu'un nouveau contributeur ajoute du contenu nouveau, le niveaux de compétence requis augmente et les contenus potentiellement ajoutables diminuent, ce qui limite la possibilité pour de nouveaux utilisateurs de contribuer. Au commencement du site, aucune connaissance, même la plus élémentaire, n'était présente : cela rendait possible la participation d'un très grand nombre d'utilisateurs. Au fur et à mesure que le contenu est complété, il n'existe qu'un nombre de plus en plus restreint d'utilisateurs disposant des compétences nécessaires pour encore participer. C'est le deuxième mécanisme qui explique la présence d'un plafond au nombre potentiel de contributeurs, à côté du nombre nécessairement limité de personne désireuses de partager leur savoir dans les conditions spécifiques que fixe Wikipédia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier mécanisme est caractéristique des croissances exponentielles. Les deux autres mécanismes freinent au contraire cette croissance, de plus en plus fortement au fur et à mesure que le nombre de contributeurs grandit jusqu'à atteindre la population maximale. Ensemble, ils forment une courbe de croissance dite &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonction_logistique_%28Verhulst%29"&gt;logistique&lt;/a&gt;, qui les combine mathématiquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis son commencement, la croissance du nombre total de personnes ayant participé à Wikipédia à travers un compte enregistré &lt;a href="http://www.blogger.com/1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; a suivi très étroitement ce modèle théorique &lt;a href="http://www.blogger.com/2"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgSKbutumI/AAAAAAAAAMI/rdmnmMx6lE4/s1600-h/nombre+total+de+contributeurs+francais.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgSKbutumI/AAAAAAAAAMI/rdmnmMx6lE4/s400/nombre+total+de+contributeurs+francais.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357051727208888930" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le nombre de contributeur a rapidement augmenté, à un rythme exponentiel, puis après un point d'inflexion, sa croissance s'est ralentie, à mesure qu'il s'approche de son maximum. On voit que, à suivre le modèle théorique, le nombre total de personnes ayant participé à Wikipédia va atteindre ce maximum d'ici deux ans, avec approximativement 50 000 personnes ayant participé. La croissance du nombre de nouveaux participants dans le modèle théorique a, néanmoins, tendance à décroitre plus vite que dans la réalité : on peut donc penser que le processus prendra plus de temps pour arriver à son terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour mieux comprendre ce phénomène, on peut s'intéresser au rythme par lequel de nouveaux contributeurs sont arrivés sur Wikipédia depuis sa création :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgSKowy-UI/AAAAAAAAAMQ/CGXhbQJ2bGo/s1600-h/nouveaux+contributeurs+francais.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgSKowy-UI/AAAAAAAAAMQ/CGXhbQJ2bGo/s400/nouveaux+contributeurs+francais.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357051730707282242" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La croissance du nombre de wikipédiens a accéléré très rapidement après la naissance de l'encyclopédie en français, pour atteindre son maximum à la mi 2007, un peu plus de 5 ans après sa création (moment de la croissance exponentielle, conforme au premier mécanisme). Depuis, le nombre de nouveaux wikipédiens par mois ne cesse de diminuer, même s'il le fait un peu moins vite que selon le modèle théorique (freinage dû aux deux autres mécanismes). Dans l'ensemble, cette croissance s'est faite conformément au modèle logistique, à l'exception de la fin de l'année 2005, marquée par un très fort afflux de nouveaux participants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le développement du nombre de wikipédiens sur l'encyclopédie en français n'a rien d'exceptionnel et se retrouve sur les autres versions linguistiques de l'encyclopédie. Il en va ainsi pour la deuxième plus grande version linguistique de l'encyclopédie, après l'anglaise : Wikipédia en allemand.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgjNIFz-EI/AAAAAAAAAMY/hBp8GVoTmAY/s1600-h/nombre+total+de+contributeurs+allemand.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgjNIFz-EI/AAAAAAAAAMY/hBp8GVoTmAY/s400/nombre+total+de+contributeurs+allemand.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357070465174337602" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgjNTPhuqI/AAAAAAAAAMg/n-Mv2jTklqs/s1600-h/nouveaux+contributeurs+allemand.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgjNTPhuqI/AAAAAAAAAMg/n-Mv2jTklqs/s400/nouveaux+contributeurs+allemand.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5357070468167875234" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette similitude des processus souligne assez qu'ils répondent tous deux à la même logique, que stylise exceptionnellement bien le modèle logistique. C'est donc dans ce modèle de croissance de population qu'il faut chercher l'évolution du nombre de participants, et non dans l'analyse des conflits agitant la communauté des wikipédiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, ce modèle n'explique pas un fait, qu'il met néanmoins en valeur : le nombre relatif de contributeurs à la version allemande a, dès le départ, été nettement supérieur à celui de la version française. Aux termes d'une évolution structurellement identique, sa population asymptotique l'est de 60% -proportion bien plus élevée que celle du rapport de germanophones disposant d'une connexion internet par rapport aux francophones. On peut y voir l'effet du rejet culturel bien plus fort dont a fait l'objet Wikipédia en France, comparé à l'Allemagne, en particulier au sein de ses élites intellectuelles. Nul &lt;a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/01/09/laffaire-wikipedia/"&gt;Pierre Assouline&lt;/a&gt; de l'autre coté du Rhin, mais un &lt;a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2007/06/27/Quand-le-gouvernement-allemand-decide-de-participer-a-Wikipedia"&gt;financement public&lt;/a&gt; de son fonctionnement. C'est cela qui a limité le développement de Wikipédia en français. Mais il en était ainsi dès le principe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:lucida grande;" &gt;La suite est à lire &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic; font-family: lucida grande;" href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-ii.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:lucida grande;" &gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt; C'est à dire de personnes qui ont créé un compte utilisateur, plutôt que d'utiliser l'"IP" de leur connexion internet, et qui ont au moins édité 10 fois Wikipédia. Les données sont disponibles &lt;a href="http://stats.wikimedia.org/FR/TablesWikipediaFR.htm"&gt;ici&lt;/a&gt;. Ce post doit beaucoup à l'analyse de la croissance du nombre d'articles de Wikipédia en anglais disponible &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:Modelling_Wikipedia%27s_growth"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt; L'équation estimée ici est celle d'un modèle logistique standard : f(t) = population maximale/(1+a*exp(-r*t)), avec t le nombre de mois depuis la création de Wikipédia en français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-5147861906637492369?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/5147861906637492369/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-i.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5147861906637492369'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5147861906637492369'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/la-fin-de-wikipedia-i.html' title='La fin de Wikipédia (I)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SlgSKbutumI/AAAAAAAAAMI/rdmnmMx6lE4/s72-c/nombre+total+de+contributeurs+francais.png' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3107507720523827037</id><published>2009-07-04T01:10:00.007+02:00</published><updated>2010-02-22T04:44:20.852+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sport'/><title type='text'>Pourquoi Armstrong ne gagnera pas le Tour de France</title><content type='html'>Un peu de détente sur ce blog, qui va se laisser aller au pari sportif, et révéler quelques passions secrètes de son auteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Armstrong tente à partir d'aujourd'hui, à 37 ans, son grand retour sportif sur le Tour de France. Si l'on se fie aux statistiques des victoires depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n'a aucune chance de gagner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sk5ohrvtwFI/AAAAAAAAAMA/-BSrSOCsUgI/s1600-h/repartition+fonction+age.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sk5ohrvtwFI/AAAAAAAAAMA/-BSrSOCsUgI/s400/repartition+fonction+age.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5354331934877925458" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme on le voit l'âge à la victoire prend la forme d'une superbe &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Gauss"&gt;courbe de Gauss&lt;/a&gt;, de moyenne 27.89 ans et d'écart type 2.88. Or la &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_normale"&gt;loi normale&lt;/a&gt; est formelle : il a 0.08% de chance de l'emporter dans ces conditions (à 37 ans ou plus).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous me direz : il a déjà survécu à un cancer métastasé et remporté ensuite 7 tours de France avec la moitié de sa virilité. Rien n'est donc impossible à notre &lt;a href="http://borkweb.com/story/chuck-norris-roundhouse-kicks-the-world"&gt;Chuck Norris&lt;/a&gt; de la bicyclette. Qu'il soit néanmoins permis de douter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, s'il y parvient, il entretiendra une anomalie statistique récente : l'élévation de l'âge des vainqueurs du Tour de France.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sk5ohIPSV_I/AAAAAAAAALw/UrTj5Hrsfc0/s1600-h/age+vainqueur+tour.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sk5ohIPSV_I/AAAAAAAAALw/UrTj5Hrsfc0/s400/age+vainqueur+tour.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5354331925346670578" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme on peut le voir, depuis la guerre, il y a eu trois grandes périodes en ce qui concerne l'âge moyen des vainqueurs du Tour : 1) juste après la guerre, 2) de 1953 à la première victoire d'Indurain (1991), et 3) de 1991 à aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Entre 1947 et 1952, l'âge moyen fut particulièrement élevé : 29.5 ans. On peut penser que ce phénomène est la conséquence de la guerre. On peut en effet supposer que la guerre a brisé la possibilité pour les jeunes générations de s'entraîner et d'être sélectionné. Elle a ainsi limité l'apparition de nouveaux champions. Dans le même temps, elle a mis au repos forcé les grands champions d'avant guerre, qui, à âge égal, étaient moins fatigués et avaient accumulé moins de blessures que dans des circonstances normales. Ainsi, Bartali à 34 ans gagne le tour en 1948, 10 ans après sa précédente victoire. Après la première guerre mondiale, il y eut le même phénomène de manière encore plus marquée :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sk5ohZ2cTCI/AAAAAAAAAL4/aPIh6s93YfU/s1600-h/age+vainqueur+du+tour+lp.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sk5ohZ2cTCI/AAAAAAAAAL4/aPIh6s93YfU/s400/age+vainqueur+du+tour+lp.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5354331930074303522" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;2) Entre 1953 et 1990, l'âge moyen est légèrement supérieur à 27 ans et répond à une logique purement stochastique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3) A partir de 1991, l'âge moyen recommence à augmenter. C'est la conséquence d'un nombre important de victoires consécutives par Indurain (5) puis par Armstrong (7). Or ces deux séries furent à la fois longues et entamées relativement tard, presque à l'âge moyen de la période précédente : 27 ans pour Indurain et 26 ans pour Armstrong (presque 27, en fait, car il est de septembre). Ces deux séries de victoires ont donc conduit à un nombre important de victoire au dessus de l'âge moyen depuis la Seconde Guerre. Chose plus étonnante encore, elles ont été suivi d'une victoire à 33 ans l'année dernière par un ancien &lt;a href="http://it.wikipedia.org/wiki/Gregario"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;gregario&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; qui s'est révélé sur le tard : Carlos Sastre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vélo semble ainsi en passe de devenir un sport de vieux. Le pourquoi de la chose dépasse tout à fait mon domaine de compétence. Je suppose toutefois que les plus cyniques y verront un effet bénéfique des nouvelles générations de produits dopants (EPO et assimilés ; hormones de croissance) dont l'arrivée coïncide &lt;span style="font-style: italic;"&gt;grosso modo&lt;/span&gt; avec la première victoire d'Indurain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les esprits plus sociologiques s'intéresseront eux à une transformation importante des carrières cyclistes, qui a été imposée par Indurain et systématisée par Armstrong : la concentration sur un nombre restreint d'objectifs, se résumant au Tour. Armstrong n'a jamais concouru sérieusement sur une autre course. On est loin de l'époque de Merckx, où les coureurs participaient à à peu près toutes les courses de la saison avec, très souvent, l'ambition de gagner. Je n'ai pas de stat sous la main, mais il me semble que c'est même le nombre de kilomètres parcourus par année qui a baissé nettement pour tous les cyclistes &lt;a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=5592341786315632122#1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Or, on peut supposer qu'avec la baisse du nombre de kilomètre, la fatigue physique accumulée, de même que les blessures, ont diminué à âge égal -ce qui a pour conséquence de prolonger la carrière. Et de rendre possible une victoire à 37 ans ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt; Les mêmes cyniques rattacheront également cette diminution des courses concourues au dopage. Le dopage sanguin impose, en effet, de longues plages d'entraînement où le coureur est loin des autorités, et lors desquelles il peut améliorer ses paramètres, puis attendre que les traces pharmacologiques disparaissent. Il peut même, à l'occasion, prélever une partie de son sang qu'il réinjectera lors des compétitions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3107507720523827037?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3107507720523827037/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/pourquoi-armstrong-ne-gagnera-pas-le.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3107507720523827037'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3107507720523827037'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/pourquoi-armstrong-ne-gagnera-pas-le.html' title='Pourquoi Armstrong ne gagnera pas le Tour de France'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sk5ohrvtwFI/AAAAAAAAAMA/-BSrSOCsUgI/s72-c/repartition+fonction+age.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3274188670624420825</id><published>2009-07-01T18:21:00.017+02:00</published><updated>2009-09-15T18:09:15.204+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dette publique'/><title type='text'>Le Très Grand Emprunt National</title><content type='html'>Dès que l'on me pose une question sur le Très Grand Emprunt promis par notre président, je me trouve stupide et comme pris en défaut. Je ne parviens pas, en effet, à y trouver la moindre rationalité économique. Pourtant je ne doute pas des immenses compétences en ce domaine de notre Président et de ses conseillers. Mais j'ai beau prendre le problème par tous ses bouts, je n'aboutis qu'à des conclusions qui relèvent de la science politique de café du commerce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le président explique, en substance, que la situation est grave : le déficit budgétaire est considérable, 7 % du PIB cette année, pas beaucoup moins en 2010. Bon. La situation est si grave qu'il va falloir &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/22/01002-20090622ARTFIG00494-sarkozy-annonce-la-creation-d-un-emprunt-national-.php"&gt;solliciter l'épargne des français&lt;/a&gt;, dans un vaste appel à l'&lt;a href="http://www.latribune.fr/depeches/reuters/fillon-envisage-un-emprunt-national-mixte.html"&gt;unité nationale&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est là que je ne comprend plus rien. Je regarde ma courbe des taux sur les titres publics de l'État français, et je vois ça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkuP-zzNQkI/AAAAAAAAALo/Eb5fjMC8Jbg/s1600-h/taux+d%27interet+etat.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkuP-zzNQkI/AAAAAAAAALo/Eb5fjMC8Jbg/s400/taux+d%27interet+etat.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353530891279614530" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Les taux se sont effondrés depuis le sommet de la crise financière, surtout pour les maturités les plus courtes.  Ce qui veut dire une chose simple : l'offre de fonds prêtables à l'État français a plus augmenté que la demande, bien que celle-ci se soit fortement accrue&lt;span style="font-style: italic;"&gt; because&lt;/span&gt; les déficits abyssaux et tout ça. Sur le marché des titres publics, les choses sont en effet simples : il y a d'un côté l'État qui emprunte, et de l'autre les investisseurs qui prêtent. L'équilibre entre la demande d'emprunt et l'offre est constitué par le taux d'intérêt. Si celui-ci baisse, cela veut dire une chose simple : il n'y a aucun problème pour trouver des prêteurs. Au contraire, ceux-ci sont si nombreux que leur concurrence fait baisser les cours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors pourquoi faire appel directement à l'épargne des français, puisque l'on en a pas besoin ? Voilà ce que je ne comprend pas.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;Peut-être qu'il faut voir là un moyen pour payer encore moins cher les intérêts sur l'emprunt. Mais là, non plus, je ne comprend toujours pas. Depuis 30 ans, l'Etat français s'est efforcé de créer un marché profond des obligations publiques, de manière à pouvoir emprunter facilement avec de très faibles coûts de transaction, en mobilisant l'épargne du monde entier. Et voilà que l'on retourne à l'époque de Poincaré, en passant par des opérations aux coûts de transaction invraisemblables, par comparaison avec ceux des marchés obligataires publics modernes. Mais il y a pire : &lt;a href="http://www.20minutes.fr/article/334395/Economie-Emprunt-national-quels-precedents-quelle-modalite.php"&gt;comme le dit&lt;/a&gt; ce banquier anonyme, qui ne doit rien avoir compris non plus : "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quand vous faites un emprunt auprès des particuliers, vous devez les inciter à souscrire avec un taux attractif qui permettra certes de rivaliser avec d'autres produits d'épargne, mais qui grèvera d'autant les finances de l'État&lt;/span&gt;". La rumeur évoque un emprunt à maturité de 5 ans, du type de celui que vient de lancer EDF. EDF emprunte à 4.5%. L'État, qui incite plus à la confiance, doit pouvoir attirer le petit prêteur à 4%, disons 3.7%. Aux dernières nouvelles,  les BTAN à 5 ans étaient à 2.7 %, soit au moins 1 point de % de moins. Exercice : si l'emprunt est de 100 milliards, combien le contribuable va payer d'intérêt en plus, au bout de 5 ans, en ayant recours au Très Grand Emprunt National ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais mes incompréhensions ne s'arrêtent pas là : on nous explique que cet emprunt aura pour but de &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/22/01002-20090622ARTFIG00494-sarkozy-annonce-la-creation-d-un-emprunt-national-.php"&gt;financer des mesures précises&lt;/a&gt;, longuement réfléchies. Ah bon ? Je croyais pourtant qu'une règle fondamentale des finances publiques est la non&lt;a href="http://books.google.com/books?id=Cn281TEUAf0C&amp;amp;pg=PA106&amp;amp;lpg=PA106&amp;amp;dq=finance+publique+r%C3%A8gle+non+affectation+recette&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=hJ3X8gnSij&amp;amp;sig=eSZRS7aLYS5cXZ0mIxdRrshDIWQ&amp;amp;hl=en&amp;amp;ei=9o9KSvCAA962jAeRu9Bi&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=5"&gt; affection des recettes&lt;/a&gt; aux dépenses. Il doit y avoir quelque chose que je n'ai pas saisi : notre président a toujours été soucieux de respecter les principes fondamentaux de notre droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est ainsi que je me retrouve contraint de faire de la science politique de bas étage. Je ne peux, en effet, m'empêcher de penser la chose suivante : si l'on lance ce Très Grand Emprunt National, c'est pour faire une campagne de communication politique et pas pour recueillir des fonds, dont on n'a pas besoin et qui coûteront cher. La seule finalité est de remettre au cœur de l'agenda politique l'équation de base qui sert en France à légitimer les réformes de l'État : l'État n'a plus d'argent, il faut donc qu'il diminue ses dépenses, et donc qu'il se réforme. Cette équation a été ruinée par la crise qui a vu l'État en faillite et aux caisses vides être capable de dépenser des milliards pour sauver le système financier. Il s'agit donc de la faire revivre, coûte que coûte, puisque sans elle, le roi est nu. Pour avoir un débat mature, informé, sur les véritables questions que pose la dette publique, il faudra donc encore attendre. Et subir ce déferlement de n'importe quoi économique devant lequel personne ne proteste tant semble être grande l'ignorance des mécanismes économiques de base, même dans l'opposition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3274188670624420825?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3274188670624420825/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/le-tres-grand-emprunt-national.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3274188670624420825'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3274188670624420825'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/07/le-tres-grand-emprunt-national.html' title='Le Très Grand Emprunt National'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkuP-zzNQkI/AAAAAAAAALo/Eb5fjMC8Jbg/s72-c/taux+d%27interet+etat.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7940304225291017286</id><published>2009-06-29T00:53:00.034+02:00</published><updated>2010-02-22T04:50:50.090+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Justice'/><title type='text'>L'inflation des détentions</title><content type='html'>Lors du grand raout organisé en son honneur à Versailles, le président a promis de construire de &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20090622.OBS1466/les_principales_annonces_de_sarkozy_a_versailles.html"&gt;nouvelles prisons&lt;/a&gt;, pour désengorger les divers centres de détention français qui fonctionnent déjà&lt;a href="http://www.kcl.ac.uk/depsta/law/research/icps/worldbrief/wpb_country.php?country=138"&gt; 20% au dessus&lt;/a&gt; de leur capacité. C'est l'aboutissement logique d'une politique qui a, notamment, conduit à une &lt;a href="http://moreas.blog.lemonde.fr/2009/05/14/1-francais-sur-90-en-garde-a-vue/"&gt;hausse&lt;/a&gt; de 35% en 5 ans des gardes à vue (577 816 en 2008, soit plus de 1% de la population française adulte &lt;a href="1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;), et à une hausse de 8% du nombre de détenus rapporté à la population depuis 15 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le milieu des années 1990 est mort le paradigme intellectuel hérité des années 1970, fondé sur une dénonciation de la contradiction entre les finalités éducative et punitive de la prison.&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Surveiller_et_punir"&gt; Foucault&lt;/a&gt; est bel et bien enterré. Il s'agit aujourd'hui de détenir pour punir et de punir pour rendre la justice et ramener l'ordre. La croyance dans la vertu disciplinaire et correctrice de l'incarcération n'a jamais été aussi forte depuis 50 ans. Et avec son renouveau, les prisons se sont remplies jusqu'à déborder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France n'a, de ce point de vue, rien d'exceptionnel : elle est même en retrait d'une tendance qui parcourt le monde entier, et particulièrement l'Occident.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Skf1zilfscI/AAAAAAAAAKo/bZ7yU_WWs3E/s1600-h/detention.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Skf1zilfscI/AAAAAAAAAKo/bZ7yU_WWs3E/s400/detention.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352516947959329218" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Depuis 15 ans, le nombre de détenu rapporté à la population a ainsi augmenté de 20% dans les pays développés. Il s'agit bien d'une transformation globale du paradigme disciplinaire : il n'y a aucune corrélation statistique tangible entre l'accroissement des détentions et l'évolution de la criminalité dans les différents pays du monde. Ainsi, sur les deux graphiques ci dessous, la liaison statistique est nulle &lt;a href="2"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Même dans la plupart des pays où la criminalité est en baisse, les mises en détention augmentent. On emprisonne non pas parce que le crime est en augmentation, mais parce que l'on croit à nouveau dans la vertu disciplinaire de la prison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Skf1zwg60FI/AAAAAAAAAK4/2qS2Ke3KCbY/s1600-h/evolution+infraction.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Skf1zwg60FI/AAAAAAAAAK4/2qS2Ke3KCbY/s400/evolution+infraction.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352516951698231378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Skf1z8UuTGI/AAAAAAAAAKw/8shEJeu4hok/s1600-h/evolution+homicide.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Skf1z8UuTGI/AAAAAAAAAKw/8shEJeu4hok/s400/evolution+homicide.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352516954868304994" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;A part la Suisse, le taux de détention ne baisse que dans certains pays d'Europe de l'Est, notamment les pays baltes, qui s' "européanisent", rejoignant lentement la moyenne du taux de détention en Europe, abandonnant le  modèle soviétique où le taux de détention était le plus élevé au monde (avec celui des États-Unis) &lt;a href="3"&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Partout ailleurs, le taux de détention augmente, en particulier dans les pays anglo-saxons, mais pas seulement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment comprendre cette évolution ? A mon sens, elle participe en partie de la transformation sociale globale qui a vu les sociétés occidentales devenir plus inégalitaires. De fait, il existe un lien statistique extrêmement solide entre inégalités économiques, pauvreté et taux de détention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce lien est bien sûr le plus fort si l'on compare des sociétés économiquement et socialement proches, comme les pays de l'Europe des 15.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgEaTe_kkI/AAAAAAAAALQ/x2JsVL4ZR08/s1600-h/inegalit%C3%A9s+revenu+15.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgEaTe_kkI/AAAAAAAAALQ/x2JsVL4ZR08/s400/inegalit%C3%A9s+revenu+15.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352533007083213378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Mais il vaut pour l'ensemble des pays développés :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgEaL8vZBI/AAAAAAAAALA/yBRO1Z1kQU4/s1600-h/in%C3%A9galit%C3%A9.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgEaL8vZBI/AAAAAAAAALA/yBRO1Z1kQU4/s400/in%C3%A9galit%C3%A9.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352533005060498450" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgEar_V5iI/AAAAAAAAALY/QvSObpwWw28/s1600-h/pauvret%C3%A9.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgEar_V5iI/AAAAAAAAALY/QvSObpwWw28/s400/pauvret%C3%A9.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352533013661345314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce lien est généralement expliqué par les conséquences sociales des inégalités et de la pauvreté : une société inégale est également une société marquée par une plus grande violence sociale, et donc par plus de détentions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, à mon sens, il y a plus : le lien est également idéologique. Il y a, en effet, une affinité idéologique profonde entre l'acceptation sociale des inégalités sociales et le recours à la détention comme moyen de punition. De fait, on constate un lien statistique entre le taux de détention et l'importance des dépenses de protection sociale, qui sont un indicateur de la non tolérance d'une société aux inégalités de revenu, et de sa volonté de les diminuer par la redistribution &lt;a href="4"&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgHZMYPG0I/AAAAAAAAALg/i22w-635eVA/s1600-h/depenses+sociales.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SkgHZMYPG0I/AAAAAAAAALg/i22w-635eVA/s400/depenses+sociales.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352536286530837314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Plus une société a recours à la détention, moins elle a un État-Providence développé, et réciproquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les inégalités ont pu progresser, comme les détentions s'accroître, c'est donc également en raison de la transformation idéologique globale des sociétés occidentales, par laquelle le regard porté sur les actions humaines s'est transformé, s'alignant sur celui des sociétés les plus inégalitaires, en particulier les États-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un regard sociologisant, replaçant les actions des hommes dans le cadre social qui les a rendu possible, les sociétés occidentales sont passée à un regard individualisant, ne rapportant l'action d'un individu qu'à lui même. Cette transformation ne vaut pas que pour le crime, mais également pour le succès social : un individu est désormais vu comme seul responsable aussi bien de sa réussite que de ses échecs ou de ses dérives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette lecture individualiste du social est nécessairement moralisante. Refuser de prendre en compte les conditions sociales de possibilité des actions humaines, c'est enfermer les individus dans leurs actes, en refuser une analyse autre que morale en terme de responsabilité individuelle. De cette moralisation du regard naît l'insistance sur la primauté de la détention au détriment de mesures à finalité plus éducatives, en tout cas moins immédiatement punitives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette lecture individualisante légitime également les inégalités : si les individus sont les seuls acteurs de leurs succès, alors ils ont droit d'en tirer la pleine jouissance. Ils n'ont aucun compte à rendre à la société, et rien à lui redistribuer, puisqu'ils ne lui doivent rien. Ce nouveau regard a donc favorisé la croissance des inégalités en Occident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bling bling sans complexe et les prisons bondées participent ainsi d'un même monde, où les individus sont laissés seuls face à leurs actes, dans une société inégalitaire et punitive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;________________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="1"&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt; Il va de soi que cela ne signifie pas que plus de 1% des français adultes sont allés en garde à vue en 2008, certains individus y étant allés plusieurs fois. Le nombre est néanmoins saisissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="2"&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt;Ces graphiques sont à prendre avec précaution, les taux d'infraction résultant en partie de l'activité policière plutôt que de la réalité de la criminalité elle même. Les analyses des évolutions temporelles au sein d'un pays souffrent toutefois moins de ce biais que les comparaisons entre pays à un moment donné, les structures de l'activité policière se transformant relativement lentement. De ce point de vue, le taux d'homicide est l'indicateur le moins imparfait, étant relativement peu soumis aux variations de l'activité policière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="3"&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt; En 2009, les taux de détention dans le monde sont les plus élevés dans les anciens pays soviétiques, en particulier en Russie (628 détenus pour 100 000 habitants) et aux États-Unis, recordman mondial (760 détenus). Ils sont, en moyenne, six fois plus faibles en Europe (environ 100 détenus), et notamment en France (96 détenus).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name="4"&gt;4&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:9px;" &gt;On peut également analyser ce lien en voyant dans la détention un moyen alternatif de traitement de la question sociale : au lieu d'assister le pauvre, on le met en prison. C'est notamment l'analyse que fait &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lo%C3%AFc_Wacquant"&gt;Loïc Wacquant&lt;/a&gt; pour les États-Unis. J'ai quelques réserves sur ce type d'analyse.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7940304225291017286?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7940304225291017286/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/06/linflation-des-detentions.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7940304225291017286'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7940304225291017286'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/06/linflation-des-detentions.html' title='L&apos;inflation des détentions'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Skf1zilfscI/AAAAAAAAAKo/bZ7yU_WWs3E/s72-c/detention.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-1312077546672747733</id><published>2009-05-23T22:30:00.004+02:00</published><updated>2009-05-23T22:53:56.896+02:00</updated><title type='text'>Chute libre</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShhiL8raN4I/AAAAAAAAAKg/cX1MdcRvtM8/s1600-h/recession.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShhiL8raN4I/AAAAAAAAAKg/cX1MdcRvtM8/s400/recession.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5339125315654006658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-1312077546672747733?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/1312077546672747733/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/chute-libre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1312077546672747733'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1312077546672747733'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/chute-libre.html' title='Chute libre'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShhiL8raN4I/AAAAAAAAAKg/cX1MdcRvtM8/s72-c/recession.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-5952979537376868437</id><published>2009-05-23T22:23:00.006+02:00</published><updated>2010-02-22T04:37:53.592+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='libéralisme'/><title type='text'>L'anatomie du Thatcherisme</title><content type='html'>Un article de &lt;a href="http://www.skidelskyr.com/site/view/biography/"&gt;Robert Skidelsky&lt;/a&gt;, le grand biographe de Keynes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span id="font"&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;" id="font"&gt;Thirty years ago this month, Margaret Thatcher came to power. Although precipitated by local conditions, the Thatcher (or more broadly the Thatcher-Reagan) revolution became an instantly recognizable global brand for a set of ideas that inspired policies to free markets from government interference.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Three decades later, the world is in a slump, and many people attribute the global crisis to these very ideas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Indeed, even beyond the political left, the Anglo-American model of capitalism is deemed to have failed.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;La suite se trouve&lt;a href="http://www.koreatimes.co.kr/www/news/opinon/2009/05/137_45228.html"&gt; ici&lt;/a&gt;. Elle vaut la peine d'être lue. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-5952979537376868437?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/5952979537376868437/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/lanatomie-du-thatcherisme.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5952979537376868437'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5952979537376868437'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/lanatomie-du-thatcherisme.html' title='L&apos;anatomie du Thatcherisme'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-1443575543511512266</id><published>2009-05-21T08:00:00.010+02:00</published><updated>2009-09-15T18:13:54.756+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>La crise, et après ?</title><content type='html'>Imaginons que nous soyons en 2012, et que la récession soit derrière nous, que se passera-t-il ? Les États-Unis reviendront-il à un taux de croissance de 3% comme entre 1995 et 2005 ? Et la France à 2,2 % ? Probablement, et nous allons même connaitre une ou deux années de croissance plus forte encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du moins, c'est ce qu'affirme &lt;a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/2009/03/03/roots-of-evil-wonkish/"&gt;Paul Krugman&lt;/a&gt;. A le suivre, l'économie souffre actuellement d'une sous utilisation massive de ses facteurs de production. Le nombre de chômeur grossit aux États-Unis de 500 000 personnes chaque mois depuis 1 an. Lorsque la crise sera résolue, l'économie va par conséquent connaître une période de croissance exceptionnellement élevée, correspondant à la réutilisation de ces énormes facteurs de production laissés inemployés.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote style="font-style: italic;"&gt;How can you fail to acknowledge that there’s huge slack capacity in the economy right now? And yes, we can expect fast growth if and when that capacity comes back into use.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Si on poursuit le raisonnement, on peut même penser qu'une fois ces facteurs remis en œuvre, l'économie retrouvera son rythme de croissance de long terme, correspondant au progrès technique et aux gains de productivité qui en résultent. En somme, pour reprendre la célèbre formule de Keynes en 1931, nous ne souffrons que d'un problème de dynamo. Le moteur remis en route, et après une petite embardée initiale, tout redeviendra comme avant.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShRL0ps_7nI/AAAAAAAAAKA/vVOeH02-_ls/s1600-h/croissance+avant+apr%C3%A9s+1929.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShRL0ps_7nI/AAAAAAAAAKA/vVOeH02-_ls/s400/croissance+avant+apr%C3%A9s+1929.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337974826260754034" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La crise de 1929 offre un cas extrême de ce scénario. A partir de 1941, la reprise, rendue possible par les dépenses publiques liées à la guerre, a été accompagnée d'une croissance extrêmement forte : l'effort de guerre a été tel que, pour un temps, l'économie a même largement dépassé le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;trend&lt;/span&gt; de longue période. Puis, la guerre finie, l'économie s'est retrouvée sur la trajectoire de croissance de long terme qui existait préalablement à la crise de 1929.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En d'autre terme, on peut s'attendre à un an de forte croissance en 2012, puis au retour au rythme de croissance de long terme de nos économies, soit un peu plus de 2% pour la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première objection à cet optimisme : encore faudrait-il savoir quand aura lieu la reprise. La crise des années 1930 nous montre que cela peut prendre des années. Comme le dit l'autre star de la blogosphère économique, &lt;a href="http://gregmankiw.blogspot.com/2009/03/team-obama-on-unit-root-hypothesis.html"&gt;Gregory Mankiw&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;blockquote style="font-style: italic;"&gt;The problem is that those numbers start at the end of the recessions, and we do not know when the recession will end. In other words, if God came down and told us the exact date the current recession was going to end, my forecast subsequent to that date would be for higher than normal growth. But absent that divine intervention, there is always some chance the recession will linger (remember the Great Depression)&lt;/blockquote&gt;Il y a des raisons plus fortes encore de ne pas partager cet optimisme. Le scénario à la Krugman est fondé sur l'idée que l'économie suit un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;trend&lt;/span&gt; de croissance, autour duquel l'économie fluctue. Mais, rien ne garantit que cela soit le cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, et c'est le&lt;a href="http://econlog.econlib.org/archives/2009/03/greg_mankiw_get.html"&gt; scénario à l'autrichienne,&lt;/a&gt; tendance Hayek, on peut considérer que cette crise est le produit d'une mauvaise (sur) allocation du capital durant le boom dans certains secteurs. Aujourd'hui, les États-Unis se retrouvent avec un paquet de maisons à l'abandon, d'agents immobiliers inutiles, et de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;traders&lt;/span&gt; superfétatoires. En un mot, un immense gâchis de ressources humaines, économiques et naturelles, qui ont définitivement été perdues et feront défaut au moment de la reprise. De ce point de vue, la situation est meilleure en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autre part, il existe encore un autre scénario, beaucoup plus sombre : celui du choc pétrolier de 1973.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShRUpxgcpiI/AAAAAAAAAKI/mU30FihIhHw/s1600-h/taux+de+croissance+avant+apr%C3%A8s+75.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShRUpxgcpiI/AAAAAAAAAKI/mU30FihIhHw/s400/taux+de+croissance+avant+apr%C3%A8s+75.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337984534981682722" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Après le choc pétrolier, l'économie française a connu un taux de croissance beaucoup faible qu'auparavant (fin des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Trente Glorieuses&lt;/span&gt;). Cela a également été le cas des États-Unis. En 1984, ils ont bien connu une année de croissance exceptionnelle (7.2%). Mais la croissance y a durablement ralenti jusqu'en 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cause de ce ralentissement après 1973 est plus profonde que le seul mécanisme de mauvaise allocation du capital. Il résulte du fait que la crise de 1973 n'est pas économiquement semblable à celle de 1929. Elle offre l'exemple d'une crise due à un choc d'offre, quand la grande dépression de 1929 résultait de l'autre grand type de récession possible : celle qui sont le produit d'un choc de demande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un choc de demande est le propre des économies capitalistes modernes où les décisions de consommation et d'investissement sont prises de manière décentralisée. Dans ce type d'économie, il arrive périodiquement que la demande ne corresponde pas à l'offre rendu possible par les facteurs de production disponibles. Par exemple, si les banques font faillite, elles ne pourront pas prêter aux entreprises, qui ne pourront pas investir, déprimant d'autant la demande globale. C'est ce qui s'est passé en 1929. Et c'est ce qui se passe maintenant. Dans ce genre de situation, Keynes affirme que la solution est simple et technique : il suffit que l'État dépense à la place des autres, par un bon coup de déficit budgétaire. Et tout repartira comme avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crise de 1973 est d'un type très différent. Elle n'est pas le produit d'une insuffisance de la demande, mais du fait que la production a été confrontée à la raréfaction d'une ressource sur laquelle elle est assise -les hydrocarbures. L'activité économique est fondée sur l'utilisation de ressources naturelles : plus elles sont abondantes, plus faibles sont les ressources nécessaires pour se les approprier, plus forte sera la croissance. Les pays de l'OPEP ont, en 1973 puis 1979, brutalement rendu ces ressources plus rares. L'économie ne pouvait donc pas reprendre le même rythme de croissance, même une fois le choc initial encaissé. Elle le pouvait d'autant moins qu'à ce choc des ressources naturelles s'est ajouté un autre choc "d'offre" : le ralentissement de la productivité, avec l'épuisement du modèle de production fordiste. Dans ce type de choc, l'économie ne peut pas revenir au même &lt;span style="font-style: italic;"&gt;trend&lt;/span&gt; de croissance qu'auparavant. Et l'État n'y peut rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crise actuelle s'inscrit certainement dans un scénario à la 1929. Pourtant deux éléments (au moins) complexifient l'analyse :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1- Nous avons connu un commencement de 1973 avant le déclenchement de la récession à proprement parler. En juillet 2008, le pétrole était à 130 dollars le baril. La croissance mondiale a alors fait face, durant une brève période, à une rareté croissante des ressources naturelles sur lesquelles elle repose. Quand la Chine retrouvera sa croissance à deux chiffres, et lorsque les américains rallumeront leur S.U.V, nous retrouverons le monde tel que nous l'avons quitté à l'été 2008 : avec une quantité finie et décroissante de ressources à nous offrir. Ce n'est pas un obstacle insurmontable, mais cela constitue très certainement la cause possible d'un ralentissement du rythme de la croissance -jusqu'à ce que le génie humain surmonte la rareté de la nature (ou pas).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2- La croissance des pays occidentaux les plus dynamiques, en particulier le Royaume-Uni et les États-Unis, était fondée sur un ensemble de déséquilibres qui ne pouvaient se poursuivre. En particulier, l'accroissement de la consommation des ménages dans ces pays a été rendu possible par une diminution continue de leur taux épargne et une augmentation corrélative de leur endettement. La croissance s'est nourri de l'endettement de tous les acteurs de l'économie et d'une balance des paiements fortement déficitaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShSbJ1-g-uI/AAAAAAAAAKQ/wMwaPak_7EE/s1600-h/taux+d%27epargne+menage+eu.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShSbJ1-g-uI/AAAAAAAAAKQ/wMwaPak_7EE/s400/taux+d%27epargne+menage+eu.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5338062051751295714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Ce dynamisme économique fondé sur l'endettement est probablement définitivement brisé. Reste à savoir si les États-Unis trouveront un autre mode de régulation de leur économie, maintenant que la finance et la dette leur font défaut. A défaut, le rythme de croissance américain se rapprocherait de celui de la France, qui n'a pas pareillement joui des vertiges de l'endettement et de la finance. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-1443575543511512266?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/1443575543511512266/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-crise-et-apres.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1443575543511512266'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1443575543511512266'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-crise-et-apres.html' title='La crise, et après ?'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShRL0ps_7nI/AAAAAAAAAKA/vVOeH02-_ls/s72-c/croissance+avant+apr%C3%A9s+1929.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-8546809675814093191</id><published>2009-05-19T15:10:00.018+02:00</published><updated>2009-09-15T18:13:29.750+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>Greenspan est-il coupable ?</title><content type='html'>Un lecteur &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/quand-les-prophetie-echouent-et-ce-qui.html#comments"&gt;critique &lt;/a&gt;mon rejet de la responsabilité des banques centrales dans la crise, en raison de leur politique de taux faibles. L'accusation s'articule autours d'une idée simple : si les gens ont acheté en empruntant des maisons qu'ils ne pouvaient se payer, c'est que cela ne coûtait pas cher de le faire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon point de vue est plus nuancé. Je n'exonère pas les banques centrales. Je critique l'idée d'en faire l'élément essentiel d'explication. &lt;span class="fullpost"&gt; Pour s'en tenir au seul rôle des taux d'intérêt bas, on peut par exemple observer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. que les taux n'ont été bas que 3 ans, de 2001 à 2004. Dès 2005, ils redeviennent élevés. Ils n'ont pu jouer un rôle que déclencheur. Et que pour la Fed. Les taux de la Banque d'Angleterre n'ont jamais été bas, ce qui n'a pas empêché le pays de connaitre une intense bulle immobilière comparable à celle des E-U.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShK0YGoEOkI/AAAAAAAAAJo/y4DCJoiA_bg/s1600-h/taux+courts.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShK0YGoEOkI/AAAAAAAAAJo/y4DCJoiA_bg/s400/taux+courts.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337526834575981122" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;2.Les Banques centrales n'agissent directement que sur les taux à court terme. Or les taux à long terme sont bas depuis longtemps, bien avant les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;subprimes&lt;/span&gt;. L'afflux de liquidité venues des pays asiatiques à balance excédentaire a joué un rôle déterminant dans cette situation : ces pays, la Chine en particulier, ont accumulé d'énormes réserves de change, et les ont investies sur les marchés financiers occidentaux, principalement aux États-Unis, alimentant ainsi les marchés obligataires et faisant baisser les taux. Pour le dire différemment, il y avait des liquidités disponibles en abondance, au niveau mondial, quelque soit la politique monétaire menée par les banques centrales occidentales. Comme Bernanke l'a &lt;a href="http://www.federalreserve.gov/boarddocs/speeches/2005/20050414/default.htm"&gt;suggéré&lt;/a&gt; dans une&lt;a href="http://www.federalreserve.gov/newsevents/speech/Bernanke20060320a.htm#fn4"&gt; série&lt;/a&gt; de discours, les bas taux d'intérêt à long terme étaient ainsi dus autant à l'abondance de liquidités mondiales, qu'à la crédibilité des banques centrales ou aux faibles anticipations d'inflations.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;From a narrow U.S. perspective, these low long-term rates are puzzling; from a global perspective, they may be less so.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;Patrick Artus affirmait ainsi en 2007 que les banques centrales ont perdu le contrôle sur l'évolution de la masse monétaire au niveau mondial. Au milieu des années 2000, c'est la Chine qui en décidait (pour caricaturer).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShLJJhv4GSI/AAAAAAAAAJ4/3PAWNelrJBA/s1600-h/taux+longs.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShLJJhv4GSI/AAAAAAAAAJ4/3PAWNelrJBA/s400/taux+longs.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337549673902643490" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;3.Il faut également s'interroger sur la raison des faibles taux courts entre 2002 et 2005. Cela renvoie à la stratégie Greenspan : ne pas agir sur le marché quand il monte, puisqu'a priori le marché est rationnel -ou, en tout cas, personne ne peut prétendre détenir plus d'information que lui. Personne ne peut donc mieux juger que lui la pertinence de ses évolutions. Puis, sauver l'économie du désastre quand le marché s'effondre, par des taux très bas.&lt;br /&gt;Telle a été l'essence de sa stratégie. On ne peut manquer de voir qu'elle s'inscrit dans le cadre d'un marché porté à de grands emballements spéculatifs et dans un contexte idéologique, qui rend toute intervention a priori suspecte. Pour tout responsable, cela revient à résoudre la quadrature du cercle. Greenspan l'a résolu à sa façon. Désormais, tout le monde s'interroge gravement sur les modalités futures de régulation par la banque centrale de l'irrationalité du marché. Mais c'est parce que le contexte idéologique a changé. Et que l'univers des possibles politiques s'est largement réouvert. Tel est l'effet politique des crises systémiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé donc :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Les banques centrales n'étaient pas les seules responsables des bas taux d'intérêt.&lt;br /&gt;2) Leurs taux d'intérêts n'ont été bas que durant trois ans&lt;br /&gt;3) S'ils ont eu un rôle, il ne peut être que de déclencheur. La politique monétaire était restrictive au moment où la folie spéculative battait son plein (2005-2006). Reste donc à comprendre l'essentiel : les mécanismes, largement endogènes, de l'emportement spéculatif des acteurs. Les banques centrales leur ont, au mieux, fourni les munitions, pas l'arme ni l'envie de s'en servir.&lt;br /&gt;4) Enfin, cette politique monétaire est à replacer dans le contexte idéologique d'alors, avec le marché dérèglementé d'alors. Si on veut faire son procès, il faut commencer par en rappeler les circonstances.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-8546809675814093191?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/8546809675814093191/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/propos-des-banques-centrales.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8546809675814093191'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8546809675814093191'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/propos-des-banques-centrales.html' title='Greenspan est-il coupable ?'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShK0YGoEOkI/AAAAAAAAAJo/y4DCJoiA_bg/s72-c/taux+courts.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4927946404470292705</id><published>2009-05-18T07:00:00.028+02:00</published><updated>2009-09-15T18:16:01.683+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='(mal)journalisme'/><title type='text'>Le  martyre du lecteur du Monde</title><content type='html'>Depuis quelques mois, le quotidien nous inflige une &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-je-ne-regrette-rien-du-monde.html"&gt;couverture inepte&lt;/a&gt; du mouvement universitaire.  Les pages économiques ne valent guère mieux et semblent relever d'une loi de Gresham journalistique : les mauvais journalistes chassent les bons. Ainsi, le lecteur est confronté avec  &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Antoine_Delhommais"&gt;Pierre-Antoine Delhommais&lt;/a&gt; à une sorte d'&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Le_Boucher"&gt;Éric Le Boucher&lt;/a&gt; du pauvre, depuis le départ du vrai. Il impose au lecteur un brouet idéologique, où se mélangent du Allais de la mauvaise période avec quelques banalités libérales. La semaine dernière, nous avons eu droit à cette &lt;a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/09/le-martyre-des-banques-centrales-par-pierre-antoine-delhommais_1191007_3232.html"&gt;chronique&lt;/a&gt;, qui contient en son cœur une idée dramatiquement fausse : les banques centrales financent les déficits par création monétaire. Cela serait même l'essence de leur politique anti-crise. &lt;span class="fullpost"&gt; &lt;a href='#HTML'&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;En décidant d'acheter en masse les emprunts du Trésor, c'est-à-dire en choisissant de créer de la monnaie pour financer directement les déficits publics, la Réserve fédérale, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon - la BCE s'y refuse encore, mais pour combien de temps ? - sont &lt;/span&gt;&lt;i style="font-style: italic;"&gt;"devenues asservies au budget de l'Etat"&lt;/i&gt;.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;L'article commence par nous servir l'air connu du "tout ça c'est la faute aux banques centrales", nouveau cri de ralliement du &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/quand-les-prophetie-echouent-et-ce-qui.html"&gt;libéral désorienté&lt;/a&gt;.  Puis il débouche sur cette ultime condamnation des banques centrales : elles se comportent maintenant comme celle du Zimbabwe. Elles sont devenues les instruments de l'État et impriment des billets pour payer sa folie dépensière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n'est pourtant plus faux : les banques centrales explosent bel et bien leur bilan, mais pour permettre au secteur privé de se désendetter. Elles ne privatisent pas la gabegie publique : elles socialisent les pertes privées -et la folie qui leur a donné naissance. Delhommais n'est pas seul à reprendre cette idée fausse, née probablement de l'annonce par différentes banques centrales, en particulier la Fed et la Banque d'Angleterre, de la mise en œuvre de politiques dites d'assouplissement quantitatif, par lesquelles ces banques achètent des obligations d'État à maturité longue, ainsi que certaines obligations privées. Le raisonnement a dû être le suivant : les banques achètent des bonds du Trésor. Cela signifie donc que les banques font tourner la planche à billet pour l'État. Mais ce n'est pas du tout ce qui se passe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Habituellement, les banques centrales achètent et vendent des titres du Trésor à court terme pour influencer les taux d'intérêt à court terme. Si elles veulent faire baisser ces taux, elles achètent des titres à court terme, ce qui conduit à accroitre leur cours, c'est-à-dire à faire baisser les taux (si le prix des obligations augmente, cela signifie en effet que l'emprunteur obtient plus d'argent quand il vend une obligation : autrement dit, le taux d'intérêt auquel il emprunte baisse).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces taux à court terme influencent à leur tour la "courbe des taux", c'est-à-dire les taux d'intérêt pour les prêts à moyen et long terme. Il est donc abusif de dire que les banques centrales fixent les taux d'intérêt : elles ne fixent que les taux d'intérêt à court terme. Au delà de trois mois, c'est le marché qui décide, en partie en fonction des anticipations qu'il forme des taux d'intérêt futurs de la banque centrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème des banques centrales, et en particulier de la Fed, est qu'elles ont aujourd'hui épuisé toutes leur munitions conventionnelles : les taux d'intérêt à court terme sont égaux à pratiquement 0. La politique monétaire classique est devenue inefficace. D'où l'idée de Bernanke, imité ensuite par la Banque d'Angleterre, de sortir l'armement lourd, autrement appelé "assouplissement quantitatif". L'idée est simple : faire avec les titres à moyen et long termes ce que l'on fait habituellement avec les titres à court terme : en acheter pour faire baisser leurs taux d'intérêt -et, tant qu'à faire, acheter également des obligations d'entreprises privées ainsi que des prêts hypothécaires titrisés.  En payant le tout avec de la monnaie fraichement imprimée, ou plutôt, puisque nous vivons une époque moderne, par quelques octets informatiques. Le but poursuivi est de s'assurer que les taux d'intérêt que payent les entreprises et les ménages baissent significativement, les incitant à investir et consommer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Fed s'est lancé dans l'achat des bons d'État &lt;a href="http://www.federalreserve.gov/newsevents/press/monetary/20090318a.htm"&gt;à partir de mars&lt;/a&gt;. Elle a surtout essayé de faire baisser les taux des obligations de 4 à 7 ans, &lt;a href="http://accruedint.blogspot.com/2009/04/fed-to-treasury-market-it-is-you-who.html"&gt;pensant que ce sont celles qui influencent le plus les taux des obligations pour le secteur privé&lt;/a&gt;. Le résultat de son action est, comme on peut le voir sur ce graphique, extrêment faible, de moins de 25 points de base (0.25%). Elle est même totalement inopérante pour les maturités plus longues, où les taux ont augmenté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShDeAemW2kI/AAAAAAAAAJg/ZAhV0HWvhOQ/s1600-h/courbe+des+taux.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShDeAemW2kI/AAAAAAAAAJg/ZAhV0HWvhOQ/s400/courbe+des+taux.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337009658229348930" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les banques centrales n'agissent pas ainsi habituellement en raison du risque de l'opération : la valeur des obligations à moyen et long terme peut baisser avant leur maturité ; les emprunteurs privés peuvent même faire défaut. Le danger est que la perte soit telle que la valeur même de la monnaie qu'émet la banque centrale soit atteinte. C'est pour cela qu'une banque centrale n'agit jamais ainsi en temps normal. Mais nous ne vivons pas des temps normaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que cela revient à financer par création monétaire l'État ? Dans le cas présent, pas vraiment. Quand une banque centrale veut financer les dettes de l'État par de la monnaie, elle procède ainsi : elle achète directement, avec de la monnaie qu'elle vient de créer, des obligations à l'État, sans même passer par le marché des obligations. L'État se sert de cet argent pour financer ses dépenses. C'est cela "faire tourner la planche à billet" dans une économie moderne où la banque centrale ne se confond pas avec le Trésor. Cette opération est aujourd'hui rigoureusement interdite en Europe. Elle a, en effet, le vilain défaut d'être inflationniste. Et, du temps de sa splendeur, le monétarisme a réussi à imposer cette idée simple : l'inflation c'est mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, ce n'est pas tout à fait cela qui se passe. La banque centrale se contente d'acheter, sur le marché secondaire (le marché de l'occasion, si l'on veut) des obligations que l'État a d'abord vendue à des acteurs privés, parfois il y a longtemps. Le but n'est pas d'aider l'État à financer ses nouvelles dettes en achetant des obligations qu'il émet. Il est de faire baisser les taux d'intérêt pour aider le secteur privé. Qui plus est, en septembre, la Fed a &lt;a href="http://www.ustreas.gov/press/releases/hp1144.htm"&gt;obtenu des fonds&lt;/a&gt; de la part du Trésor pour financer ces opérations -fonds que le Trésor a lui même obtenu en émettant des obligations : le Trésor s'est endetté au profit de la Fed...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais surtout, un simple coup d'œil au bilan de la Fed nous montre le caractère marginal de ces opérations :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sf4wAkdVPfI/AAAAAAAAAGI/4q84haTgBFU/s1600-h/actif+fed.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sf4wAkdVPfI/AAAAAAAAAGI/4q84haTgBFU/s400/actif+fed.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331751795198082546" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;On voit que, depuis septembre, la Fed a vendu plus de la moitié de ses obligations du Trésor. Elle n'a presque plus de T-Bill. Elle s'est remise à en acheter à partir de mars, avec l'&lt;a href="http://www.federalreserve.gov/newsevents/press/monetary/20090318a.htm"&gt;annonce&lt;/a&gt; d'une nouvelle vague "d'assouplissement quantitatif". Mais la quantité d'obligations du Trésor que la Fed a achetée est très faible au regard de celle qu'elle a vendue depuis un an. Il est extrêmement clair que la Fed ne fait pas tourner sa planche à billet pour acheter des titres publics : depuis un an, elle en a vendu bien plus qu'elle n'en a acheté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par contre, on voit tout aussi clairement que l'essentiel de la politique d'assouplissement quantitatif engagé à partir de Mars a consisté à acheter des titres hypothécaires (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Morgage-based securities&lt;/span&gt;) (dont les taux ont baissé de 30 points de base) et des obligations d'entreprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le dire différemment : la banque centrale américaine (tout &lt;a href="http://ftalphaville.ft.com/blog/2009/03/05/53244/boe-cuts-rates-50bps-announces-75bn-asset-purchase-programme/"&gt;comme l'anglaise&lt;/a&gt;) crée de la monnaie pour financer la dette du secteur privé. &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-banque-centrale-americain-explose.html"&gt;Comme nous l'indiquions&lt;/a&gt;, elle est devenue un prêteur en premier ressort. Si elle ne prête pas au secteur privé, personne, en tout cas pas les banques et la plupart des acteurs financiers, ne le fera. La morale de cette histoire est simple : il s'agit de socialiser les pertes privés. Pas de privatiser les déficits publics. Pour une raison simple : nous ne vivons pas une crise de l'endettement public, mais de la dette privée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c'est une idée qu'il est sans doute dur de comprendre quand on croit dans la sagesse indépassable du marché et dans l'irresponsabilité principielle de l'État.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:7;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a name='HTML'&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;font-size:7;" &gt;Ce qui, du reste, dans les circonstances actuelles ne serait guère problématique, et nullement inflationniste (à court terme) : cela reviendrait à injecter dans l'économie les liquidités que les ménages et les banques ont retiré, en les gardant oisives dans leurs comptes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4927946404470292705?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4927946404470292705/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-martyre-du-lecteur-du-monde.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4927946404470292705'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4927946404470292705'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-martyre-du-lecteur-du-monde.html' title='Le  martyre du lecteur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/ShDeAemW2kI/AAAAAAAAAJg/ZAhV0HWvhOQ/s72-c/courbe+des+taux.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7492196482147197946</id><published>2009-05-14T21:26:00.007+02:00</published><updated>2009-05-19T18:30:19.600+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='répartition de la valeur ajoutée'/><title type='text'>L'INSEE analyse le partage de la valeur ajoutée</title><content type='html'>L'INSEE vient de publier un&lt;a href="http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/dossiers_web/partage_VA/rapport_partage_VA.pdf"&gt; rapport&lt;/a&gt; sur le partage de la valeur ajoutée, en réponse à une requête de Nicolas Sarkozy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rapport est né d'une commande présidentielle. Mais cette dernière n'est que la traduction du mécontentement populaire face à la stagnation salariale. Mécontentement qui a porté Sarkozy au pouvoir, sous fond de "travailler plus pour gagner plus", et qui a ressurgi au moment de la crise, avec ses révélations sur les rémunérations obscènes des grands patrons. On attendait manifestement la publication du rapport pour agir. A l'instant même de sa publication, Frédéric Lefebvre &lt;a href="http://www.fredericlefebvre.com/index.php?section=detail_media&amp;amp;id=888"&gt;annonçait&lt;/a&gt; que le gouvernement prendrait des mesures, avec ou sans l'accord des partenaires sociaux. Le rapport est donc éminemment politique. Et son premier enseignement véritable est de nous dire ce qu'est le rapport du gouvernement en place aux savoirs statistiques, et singulièrement à ceux de l'INSEE : un prétexte à une action. Nullement quelque chose que l'on doit prendre au sérieux. Sur lequel on peut, en tout cas, faire pression pour que la mesure qu'il offre soit &lt;a href="http://www.lesmotsontunsens.com/greve-insee-delocalisation-metz-sarkozy-n-aime-pas-les-statistiques-2631"&gt;politiquement opportune&lt;/a&gt;. &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retrouve dans le rapport certains éléments que j'avais mis en avant dans mes deux &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-repartition-de-la-valeur-ajoutee-1.html"&gt;billets&lt;/a&gt; sur la &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-partage-de-la-valeur-ajoutee-2_11.html"&gt;question&lt;/a&gt;. La problématique en est toutefois profondément différente. Le rapport porte sur l'évolution du partage de la valeur ajoutée, mais il consacre pourtant de très longs développements au lien entre productivité et salaire -question connexe, mais distincte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout se passe comme si le rapport faisait un petit cours d'économie aux français. Ces derniers ont, pour la plupart, une vision rudimentaire de l'économie, qu'ils transforment en un jeu à somme nulle : pour que l'un (les patrons) gagne, il faut que l'autre (les salariés) perde. Ce qui les conduit à l'inférence en partie fausse que si les salaires n'augmentent pas c'est en raison de l'accroissement de la part des profits. Pourtant, sur le long terme, la hausse des salaires est étroitement corrélée avec la hausse de la productivité. Et c'est avant tout parce que la productivité stagne depuis 20 ans que les salaires augmentent faiblement. Le problème, ce n'est pas le partage du gâteau, mais sa taille :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote style="font-style: italic;"&gt;Sur longue période, c’est le ralentissement des gains de productivité qui l’emporte, entraînant dans son sillage l’évolution des salaires.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Au contraire, le rapport s'interdit de mettre en perspective les évolutions qu'il constate pourtant dans la répartition de la valeur ajoutée, notamment dans l'usage par l'entreprise de la part qui lui revient après payement des salaires. On relève notamment cette phrase :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sur la période récente, la capacité d'autofinancement se contracte à nouveau, avec pour corollaire une baisse du taux d’autofinancement. Ces évolutions trouvent leur origine dans la forte augmentation de la valeur des fonds propres des entreprises et la croissance corrélative des dividendes versés.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;En clair : les entreprises payent tellement de dividendes, qu'elles n'ont plus assez de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;cash flow&lt;/span&gt; pour investir. Si elles veulent investir, il leur faut s'endetter beaucoup plus qu'auparavant. Pour le dire différemment, les actionnaires sont tellement gourmands qu'ils menacent la dynamique d'accumulation du capital. Pourtant le rapport ne dit rien du pourquoi d'une telle évolution. C'est là que le rapport est le plus faible : dans son absence presque complète de problématisation des mécanismes sous-jacents aux transformations qu'il constate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier constat : les critiques massives que reçoit l'INSEE depuis 10 ans sur la médiocrité des données qu'il fournit portent de plus en plus. Jusqu'à il y a peu on ne pouvait analyser sérieusement les évolutions les plus importantes dans les inégalités économiques à partir des données de l'INSEE. Elles sous-évaluaient les revenus du patrimoine, alors que leur croissance est une des causes le plus importantes de l'accroissement des inégalités. L'année dernière, l'institut a commencé à mieux les intégrer. D'un seul coup, les 10% les plus riches se sont retrouvés 20% plus riches qu'auparavant relativement aux 10% les plus pauvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces données, d'autre part, rendaient impossible l'analyse des évolutions salariales parmi les 10% des salariés les mieux rémunérés. Or, comme je le soulignais dans mon &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-partage-de-la-valeur-ajoutee-2_11.html"&gt;billet&lt;/a&gt;, c'est là qu'a lieu l'essentiel de la dynamique inégalitaire entre les salariés depuis 20 ans en France. Le travail de Camille Landais en avait fait la démonstration. L'INSEE a été contraint, faute de retirer tout sérieux à son travail, de produire enfin les données pertinentes, que l'on trouve dans le rapport (j'attends toutefois les séries statistiques en ligne).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, je crois que la seule annonce positive de ce rapport est que si, par le passé, la qualité des données de l'INSEE étaient outrageante au regard de celle des statistiques américaines, une partie du retard commence à être comblé. Pour l'écart des rémunérations, il faudra probablement attendre davantage.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7492196482147197946?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7492196482147197946/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/linsee-analyse-le-partage-de-la-valeur.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7492196482147197946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7492196482147197946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/linsee-analyse-le-partage-de-la-valeur.html' title='L&apos;INSEE analyse le partage de la valeur ajoutée'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-1580678553859992009</id><published>2009-05-14T18:32:00.002+02:00</published><updated>2009-09-15T18:14:23.557+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>Qu'est qu'un banquier sensé ?</title><content type='html'>Qu'est-un banquier sensé ? La réponse de Keynes : &lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote style="font-style: italic;"&gt;Les banques et les banquiers sont aveugles de nature. Ils n'ont pas vu ce qui allait arriver. [...] Un banquier sensé n'est hélas point un banquier qui voit venir le danger et l'écarte, mais un banquier qui, lorsqu'il se ruine, le fait d'une manière orthodoxe et conventionnelle, en même temps que ses collègues, de façon à ce qu'on ne puisse rien lui reprocher. [...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les symptômes actuels indiquent que les banquiers se précipitent au suicide. À chaque pas, ils ont refusé d'appliquer un remède assez énergique. Et ils ont laissé les choses aller si loin qu'il est à présent difficile de trouver un remède quelconque. [...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela fait, bien entendu, partie du métier de banquier que de sauver les apparences, et de professer à l'égard des conventions, un respect des plus humains. Ils sont devenus, à force de tenir ce rôle, les hommes les plus roman­tiques et les moins pratiques qu'on puisse rêver. Il est tellement essentiel pour eux que leur état soit à l'abri de toute critique qu'ils en arrivent eux-mêmes à faire abstraction de tout sens critique, jusqu'à ce qu'il soit trop tard. En bons citoyens honnêtes qu'ils sont, ils ressentent de l'indignation pour les périls que court le malheureux monde dans lequel ils vivent, lorsque ces périls sont venus à maturité, mais ils ne les prévoient pas. Une conspiration des ban­quiers! L'idée est absurde! Si seulement cela pouvait exister ! S'ils doivent jamais être sauvés, je puis prédire que ce sera à leur corps défendant.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J.M. Keynes, &lt;a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/keynes_john_maynard/essais_de_persuasion/keynes_essais_persuasion.pdf"&gt;Essais de persuasion&lt;/a&gt;, 1931, p. 89 et sv.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : Keynes a peut-être surestimé l'honnêteté des banquiers...&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-1580678553859992009?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/1580678553859992009/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/quest-quun-banquier-sense_14.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1580678553859992009'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1580678553859992009'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/quest-quun-banquier-sense_14.html' title='Qu&apos;est qu&apos;un banquier sensé ?'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-1525429177114404634</id><published>2009-05-13T05:01:00.012+02:00</published><updated>2009-09-20T18:23:04.454+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='wikipédia'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='libéralisme'/><title type='text'>Quand les prophéties échouent (et ce qui advient sur Wikipédia)</title><content type='html'>Que se passe-t-il quand une prophétie échoue lamentablement ? Les vrais croyants continuent de croire : ils croient même davantage à la vérité de leur message prophétique. Les prophéties sont un cauchemar poppérien : rien ne peut jamais les falsifier aux yeux du vrai croyant. Même l'échec le plus lamentable renforce sa conviction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prophétie ultra-libérale d'un optimum économique et social par la dérégulation et le marché sans entrave a lamentablement échoué : les vrais croyants continuent pourtant d'y croire. Les événement récents ont été désastreux pour eux. Mais, comme on va le voir, ils s'en sont sorti avec brio. Enfin, pas vraiment, mais leur gymnastique intellectuelle relève de la haute voltige.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;C'est à Max Weber que l'on doit la première étude sociologique sur la question, dans son ouvrage sur le &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Ancient_Judaism_%28book%29"&gt;Judaïsme antique&lt;/a&gt;. Les Hébreux avaient établi une alliance avec un Dieu qui leur assurerait force et victoire. Manque de chance : &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabuchodonosor_II"&gt;Nabuchodonosor&lt;/a&gt; en avait décidé autrement. Il détruisit Jérusalem et son Temple, déporta une partie significative du peuple hébreux. Cela aurait dû être fatal à la croyance en Yahvé. Et pourtant, c'est le contraire qui eut lieu : le peuple hébreux s'est, à l'occasion, transformé en peuple juif. La croyance en un Dieu unique s'est affermie, et les pratiques religieuses très fortement durcies. Par quel mécanisme ? Grâce aux prophéties de malheur (dont celle de Jérémie) qui ont conduit à interpréter cet échec apparent de Yahvé comme une preuve de sa toute puissance : le peuple hébreux s'était écarté de l'observance des rites que Yahvé lui avait fixé. En conséquence, il les a puni de toute sa puissance, faisant de Babylone l'instrument de son courroux. Il fallait donc plus que jamais observer ses commandements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l'a montré l'&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%A9chec_d%27une_proph%C3%A9tie"&gt;étude classique&lt;/a&gt; de Leon Festinger, on trouve au centre de ce processus de reconstruction de la réalité, le mécanisme psychologique de la dissonance cognitive : le croyant dénie l'échec parce qu'il ruine tout ce qu'il croit et tout ce qu'il a fait de sa vie. Plutôt que d'accepter la réalité, il va la réinterpréter. Festinger ajoute que cela ne peut fonctionner si le croyant est seul : il lui faut le soutien des autres croyants pour supporter le désastre, et construire un récit qui en transfigure la signification. Le groupe fonctionne comme une réassurance, et cette réassurance passe par une radicalisation de la croyance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est très exactement ce qui s'est passé chez les vrais croyants ultra libéraux. La crise économique est un échec massif pour tous leurs récits. Le marché ne s'autorégule manifestement pas. La dérégulation n'a pas conduit au paradis économique sur terre, mais à la pire crise économique depuis 1929. Comme le dit l'homme aux talonnettes, il va falloir "&lt;a href="http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/wp-content/uploads/2009/04/g20_refonder_capitalisme.jpg"&gt;refonder le capitalisme&lt;/a&gt;". Tout au moins, c'est l'enseignement qu'en ont tiré la plupart des individus, jusqu'au &lt;a href="http://www.ft.com/indepth/capitalism-future"&gt;Financial Times&lt;/a&gt;  :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The credit crunch has destroyed faith in the free market ideology that has dominated Western economic thinking for a generation. But what can – and should – replace it?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Les vrais croyant libéraux ont pourtant élaboré un récit alternatif, qui, dans son principe, se rapproche de celui des anciens Hébreux. Nous en sommes là, non pas parce que Dieu marché n'existe pas, mais parce qu'il nous a puni de n'avoir pas respecté ses commandements, et laissé le diable État agir à sa place : voilà la substance de leur récit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;code&gt;&lt;/code&gt;La construction de ce récit est assez délicate : la crise actuelle est née d'une crise financière qui implique des acteurs financiers sur un marché dérégulé. Aucune trace de l'État dans tout cela. Du moins c'est ce que pense le mécréant. Il a tort : la &lt;a href="http://blog.turgot.org/index.php?post/Les-subprimes-%3A-une-crise-d-origine-politique"&gt;crise des subprimes est d'origine politique&lt;/a&gt;. C'est l'État le coupable. Pour parvenir à un telle conclusion, les vrais croyants ont cherché désespérément tout ce qui pouvait, même lointainement, être rattaché à l'État, pour lui attribuer le blâme. Ils ont trouvé trois coupables, unis dans des analyses plus ou moins cohérentes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Les&lt;a href="http://blog.turgot.org/index.php?post/La-malhonn%C3%AAtet%C3%A9-des-banquiers-centraux"&gt; banques centrales&lt;/a&gt;, la Fed surtout.  Comment ? Elles ont fournit des liquidités abondantes, avec leurs faibles taux d'intérêt, qui ont nourri la bulle. Nul ne nie que ces politiques ont joué un certain rôle, mais quand on utilise cet argument pour affirmer que les banques centrales sont &lt;span style="font-style: italic;"&gt;la&lt;/span&gt; cause de la bulle financière, l'argument est spécieux : c'est un peu comme dire que le marchand d'arme a tiré à la place du tueur en série. Au pire, il est coupable de lui avoir vendu une arme, mais cela n'explique pas pourquoi le tueur en série a été pris d'une soudaine folie meurtrière. Le vendeur n'est certainement pas la cause motrice et efficiente du carnage. Pour expliquer la folie meurtrière du marché, il faut aller voir ailleurs : du côté de la dérégulation financière. L'argument revient par ailleurs à la figure des ultra-libéraux comme un boomerang. Ce sont les mêmes ultra-libéraux qui ont, en effet, passé l'essentiel des années 1990 à réclamer l'indépendance des banques centrales, et les années 2000 à venter les louanges de sa mise en œuvre. Et ils ont, à l'époque du supposé crime, encensé Greenspan, qui avait suivi leurs recommandations à la lettre, avec son idéologie du "&lt;a href="http://www.ft.com/cms/s/0/705574f2-3356-11de-8f1b-00144feabdc0,s01=1.html"&gt;le marché sait mieux que moi ce qu'il a à faire&lt;/a&gt;". J'ai donc à faire un petit rappel informatif à leur égard : les banques centrales &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sont&lt;/span&gt; indépendantes. L'État n'agit pas sur elle (au moins jusqu'à la crise). C'est ce qu'on appelle la dérégulation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fanny_Mae"&gt;Fannie Mae&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Federal_Home_Loan_Mortgage_Corporation"&gt;Freddie Mac&lt;/a&gt;. Les banques centrales n'étant manifestement pas les tueurs, il a fallu &lt;a href="http://www.institutmolinari.org/editos/20081030.htm"&gt;trouver&lt;/a&gt; des acteurs financiers impliqués &lt;span style="font-style: italic;"&gt;directement&lt;/span&gt; dans la bulle, et qui entretiennent quelques rapports avec l'État, dans la masse proliférante de&lt;span style="font-style: italic;"&gt; hedge funds&lt;/span&gt;, banques d'investissement, véhicules spéciaux et autres acteurs de la bulle financière. Fannie Mae et Freddie Mac &lt;a href="http://blog.turgot.org/index.php?post/2009/01/30/Comment-l-%C3%A9tat-f%C3%A9d%C3%A9ral-a-sap%C3%A9-les-fondations-du-march%C3%A9-am%C3%A9ricain-du-cr%C3%A9dit-immobilier"&gt;ont fait l'affaire&lt;/a&gt; : à l'origine, ce sont deux agences gouvernementales, dont le but est de réassurer les prêts hypothécaires, de manière à favoriser l'accession à la propriété. Les vrais croyants souffrent pourtant d'amnésie. Ils ont complètement oublié le fait qu'en 1968 Fannie Mae a été privatisée. Complètement oublié également le fait que sous Clinton, en raison de la pression des acteurs financiers et de ses actionnaires réclamant plus de profit, les critères de sélections des prêts qu'elle réassure ont été largement assouplis. Après tout, le marché sait mieux. Fannie peut lui faire confiance. Du moins c'est ce qu'on affirmait à l'époque. Encore une fois, l'argument est un boomerang : vous vouliez la dérégulation ? Et bien, vous l'avez eu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-La régulation elle même. &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Lepage_%28%C3%A9conomiste%29"&gt;Henri Lepage&lt;/a&gt; nous le dit : "&lt;a style="font-style: italic;" href="http://blog.turgot.org/index.php?post/2008/11/17/Crise-financi%C3%A8re-%3A-l-autre-vision"&gt;c'est par là que tout a commencé&lt;/a&gt;". Vous pensiez que nous souffrions d'un déficit de régulation, suite à la déréglementation des marchés. Vous aviez tort : ce sont les quelques régulations restantes, beaucoup trop nombreuses, qui ont provoqué la crise. Si l'État n'avait pas régulé, il n'y aurait pas eu de crise. D'ailleurs, on vous l'affirme sans rire, le secteur bancaire est le plus régulé qui soit. Les ratios prudentielles de Bâle I et II ont, en particulier, poussé les acteurs à agir imprudemment. Sans les accords prudentiels, les banques auraient pu faire tout ce qu'elles voulaient et quand elles font tout ce qu'elles veulent, elles ne font pas n'importe quoi. Puisqu'on vous le dit. La preuve. On atteint là le stade ultime de la dissonance cognitive. Si vous rencontrez quelqu'un qui vous dit ça : n'essayez même pas de discuter avec lui. A moins que vous trouviez le dialogue avec un mormon enrichissant, bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Point fascinant, dans ces récits, on retrouve un trait observé par Festinger et Weber : la radicalisation du discours. Le monde économique ayant été dérégulé, et le désastre ayant néanmoins eu lieu, c'est donc qu'il n'était pas vraiment dérégulé, ou pas assez, puisque le marché est l'optimum, par définition. D'où le rejet de tout discours, même libéral, qui pourrait suggérer le contraire. D'où le renouveau, dans ces milieux, des thèses les plus radicales, que fournit la tradition dite &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_autrichienne_d%27%C3%A9conomie"&gt;autrichienne&lt;/a&gt;.  En particulier, une idée délirante est devenue le nouveau crédo : il faut la &lt;a href="http://www.institutmolinari.org/editos/20090414.htm"&gt;liberté monétaire complète&lt;/a&gt;. Plus de privilège des banques centrales. Tout le monde doit pouvoir émettre de la monnaie. Et si possible, ajoutent certains, il faut le&lt;a href="http://blog.turgot.org/index.php?post/Pour-un-retour-%C3%A0-l-%C3%A9talon-or"&gt; retour à l'étalon or&lt;/a&gt; (et pourquoi pas à la machine à vapeur, tant qu'on y est ?).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et Wikipédia dans tout ça ? On arrive ici au deuxième trait constaté par Festinger : le croyant se persuadera d'autant plus que la prophétie n'a pas échoué qu'il s'en convaincra grâce aux autres, et qu'il parviendra à en convaincre les autres. Comme le &lt;a href="http://blog.turgot.org/index.php?post/2008/12/03/Fred-Smith-%3A-%22Non%2C-ce-n-est-pas-une-crise-pas-une-crise-du-Capitalisme-%21%22"&gt;dit&lt;/a&gt; &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fred_L._Smith"&gt;Fred Smith&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le défi auquel nous sommes aujourd'hui confrontés, nous économistes libéraux, est de faire apparaître cette imposture &lt;/span&gt;[des explications habituelles]&lt;span style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;au grand jour&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. Nous devons développer et diffuser un autre récit de la crise qui puisse se décrire en slogans aussi simples aussi efficaces que ceux utilisés par nos adversaires. Ce défi est à la fois intellectuel et politique. Mais, plus que tout, il suppose que nous en ayons les moyens, notamment les moyens de communiquer et de faire le marketing de nos idées.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;On retrouve ainsi ces slogans apologétiques présentés comme des vérités d'évidence, dans la limite de la NPOV (ou pas), dans &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes#Causes_invoqu.C3.A9es"&gt;divers&lt;/a&gt; &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financi%C3%A8re_de_2007-2009#L.27origine_de_la_crise_financi.C3.A8re"&gt;articles&lt;/a&gt; de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_centrale#Critiques"&gt;wikipédia&lt;/a&gt;. Une comparaison avec les articles anglais &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Subprime_mortgage_crisis#Causes"&gt;parle&lt;/a&gt; d'&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Financial_crisis_of_2007%E2%80%932008#Cause_of_the_financial_crisis"&gt;elle&lt;/a&gt; même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu'un qui vous explique, tout en sous-entendus, que les causes de la crise se résument aux banques centrales, à leurs taux d'intérêt, ou à Fannie et Freddie n'est finalement pas très différent d'un mormon en chemise blanche et badge noir qui vous offre des cours d'anglais gratuits : les voies du royaume sont pour lui impénétrables, longues et parfois contournées. Elles passent même par Wikipédia.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-1525429177114404634?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/1525429177114404634/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/quand-les-prophetie-echouent-et-ce-qui.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1525429177114404634'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/1525429177114404634'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/quand-les-prophetie-echouent-et-ce-qui.html' title='Quand les prophéties échouent (et ce qui advient sur Wikipédia)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-611286275401372055</id><published>2009-05-11T22:27:00.017+02:00</published><updated>2009-05-19T18:30:42.516+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='inégalités'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='répartition de la valeur ajoutée'/><title type='text'>Le partage de la valeur ajoutée (2)</title><content type='html'>La répartition de la valeur ajoutée fonctionne comme un écran, &lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-repartition-de-la-valeur-ajoutee-1.html#comments"&gt;écrivions-nous&lt;/a&gt; : elle semble donner à voir l'essentiel, quand elle le masque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle nous cache tout d'abord les évolutions qui se sont opérées au sein même du "capital". Le capital est, dans la comptabilité nationale, ce que garde l'entreprise de la valeur ajoutée, une fois qu'elle a payé les salaires : telle est la définition, simplifiée, de l'excédent brut d'exploitation (EBE). Mais l'EBE ne dit rien de ce que l'entreprise fait de la valeur ajoutée qui lui reste. De ce "profit", les actionnaires (c'est à dire les propriétaires juridiques du capital) peuvent ne rien toucher. L'entreprise peut entièrement le retenir, et ne rien leur donner. Elle en retient toujours une part importante, ne serait-ce que pour auto-financer son investissement. L'excédent brut d'exploitation ne mesure donc en rien la part du profit qui revient aux capitalistes. Les entreprises conservent toujours une part de la valeur ajoutée pour poursuivre leur activité : même dans une société communiste, l'excédent brut d'exploitation ne serait donc pas nul et il y aurait partage de la V.A entre "capital" et "travail" !&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;Or, c'est dans l'usage par les entreprises de leur part de la valeur ajoutée que s'est opérée la première transformation décisive dans sa redistribution. A partir des années 1990, les actionnaires ont accru leur emprise sur la gouvernance des entreprises, et ont réclamé des dividendes beaucoup plus élevés que par le passé. Les entreprises, soumises au "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;benchmarking&lt;/span&gt;" des marchés boursiers, et au graal du &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Return_on_equity"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ROE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; à 15%, ont été contraintes d'obtempérer, et de redistribuer une part croissante de l'EBE à leurs actionnaires, et donc, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;in fine&lt;/span&gt;, de la valeur ajoutée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjG9J6TZ9I/AAAAAAAAAIY/cG22R0R5uls/s1600-h/graphique11.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjG9J6TZ9I/AAAAAAAAAIY/cG22R0R5uls/s400/graphique11.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334732512555132882" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;L'augmentation est considérable : la part de la V.A redistribuée sous formes de dividendes a été multipliée par 5 en 25 ans. Les dividendes représentaient ainsi, en 2007, 25% de la valeur ajoutée produite en France et 75% de l'excédent brut d'exploitation des entreprises. Cette augmentation vertigineuse doit, toutefois, être nuancée. Elle recouvre en partie la financiarisation croissante du lien entre les entreprises : les entreprises versent plus de dividendes, mais elles en reçoivent aussi davantage, notamment de la part de leurs filiales. Pour mesurer précisément la part de la valeur ajoutée produite en France qui est versée par les entreprises aux actionnaires individuels, et non à d'autres entreprises, il faudrait pouvoir soustraire aux dividendes versés par les entreprises françaises les dividendes reçus de la part d'autres entreprises françaises. Or, c'est une donnée dont on ne dispose pas : on ne connait que les dividendes qu'on reçus les entreprises françaises, sans que l'on sache si ces dividendes viennent ou non d'autres entreprises françaises. Si l'on fait néanmoins cette soustraction (qui donne les dividendes versés "nets" par les société non financières), on obtient ce graphique. Quoiqu'il permette de mieux cerner les ordres de grandeur en jeu, il n'a toutefois aucune valeur véritable, étant donné la difficulté que je viens de souligner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjNEvzTOKI/AAAAAAAAAI4/3syTx-RDaeg/s1600-h/graphique13.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjNEvzTOKI/AAAAAAAAAI4/3syTx-RDaeg/s400/graphique13.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334739240055158946" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La tendance de fond demeure, même si elles est moins marquée : les dividendes versés aux actionnaires ont doublé par rapport au&lt;span style="font-style: italic;"&gt; trend&lt;/span&gt; de long terme des années 1960. Ils représentent 8% de la valeur ajoutée produite en France, et 25% de l'excédent brut d'exploitation (le "capital"). La plus value produite va donc de plus en plus vers les ménages "capitalistes" et elle est de moins en moins retenue par l'entreprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La croissance des dividendes versés a provoqué une transformation dans le revenu des ménages français : la part des dividendes reçus dans le revenu disponible des ménages a fortement augmenté depuis 1990. Évolution que nous masque ce graphique qui porte sur tous les ménages : les actionnaires n'en constituent qu'une fraction située en haut de la hiérarchie des revenus. Cette augmentation n'a donc profité qu'à une minorité. La transformation dans la gouvernance des entreprises nourrit ainsi les inégalités de revenu entre les ménages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjQTfoPTDI/AAAAAAAAAJI/3N_KBxcRNNA/s1600-h/graphique16.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjQTfoPTDI/AAAAAAAAAJI/3N_KBxcRNNA/s400/graphique16.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334742791946718258" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Toutefois, une part plus importante encore de la dynamique des inégalités entre les ménages se joue ailleurs : dans les salaires. Aujourd'hui, la quasi totalité de la population active française est salariée. C'est la seconde raison pour laquelle l'analyse du partage de la valeur ajoutée entre "capital" et le "travail" fait écran : elle laisse croire que le monde du salariat forme un tout homogène, uniformément soumis aux pressions du "capital". Or, il n'en est rien : une partie du salariat est étroitement lié au "capital" : la direction même des plus grandes entreprises françaises est aujourd'hui occupée par des salariés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un problème récurrent pour les actionnaires, depuis que les entreprises sont dirigées par des salariés, et non par eux-mêmes, a été de créer des incitations telles que ces salariés en position dirigeante servent prioritairement leurs intérêts d'actionnaires (&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_l%27agence"&gt;problème d'agence&lt;/a&gt; à l'origine d'une riche littérature, sur laquelle je reviendrai). Or, deuxième transformation essentielle dans la gouvernance des entreprises, les actionnaires ont cherché à inciter les dirigeants des entreprises à agir en faveur de leurs intérêts par une série de nouvelles méthodes d'intéressement (dont les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;stock options&lt;/span&gt;), qui ont accru considérablement leurs salaires. Le salaire des dirigeants d'entreprises, et du haut encadrement, a donc fortement augmenté, tandis que celui des salariés de base augmentait lentement, moins vite que la croissance de la productivité. La transformation la plus fondamentale dans le partage de la valeur ajoutée a ainsi eu lieu entre les salariés eux-mêmes, même si elle résulte de la mise en place d'un nouveau mode de gouvernance visant à maximiser les profits reçus par les actionnaires. Les données de l'INSEE sont là aussi trop pauvres pour décrire finement ces évolutions : elles ne permettent que de comparer l'évolution du salaire à partir duquel on fait partie des 10% les mieux payés (D9) avec le salaire médian, c'est à dire le niveau de salaire en dessous (ou au dessus) duquel se situe la moitié des salariés français .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjJOvPjQZI/AAAAAAAAAIw/jrExbasz6Ww/s1600-h/graphique12.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjJOvPjQZI/AAAAAAAAAIw/jrExbasz6Ww/s400/graphique12.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334735013657395602" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On voit que le salaire plancher à partir duquel on appartient aux 10% les mieux payés augmente plus vite que le salaire médian. Mais ces données sont très inadéquates aux processus en cours : c'est une très petite minorité de salariés, bien plus étroite que les 10% les mieux payés, qui bénéficie de fortes augmentations de salaire. Pour comprendre les évolutions en cours, on doit faire appel au &lt;a href="http://www.jourdan.ens.fr/%7Eclandais/documents/htrev.pdf"&gt;travail&lt;/a&gt; de Camille Landais, qui a étudié les évolutions salariales à partir des déclarations fiscales de revenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjGBbnBOqI/AAAAAAAAAIQ/gJLsTqA5D0Y/s1600-h/graphique+10.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjGBbnBOqI/AAAAAAAAAIQ/gJLsTqA5D0Y/s400/graphique+10.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334731486513937058" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La dynamique inégalitaire des évolutions salariales fonctionne selon un principe simple : les salaires ont d'autant plus augmenté que l'on est situé en haut dans la hiérarchie salariale. Entre 1998 et 2005, les salaires moyens de la quasi totalité des salariés (les 90% des salariés les moins bien payés) ont stagné (+3%). Ceux du 1% les mieux payé a augmenté de 14% ; ceux des 0,1% les mieux payés de 30% et ceux des 0,01 % les mieux payés de plus de 50%.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, trois dynamiques étroitement liées ont eu lieu depuis 25 ans :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) La part de la valeur ajoutée distribuée globalement aux salariés est aujourd'hui plus faible qu'elle ne l'était après guerre. Mais cette baisse n'est pas considérable (3 points de % approximativement). Et elle est ancienne (plus de 25 ans).&lt;br /&gt;2) La valeur ajoutée que conserve l'entreprise après le partage avec les salariés est de plus en plus fortement distribuée aux actionnaires et non retenue par l'entreprise elle même. Autrement dit, la part du profit perçu effectivement par les actionnaires ne cesse de s'accroitre. C'est une tendance lourde, dont les effets  ne cesse de se faire sentir sur le fonctionnement des entreprises.&lt;br /&gt;3) Le management des entreprises connaît des augmentations de salaires considérables depuis 10 ans, alors que le salaire moyen de la quasi totalité des français stagne, progressant moins vite que la productivité. Cette dynamique, comme la précédente, n'est pas propre à la France. On les retrouve, décuplées, aux États-Unis. Au regard des États-Unis, la France ne s'y est engagée que très timidement et très tardivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ces trois dynamiques, les deux dernières sont les plus récentes et les plus fondamentales : ce sont elles qui sont au principe de la croissance récente des inégalités de revenus en France. C'est par elles que s'opère la financiarisation de la gouvernance des entreprises et de la société française elle même. S'arrêter au partage de la valeur ajoutée, c'est donc rater l'essentiel.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-611286275401372055?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/611286275401372055/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-partage-de-la-valeur-ajoutee-2_11.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/611286275401372055'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/611286275401372055'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-partage-de-la-valeur-ajoutee-2_11.html' title='Le partage de la valeur ajoutée (2)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjG9J6TZ9I/AAAAAAAAAIY/cG22R0R5uls/s72-c/graphique11.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-5771452975493069041</id><published>2009-05-11T05:00:00.017+02:00</published><updated>2010-02-22T04:36:51.241+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='inégalités'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='répartition de la valeur ajoutée'/><title type='text'>La répartition de la valeur ajoutée (1)</title><content type='html'>L'idée que le partage de la valeur ajoutée s'est déformé en France, au profit du capital, est un argument récurrent du débat public. Il n'est guère de débat télévisée où &lt;a href="http://video.google.com/videoplay?docid=6895913072493579760"&gt;Olivier&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/besancenot+r%C3%A9partition/video/xznbv_besancenot-aux-4-verites-du-15-janv_news"&gt;Besancenot&lt;/a&gt; ne manque d'affirmer que l'on doit "reprendre les 10 points" que le capital a pris au travail depuis 30 ans. Cet argument est devenu presque un cliché, mobilisé systématiquement à gauche pour dénoncer l'accroissement des inégalités sociales et l'emprise croissante du néolibéralisme sur nos vies. Ce à quoi on répond, du moins si on a une vue moins négative de telles évolutions, que cette baisse de la part des salaires n'est pas réelle, qu'elle n'est vraie qu'en comparaison avec la fin des années 1970, mais pas sur le long terme. Sur le long terme, rien n'aurait vraiment changé.  &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ces débats sont, en fait, fondés sur une incompréhension de ce que mesure ce « partage de la valeur ajoutée ». Incompréhension tout d'abord de ce que veut dire « capital » dans ce contexte. Incompréhension surtout du monde dans lequel nous vivons. Dans notre monde, la dynamique des inégalités économiques ne se joue plus essentiellement entre capital et travail, mais au sein même du travail. Il y a longtemps que les ménages les plus riches ne sont plus composés que de capitalistes oisifs. Nous ne vivons plus dans le monde de Marx, où s'opposent prolétaires et capitalistes. Cela ne signifie pas que notre monde est plus juste pour autant, mais que la dynamique de ses injustices est d'une toute autre nature. Et que le partage de la valeur ajoutée est un bien mauvais indicateur de ces évolutions.&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Mais tout d'abord revenons sur ce fameux partage : s'est-il modifié ? Si l'on prend les données les plus brutes de l'INSEE, voilà ce que l'on voit :&lt;/p&gt;&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sgc6oJ8XtCI/AAAAAAAAAGo/jYQiGH5EAx0/s1600-h/graphique+1.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 242px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sgc6oJ8XtCI/AAAAAAAAAGo/jYQiGH5EAx0/s400/graphique+1.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334296745181951010" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sgc77alvFGI/AAAAAAAAAHg/PDHMozqnpeU/s1600-h/partage+valeur+ajout%C3%A9e+2.png"&gt;&lt;/a&gt;&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Le graphique semble étrange : la part des salaires augmente sur une longue période, même si elle a diminué légèrement depuis 1980. Or, dans le même temps, la part du capital (que mesure l'&lt;a href="http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/excedent-brut-exploitation.htm"&gt;excédent brut d'exploitation&lt;/a&gt;) augmente aussi. La part du travail et celle du capital s'accroissent ensemble ! Comment une telle bizarrerie est-elle possible ? Parce qu'il n'y a pas que des entreprises (le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;capital&lt;/span&gt;) et des salariés (le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;travail&lt;/span&gt;) : il y a également des entrepreneurs individuels qui sont un peu des deux à la fois. Or, leur nombre diminue. Les parts du capital et du travail peuvent donc augmenter en même temps, en raison de la baisse de la part des indépendants dans le partage de la valeur ajoutée, corrélative de la baisse de leur nombre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;En raison de l'existence de ces indépendants, le calcul du partage de la valeur ajoutée est toujours fondée sur des conventions comptables, dont le but est de supprimer cet effet de salarisation croissante. Or, aucune de ces conventions n'est vraiment satisfaisante. La convention la plus commune consiste à faire comme si les indépendants se versaient des salaires fictifs égaux aux salaires moyens (voir &lt;a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES323D.pdf"&gt;ici&lt;/a&gt;, page 4, pour la décomposition comptable). Ce qui n'a à la vérité aucun sens, puisque justement ce ne sont pas des salariés. Si l'on ajoute la difficulté comptable que posent les sociétés financières, dont la valeur ajoutée est également mesurée à partir de définitions contestables (des précisions &lt;a href="http://www.comptanat.fr/debats/debat2g.htm"&gt;ici&lt;/a&gt;), on arrive non pas à une mesure de l'évolution de la répartition mais à un spectre, qui montre la difficulté de l'exercice. En fonction de la convention comptable adoptée, la  baisse de la part du travail dans la valeur ajoutée entre 1972 et 1999 va, selon &lt;a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es363-364-365i.pdf"&gt;Philippe Askenazy&lt;/a&gt;, de 0,6 à 10 points de %  !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Autant dire que l'exercice est presque vain, qu'il ne fournit en tout cas aucune mesure de ce que l'on veut vraiment savoir : la capital  s'approprie-t-il plus de la valeur ajoutée ? Et si oui, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;précisément&lt;/span&gt; combien ?&lt;/p&gt;&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Pour répondre à cette question, il est au final plus sage d'être modeste dans sa mesure, de supprimer tous ces problèmes comptables, en ne s'intéressant &lt;a href="http://www.ufal.info/media_flash/,article,281,,,,,_Quelle-tendance-pour-les-salaires-dans-la-valeur-ajoutee.htm"&gt;qu'aux sociétés non financières&lt;/a&gt;. Celles-ci produisent un peu plus de la moitié de la valeur ajoutée en France, et forment le coeur du rapport entre capital et travail dans la production économique. Elles offrent ainsi un excellent indicateur de l'évolution du partage de la valeur ajoutée, à défaut de pouvoir mesurer véritablement celui-ci.&lt;/p&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjTc-klWhI/AAAAAAAAAJY/Y1D6urJKqfs/s1600-h/graphique17.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 283px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgjTc-klWhI/AAAAAAAAAJY/Y1D6urJKqfs/s400/graphique17.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334746253406591506" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme on le voit, il y a quelque malhonnêteté à se référer, comme le fait Besancenot, à la fin des années 1970 pour affirmer que le capital s'est approprié 10 points de % en plus de la valeur ajoutée (ce qui est le cas, ou presque, si on compare 1982 et 1990). C'est en effet oublier que 1982 marque la fin d'une période où le partage s'était déformé, mais dans l'autre sens, au profit du travail, qui récupère 6 points entre le premier choc pétrolier et 1982.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est surtout négliger que la fin des années 1970 correspond à une période exceptionnelle dans l'histoire du capitalisme français : celui d'une crise de sa reproduction, sous l'effet des chocs pétroliers et de la force des revendications salariales. Or, ce moment ne pouvait durer : tout d'abord parce que la rentabilité des entreprises s'était grandement dégradée, les contraignant à accroitre fortement leur endettement, et à diminuer tout aussi fortement leur investissement. La reproduction même de l'appareil de production était ainsi en jeu. Ensuite parce que cette hausse a poussé les entreprises à substituer du capital à la place du travail : puisque les salariés coûtaient plus cher, les entreprises ont utilisé des machines à leur place. Ce qui a fait baisser la part du travail dans la valeur ajoutée. Ce mécanisme de substitution entre facteurs de production fait que, sur une longue période, la répartition de la valeur ajoutée ne connait jamais de très fortes variations, comme le note Thomas Piketty. Ce qui ne signifie toutefois pas qu'elle n'en connaît aucune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin des années 1970 ne peuvent donc servir de point de comparaison pour apprécier notre situation actuelle par rapport à la longue période.  Dans une perspective de longue période, on voit néanmoins qu'une déformation est bien intervenue. Mais elle est d'une ampleur beaucoup plus faible : entre 3 et 4 point de % entre le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;trend&lt;/span&gt; de long terme des Trente glorieuses et la période qui s'ouvre vers 1990. Ainsi, il y a bien eu déformation du partage. Mais cette déformation n'a pas l'étendu qu'on lui prête souvent à gauche. Elle n'est pas nulle. Elle n'est pas considérable non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette déformation est surtout trop faible, et trop ancienne, pour rendre compte des transformations considérables qu'a connu le capitalisme français depuis 1990. Pour les comprendre, le partage de la valeur ajoutée fait écran : il donne l'impression de fournir l'information pertinente, alors que l'essentiel lui échappe. Pour saisir ces évolutions, il faut ouvrir les deux boites noires que constituent le "travail" et le "capital" : c'est là que l'essentiel se joue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: lucida grande;"&gt;Pour lire la suite, c'est &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic; font-family: lucida grande;" href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/le-partage-de-la-valeur-ajoutee-2_11.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: lucida grande;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-5771452975493069041?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/5771452975493069041/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-repartition-de-la-valeur-ajoutee-1.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5771452975493069041'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/5771452975493069041'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-repartition-de-la-valeur-ajoutee-1.html' title='La répartition de la valeur ajoutée (1)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sgc6oJ8XtCI/AAAAAAAAAGo/jYQiGH5EAx0/s72-c/graphique+1.png' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-2029454041202648385</id><published>2009-05-05T18:57:00.010+02:00</published><updated>2009-10-11T18:35:28.881+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dette publique'/><title type='text'>La dette de la France</title><content type='html'>Lorsque j'entends quelqu'un dire la "&lt;a href="http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;amp;client=firefox-a&amp;amp;rls=org.mozilla%3Afr%3Aofficial&amp;amp;hs=Fd3&amp;amp;q=%22dette+de+la+france%22&amp;amp;btnG=Rechercher&amp;amp;meta="&gt;dette de la France&lt;/a&gt;", j'ai envie de sortir mon révolver. Aucune expression n'est aussi fautive du point de vue du savoir économique ; aucune n'a une telle charge idéologique. Au &lt;a href="http://www.telos-eu.com/fr/article/le_grand_betisier_de_la_dette_publique"&gt;grand bêtisier de la dette publique&lt;/a&gt;, la "dette de la France" se situe à des hauteurs stratosphériques.  Non seulement parce que l'expression est politiquement manipulatoire, mais parce qu'en plus elle a masqué les dynamiques qui nous ont conduit là où nous sommes : dans la pire récession depuis 1945. Nous avions un redoutable problème de dette : mais ce n'était pas celui de l'État. Cet endettement n'intéressait personne : il ne fournissait pas le prétexte à un démantèlement de l'État providence, parce que "&lt;a href="http://www.dessin-direct.com/article-24219120.html"&gt;les caisses sont vides&lt;/a&gt;". Et il rapportait beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'expression est une ineptie parce qu'elle laisse penser que, en France, il n'y a que l'État qui s'endette. Ce qui est parfaitement inexact. Dans un pays donné, il y a trois grands types d'acteurs : l'État (les administrations publiques, en fait), les ménages et les entreprises.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;Ces trois acteurs empruntent. Ces trois acteurs ont des dettes. Et si l'on veut parler de la dette de l'État, il faut le dire et parler de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;dette publique&lt;/span&gt;. La dette de la "France", si l'expression a un sens, c'est tout autre chose. Économiquement, l'agrégat qui s'en rapproche le plus est ce que l'on appelle l'endettement intérieur total. Si vous pensiez que la "France" était gravement endettée, vous allez avoir un infractus : en 2006, la dette publique valait 63 % du PIB ; les dettes cumulées de l'Etat, des ménages et des entreprises en valaient 181 %. Disons le différemment : la dette publique ne représentait pas même la moitié de celle du secteur privé (ménages et entreprises réunies). Et ce n'était pas même la première : celle des entreprises valait 73%.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgB29nztaNI/AAAAAAAAAGY/xJmW5Mq7pgk/s1600-h/endettement+int%C3%A9rieur.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 322px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgB29nztaNI/AAAAAAAAAGY/xJmW5Mq7pgk/s400/endettement+int%C3%A9rieur.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332392759836633298" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Parler de la "dette de la France" est manipulatoire, parce que cela conduit à masquer la signification économique réelle de l'endettement public en France.&lt;br /&gt;Comme on le voit sur ce graphique, la France est l'un des pays développés qui a un endettement intérieur&lt;span style="font-style: italic;"&gt; le plus faible&lt;/span&gt;. Il est en particulier nettement plus faible (plus de 25%) que celui du Royaume-Uni, qui faisait figure, il y a peu encore, de parangon de vertu, en raison de son faible endettement &lt;span style="font-style: italic;"&gt;public&lt;/span&gt;. Nous reviendrons sur ce point, qui s'est avéré décisif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La répartition de l'endettement oppose deux grands types de pays. Il y a ceux, comme le Royaume-Uni, qui ont un faible endettement public, mais un fort endettement privé (en particulier des ménages). Et il y a ceux, comme la France, qui ont un fort endettement public, mais un endettement privé (en particulier des ménages) beaucoup plus faible. Ce n'est pas un hasard, mais cela renvoie au rôle économique que joue l'État dans ces deux types de pays. L'État, en France, procède à une large socialisation des dépenses. Il offre aux ménages de nombreux services : l'éducation, la santé, la retraite ou encore le logement (HLM). Puisque ses dépenses sont élevées, il est logique que son budget soit important, de même que son endettement. Quand l'État construit un hôpital public par exemple, il le fait en s'endettant.&lt;br /&gt;Au contraire, dans des pays plus libéraux, comme le Royaume-Uni, l'État socialise beaucoup moins les dépenses. C'est aux ménages de payer eux-même leurs dépenses de santé (États-Unis), leur éducation etc. Les prélèvements obligatoires sont donc plus faibles, de même, en principe du moins, que l'endettement public. Par contre, les ménages sont plus endettés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà la première raison pour laquelle l'expression la "dette de la France" est manipulatrice : elle fait croire que la dette publique est sans contrepartie en termes de services rendus, et qu'elle est d'une nature très différente de celle des ménages. Personne ne dit d'un ménage qui a contracté une dette égale à 60% de son revenu pour acheter un logement qu'il est en faillite. Et tout le monde oublie que si ce ménage s'endette pour payer son éducation, c'est en partie parce que l'État ne l'a pas fait à sa place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seconde raison est non moins décisive : ce discours, dont la finalité est de légitimer les politiques de démantèlement de l'État providence, a masqué qu'il y avait, en effet, un grave problème d'endettement. Mais pas de l'État : des ménages et, de façon moindre, des entreprises. Mais pas en France : surtout au Royaume-Uni et aux États-Unis. La crise actuelle est, en effet, le produit d'une bulle de l'immobilier qui a été nourrie par le crédit et l'endettement des ménages. On constate ce phénomène, même en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgB29wl4_LI/AAAAAAAAAGg/aFW5ZTiboEs/s1600-h/evolution+endettement+france.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 322px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgB29wl4_LI/AAAAAAAAAGg/aFW5ZTiboEs/s400/evolution+endettement+france.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332392762194590898" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La croissance de l'endettement du secteur privé a été beaucoup plus soutenue que celle de l'État. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, la dynamique a été infiniment plus forte. Aux États-Unis en seulement 6 ans, entre 2000 et 2006, l'endettement des ménages est passé de 67% à 97% du PIB, soit une augmentation de 44%. L'endettement des ménages était tel qu'un certain nombre d'entre eux ont fait faillite, entrainant avec eux l'économie mondiale. Telle est bien la substance de la crise actuelle : les ménages ont emprunté bien plus qu'ils ne pouvaient rembourser. De leur incapacité à rembourser leur dette est née la crise actuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suivre l'émission de France 5 &lt;a style="font-style: italic;" href="http://wiki.france5.fr/index.php/LA_FRANCE_EN_FAILLITE"&gt;La France en faillite&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;avait ainsi quelque chose de stupéfiant. Y voir &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Pebereau"&gt;Michel Pébereau&lt;/a&gt;, patron de la BNP, annoncer l'apocalypse en raison de la croissance de l'endettement public, au moment même où l'endettement privé était en train de provoquer la plus grave récession mondiale depuis 70 ans, était surréaliste. Quand on se souvient que ce sont les banques, dont la BNP, qui ont nourri cet endettement, parce qu'elles en tiraient de larges profits, c'était même insupportable.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-2029454041202648385?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/2029454041202648385/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-dette-de-la-france.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2029454041202648385'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2029454041202648385'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-dette-de-la-france.html' title='La dette de la France'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SgB29nztaNI/AAAAAAAAAGY/xJmW5Mq7pgk/s72-c/endettement+int%C3%A9rieur.png' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-749566271940056480</id><published>2009-05-04T01:58:00.019+02:00</published><updated>2009-05-14T18:53:16.983+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>La banque centrale américaine explose son bilan</title><content type='html'>La &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_f%C3%A9d%C3%A9rale_des_%C3%89tats-Unis"&gt;Fed&lt;/a&gt; explose son bilan. En deux mois, entre début septembre et fin octobre 2008, elle a doublé son bilan, achetant pour 1 000 milliards de dollars d'actifs, c'est-à-dire l'équivalent de la moitié du PIB de la France. Cette inflation du bilan de la Fed est un des événements les plus décisifs de la crise économique, un de ceux qui en offre une des clés de compréhension les plus puissantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une banque centrale exerce deux fonctions essentielles : elle offre de la monnaie à l'économie, et contribue ainsi à déterminer les taux d'intérêt ; elle assume la fonction de &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Lender_of_last_resort"&gt;prêteur en dernier ressort&lt;/a&gt;, c'est-à-dire qu'elle offre des liquidités à un acteur financier en détresse lui permettant ainsi de supporter une crise de liquidité. On décrit classiquement ce rôle à travers l'exemple d'une banque victime d'un "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;run&lt;/span&gt;" sur ses dépôts à vue, en raison d'une panique des déposants, et qui risque de faire faillite, alors même qu'elle est saine. Grâce aux prêts de la banque centrale, elle peut rembourser ses déposants, sans vendre en détresse ses actifs. Elle supporte ainsi le "run" et ne provoque pas de "risque systémique" (effet de domino sur les autres banques qui lui avaient prêté).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les commentateurs ne connaissent souvent que la première fonction, et c'est à partir d'elle que l'on a décrit l'activité récente de la Fed. Ainsi, on a surtout retenu que la Fed a fait en sorte de baisser les taux d'intérêt jusqu'à la trappe à liquidité, jusqu'au taux 0, pour relancer l'économie. Il me semble pourtant que c'est l'activité de prêteur en dernier ressort de la Fed qui a été la plus notable dans la crise financière : c'est elle qui est à l'origine de l'explosion de son bilan, au moins jusqu'à la volonté récente de la Fed d'influencer directement la courbe des taux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le &lt;a href="http://www.federalreserve.gov/newsevents/speech/bernanke20090403a.htm#fn2"&gt;note&lt;/a&gt; Bernanke lui même :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;We no longer live in a world in which central bank policies are confined to adjusting the short-term interest rate. Instead, by using their balance sheets, the Federal Reserve and other central banks are developing new tools to ease financial conditions and support economic growth.&lt;/span&gt; &lt;/blockquote&gt;Qui plus est : la Fed, par l'importance de ses activités de prêteur en dernier ressort, a poussé ce rôle dans ses ultimes limites, le transformant ainsi. A mon sens, les choses suivantes se sont passées :&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;1. La Fed a étendu sa fonction de prêteur en dernier ressort à la totalité du système financier, aidant les banques d'investissement et les&lt;span style="font-style: italic;"&gt; hedges funds&lt;/span&gt; qui ne relèvent pourtant pas de sa supervision, et qui n'auraient pas dû avoir accès à ses fonds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2.Elle a fini par assurer une fonction de prêteur en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;premier&lt;/span&gt; ressort. C'est elle qui prête directement à tous les acteurs de l'économie, à la place des banques, comme le souligne l'extension hier du &lt;a href="http://www.federalreserve.gov/newsevents/press/monetary/20090501a.htm"&gt;TALF&lt;/a&gt; à de &lt;a href="http://www.lesechos.fr/info/inter/afp_00144387-etats-unis-la-fed-vient-en-aide-au-secteur-de-l-immobilier-commercial.htm"&gt;nouveaux investisseurs&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3.Elle assume ainsi une partie de plus en plus grande du risque lié à l'endettement de l'économie américaine. Plus précisément, elle a procédé à un transfert du risque de crédit du secteur privé vers elle même. Se faisant, elle dégrade la qualité de son bilan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4.Elle permet ainsi aux acteurs de l'économie américaine d'opérer leur désendettement, de procéder à la déflation de leur bilan ("&lt;span style="font-style: italic;"&gt;deleveraging&lt;/span&gt;") de manière relativement ordonnée, comme le suggère par exemple &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Janet_Yellen"&gt;Janet Yellen&lt;/a&gt; dans sa &lt;a href="http://www.levy.org/pubs/conf_april09/audio/speaker_Yellen.mp3"&gt;passionante communication&lt;/a&gt; aux &lt;a href="http://www.levy.org/vevents.aspx?event=23"&gt;Conférences Hyman Minsky du Levy Economic Institute&lt;/a&gt; (16e minute). Se faisant, elle transfère la dette du secteur privé vers elle même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela conduit à deux conclusions essentielles :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. La Fed procède à une socialisation des pertes, selon le vieux principe qui veut que le capitalisme repose sur la privatisation des profits et la socialisation des pertes. Ces pertes se dénoueront soit par une taxation directe des contribuables, soit par une taxation indirecte à travers une accélération de l'inflation après la récession.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2.L'autonomie de la banque centrale est apparue comme une fiction. C'est bien ce que souligne la conclusion précédente : la Fed s'est livré à une politique financière, en partenariat constant avec le Trésor, qui sera ultimement payée par le contribuable américain, devant lequel elle n'est pourtant pas responsable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les limites d'un billet nous interdise de rentrer dans les détails. Nous ne ferons qu'illustrer rapidement chacun de ces points. On peut s'appuyer pour cela sur le graphique suivant, sur lequel j'ai reconstitué l'évolution des actifs de la Fed depuis 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sf4wAkdVPfI/AAAAAAAAAGI/4q84haTgBFU/s1600-h/actif+fed.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sf4wAkdVPfI/AAAAAAAAAGI/4q84haTgBFU/s400/actif+fed.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331751795198082546" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Au quotidien, la Fed fixe le taux d'intérêt par des opérations dites d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;open market&lt;/span&gt; : elle crée de la monnaie et achète ainsi des obligations du Trésor (notamment les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;T-Bills&lt;/span&gt;). Ainsi, elle injecte de la monnaie dans l'économie, et fait baisser le taux d'intérêt. Elle se livre à l'opération inverse si elle veut faire augmenter le taux d'intérêt. L'essentiel de l'actif de la Fed est donc constitué d'obligations du Trésor. Ces obligations sont totalement sûres, l'État américain n'étant pas prêt de faire faillite : leur possession ne pose donc aucun risque. Par ailleurs, son actif n'augmente que très lentement, à mesure que la Fed fournit de plus en plus de monnaie à l'économie en fonction de son expansion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ce que l'on voit sur ce graphique jusqu'en mars 2008. A partir de mars 2008, et jusqu'en septembre, la taille du bilan reste identique, mais sa composition se transforme. Il s'est passé la chose suivante. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bear Searns&lt;/span&gt;, une banque d'investissement qui s'était livré à une spéculation gigantesque sur les dérivés de crédit (notamment les fameux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;subprimes&lt;/span&gt;), fait faillite. En tant que banque d'investissement, elle ne relève pas de la supervision de la Fed. Pourtant, la Fed va intervenir : la faillite de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bear Stearns&lt;/span&gt; menace tout le marché des dérivés de crédit, qui est devenu central dans le financement de l'économie américain. La Fed prête 29 milliards à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;JPMorgan&lt;/span&gt;, qui rachète &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bear Stearns&lt;/span&gt; (en créant un véhicule spécial, &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Maiden_Lane_LLC"&gt;Maiden LLC&lt;/a&gt;, ligne de crédit situé en haut sur le graphique). Elle ouvre une nouvelle ligne de financement à tous les acteurs qui assument un rôle central dans le marché des dérivés de crédit : la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Primary Dealers Credit Facility&lt;/span&gt; (prêt aux broker-dealers, sur le graphique), ce qu'elle n'a jamais fait, puisqu'elle ne les supervise pas. Ces derniers obtiennent des fonds en laissant en collatéral non pas des obligations du trésor, mais toutes sortes de titres, comme des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;MBS&lt;/span&gt; (dérivés de crédit sur le logement). La Fed pourrait se financer en créant de la monnaie. Elle choisit au contraire de vendre ses actifs sûrs (les obligations du Trésor) pour financer ses lignes de crédit, en acceptant des collatéraux infiniment plus risqués. On voit ainsi qu'avant même septembre, la Fed ne possède presque plus de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;T-Bills&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Fed s'est engagé dans un processus qui ne va faire que s'amplifier avec la crise. Elle a prêté à de nouveaux acteurs financiers (point 1). Elle a dégradé son bilan, échangeant des titres sans risque contre des titres risqués, transférant le risque du secteur financier privé vers elle-même (point 3). Ainsi, sur le seul prêt consenti pour le rachat de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bear Stearns&lt;/span&gt;, elle a déjà perdu plus de 2 milliards de dollars (voir le&lt;a href="http://www.federalreserve.gov/releases/h41/current/h41.pdf"&gt; tableau 4 &lt;/a&gt;du bilan du 30 avril).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le processus ne va faire que s'approfondir par la suite. Elle sauve&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Maiden_Lane_II_LLC"&gt; selon la même logique&lt;/a&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;AIG &lt;/span&gt;en septembre, puis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fannie Mae&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Freddi Mac&lt;/span&gt; (en collaboration avec le Trésor), puis&lt;span style="font-style: italic;"&gt; IndyMac&lt;/span&gt;. Et puis arrive la fameuse semaine du 15 au 19 septembre où Lehman Brother fait faillite, sans que la Fed n'intervienne. A partir de ce moment le risque systémique se propage à la totalité du système financier : tous les marchés du crédit sont gelés. Plus aucun acteur ne prête ; plus aucun acteur n'achète de dérivés de crédit, désormais dépourvus de toute valeur. La Fed va devoir alors prêter à la totalité du système financier, au risque de voir celui-ci s'effondrer. Elle va ainsi exploser son bilan, en prêtant plus de 1 000 milliards de dollars en deux mois. Toute une série de nouvelles lignes de crédit sont ouvertes, et autant d'acronymes compliqués sont créés, que l'on retrouve en partie sur le graphique. La Fed achète, par exemple, jusqu'à 300 milliards de dollars de papier commercial (&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Commercial_Paper_Funding_Facility"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Commercial Paper Funding Facility&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;), assurant notamment la liquidité des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;hedge funds&lt;/span&gt; au passage. Elle achète également des dérivés de crédit (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;TALF&lt;/span&gt;) (6 milliards). Dans ce dernier cas, elle entreprend de financer elle même directement l'économie américaine : tout acteur financier qui fait des prêts à la consommation (voiture) ou à l'immobilier peut se refinancer directement auprès d'elle en lui laissant ces prêts titrisés en collatéral. Elle est devenue un prêteur en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;premier&lt;/span&gt; ressort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, la Fed accroit son actif, transférant vers elle la dette privée, et son risque. Elle permet de ce fait la déflation du bilan de tous les acteurs financiers, en soutenant le prix des actifs, qui ne subissent pas une spirale auto-entretenue de ventes en détresse, et en évitant ainsi l'écroulement du système financier. Elle l'a fait en cogestion avec le Trésor, dont elle est devenue le "bras armé" (Michel Aglietta) : son autonomie est devenue une fiction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et maintenant ? La question est de savoir comment la Fed va, une fois la récession passée, procéder à la déflation de son bilan. Répondre à cette question implique de regarder son passif :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sf4wA0ImM9I/AAAAAAAAAGQ/mCAy7CygaDQ/s1600-h/passif+fed.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sf4wA0ImM9I/AAAAAAAAAGQ/mCAy7CygaDQ/s400/passif+fed.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331751799406080978" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On voit que la Fed a financé l'accroissement de son bilan de deux manières principales : grâce aux dépôts du Trésor (1), grâce aux réserves des acteurs financiers (2). Elle a très peu fait fonctionner la planche à billet, au sens littéral du terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Le Trésor a, en effet, prêté des fonds à la Fed. Voilà comment il a procédé : il a vendu des obligations sur les marchés, et a donné les fonds obtenus à la Fed. Pour le dire différemment, c'est la dette des contribuables américains qui a servi à financer en partie l'expansion du bilan de la Fed, et le transfert de la dette privée vers la dette publique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) D'autre part, les acteurs financiers, refusant de se prêter les uns les autres, ont laissé leurs fonds excédentaires dans leur compte à la Fed. Celle-ci s'est servi de ces fonds pour financer son actif. Cela signifie que la &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Base_mon%C3%A9taire"&gt;base monétaire&lt;/a&gt; a augmenté d'autant, de près de 800 milliards de dollars : elle a ainsi doublé passant de 800 milliars à près de 1 700 milliards. Or, c'est à partir de cette base monétaire, à travers le multiplicateur du crédit, qu'est créée la monnaie dans l'économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La masse monétaire risque donc d'exploser dans l'avenir, si les banques se mettent à utiliser leurs réserves à la Fed, pour accorder des prêts. S'il en est ainsi, il en résultera une inflation d'autant plus élevée que la monnaie banque centrale servira à accorder de nouveaux prêts. Cette inflation appauvrira les détenteurs de valeurs libellées en dollars : les Chinois, qui s'en inquiètent vivement, mais aussi les américains détenteurs de telles valeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reste une autre méthode : la Fed peut vendre ses actifs pour récupérer de la monnaie. Le problème est que, quoiqu'en dise Bernanke, ces actifs sont risqués, qu'ils ont déjà provoqué des pertes, et vaudront sans doute moins demain qu'aujourd'hui. Pour combler la différence, et récupérer la totalité de la monnaie, le Trésor devra donner des titres à la Fed. Comme le &lt;a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/2009/03/20/fiscal-aspects-of-quantitative-easing-wonkish/"&gt;note&lt;/a&gt; Krugman : "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;So the Fed is, implicitly, engaged in a deficit spending policy right now&lt;/span&gt;. " Les Chinois apprécieront cette politique anti-inflationniste ; les contribuables américains beaucoup moins, d'autant plus qu'on ne leur a pas demandé leur avis : la Fed est indépendante. Même quand elle se livre à une politique monétaire qui se confond implicitement avec une politique fiscale. Même, autrement dit, lorsqu'elle socialise les pertes.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-749566271940056480?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/749566271940056480/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-banque-centrale-americain-explose.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/749566271940056480'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/749566271940056480'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/05/la-banque-centrale-americain-explose.html' title='La banque centrale américaine explose son bilan'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sf4wAkdVPfI/AAAAAAAAAGI/4q84haTgBFU/s72-c/actif+fed.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4369936108148256047</id><published>2009-04-28T16:43:00.008+02:00</published><updated>2009-05-04T15:57:46.630+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='35 heures'/><title type='text'>La fin des 35 heures</title><content type='html'>La fin des 35 heures, c'est pour bientôt. Non pas la fin de la diminution du temps de travail : c'est une tendance de fond de toutes les économies développées. Mais la fin de la baisse du temps de travail plus importante en France qu'ailleurs dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, la période de mise en œuvre des 35 heures, 1998-2002, a correspondu dans toutes les économies développées à un moment de diminution sensible du temps de travail. En France, en raison des mesures du gouvernement Jospin, celle-ci a été plus forte, sans l'être nettement plus. Ainsi, en 2002, alors que le temps de travail effectif avait diminué de 2.5 % en moyenne dans les pays de l'OCDE par rapport à 1998, la baisse était de 6.5% en France. On voit que différence n'est pas négligeable mais aussi qu'elle n'est pas si grande que cela, au regard de l'ampleur du débat qu'elle a suscité, et des effets que l'on a pu lui prêter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, depuis 2003, avec les &lt;a href="http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20080905_trentecinqheures.pdf"&gt;différentes mesures des gouvernements de droite&lt;/a&gt;, la France est un des rares pays développés où le temps de travail augmente, tandis qu'il continue de diminuer ailleurs. Ainsi, sur la période 1998-2006, notre baisse du temps de travail est la même qu'en Allemagne et si l'on prolonge les tendances actuelles, nous allons bientôt rejoindre le Royaume-Uni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 35 heures sont donc bien finies et leur effet sur la baisse de la durée effective du travail n'aura été ni très grand (4 points de pourcentage d'écart avec la moyenne des pays de l'OCDE en 2003), ni durable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfcZ5zFQM8I/AAAAAAAAAGA/S-4Ivi9eSD4/s1600-h/evolution+temps+de+travail.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfcZ5zFQM8I/AAAAAAAAAGA/S-4Ivi9eSD4/s400/evolution+temps+de+travail.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329757164771750850" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4369936108148256047?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4369936108148256047/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/la-fin-des-35-heures.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4369936108148256047'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4369936108148256047'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/la-fin-des-35-heures.html' title='La fin des 35 heures'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfcZ5zFQM8I/AAAAAAAAAGA/S-4Ivi9eSD4/s72-c/evolution+temps+de+travail.png' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-8703957478201609691</id><published>2009-04-27T18:32:00.006+02:00</published><updated>2009-05-04T15:58:38.144+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='inégalités'/><title type='text'>Le gros Etat et les inégalités</title><content type='html'>&lt;a href="http://stumblingandmumbling.typepad.com/stumbling_and_mumbling/"&gt;Stumbling and Mumbling&lt;/a&gt; revient dans deux posts récents sur la question du lien entre taille de l'État et inégalités sociales, au moment où les Républicains se livrent à des parodies de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Boston_Tea_Party"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;tea parties&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; à la bostonienne, pour protester contre les augmentations d'impôt du gouvernement Obama.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux posts développent la même idée : un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Big State&lt;/span&gt; (comprendre un État avec d'importants prélèvements obligatoires) n'est pas favorable à la réduction des inégalités sociales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Parce que plus l'Etat est gros, &lt;a href="http://stumblingandmumbling.typepad.com/stumbling_and_mumbling/2009/04/shrink-the-state-a-leftist-aim.html"&gt;plus tout le monde doit le financer&lt;/a&gt;, y compris les plus pauvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2) Parce que les&lt;a href="http://stumblingandmumbling.typepad.com/stumbling_and_mumbling/2009/04/the-state-and-equality.html"&gt; services qu'offre un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Big State&lt;/span&gt; profitent plus aux riches&lt;/a&gt; qu'aux pauvres, qui font de plus courtes études, vont moins souvent chez le médecins, meurent plus jeunes et bénéficient moins longtemps de leur retraite, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux arguments sont importants, en particulier le second, qui permet de comprendre la limite de la redistribution verticale des richesses dans le cadre d'un État-Providence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ces arguments me semblent de peu de poids face à ça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfXldSBdXQI/AAAAAAAAAFs/9CFeJwKI0xM/s1600-h/inegalite+prelevement.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfXldSBdXQI/AAAAAAAAAFs/9CFeJwKI0xM/s400/inegalite+prelevement.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329418025279773954" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La corrélation est exceptionnellement forte : plus les prélèvements obligatoires sont élevés, plus faibles sont les inégalités de revenu. Corrélation n'est certes pas causalité, mais je n'ai aucun doute sur le sens de la causalité en œuvre dans le cas présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;PS : Le &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coefficient_de_gini"&gt;coefficient de Gini&lt;/a&gt; est un indicateur qui mesure les inégalités : plus il est élevé, plus celles-ci sont fortes.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-8703957478201609691?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/8703957478201609691/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-gros-etat-et-les-inegalites.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8703957478201609691'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8703957478201609691'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-gros-etat-et-les-inegalites.html' title='Le gros Etat et les inégalités'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfXldSBdXQI/AAAAAAAAAFs/9CFeJwKI0xM/s72-c/inegalite+prelevement.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7965054945131919229</id><published>2009-04-26T02:33:00.011+02:00</published><updated>2009-05-04T15:55:55.258+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éducation'/><title type='text'>L'éducation coûte cher, essayez l'ignorance !</title><content type='html'>Depuis 1995, les dépenses intérieures d'éducation sont en baisse sensible en France, si on les rapporte au PIB.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfOziH_RBVI/AAAAAAAAAE0/KVZPb-EYAGM/s1600-h/d%C3%A9penses+d%27%C3%A9ducation+pib.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfOziH_RBVI/AAAAAAAAAE0/KVZPb-EYAGM/s400/d%C3%A9penses+d%27%C3%A9ducation+pib.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5328800182950757714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;A partir de la deuxième moitié des années 1980, le système éducatif connait une très forte massification. En 10 ans seulement, de 1985 à 1995, le pourcentage de bacheliers dans une génération double, passant de 29.4% à 62.7%.  Ces bacheliers de la massification sont socialement moins proches du monde et de la culture scolaire, et ont besoin de plus d'encadrement. Ils poursuivent leurs études dans le supérieur dont les effectifs augmentent de 50% entre 1980 et 1990.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'effort financier que consacre alors la France n'est pas négligeable. Les dépenses moyennes par élève progressent significativement plus vite que le PIB, en particulier dans le secondaire, en grande partie grâce à l'effort considérable que consentent les collectivités territoriales, à la suite des lois de décentralisation. Mais dès cette époque, le supérieur est largement oublié : les dépenses qui lui sont consacrées augmentent beaucoup plus faiblement que dans le secondaire, et surtout moins vite que le nombre d'étudiants. Les dépenses moyennes par étudiant baissent ainsi jusqu'en 1989, pour progresser ensuite lentement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfQv-iFm4aI/AAAAAAAAAFc/yVQAF0bGVF8/s1600-h/evolution+d%C3%A9pense+pib.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfQv-iFm4aI/AAAAAAAAAFc/yVQAF0bGVF8/s400/evolution+d%C3%A9pense+pib.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5328937010434859426" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dès la fin des années 1990, cette tendance de fond s'arrête. Le pourcentage de bacheliers dans une génération n'a pas progressé depuis 1995. Le nombre d'étudiants n'augmente presque plus également. Autrement dit, chose peu connue, la démocratisation scolaire a cessé, en France, depuis 15 ans. Depuis la même période, les efforts financiers consacrés à l'éducation stagnent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le retour de la droite au pouvoir, à la mi 2001, les dépenses moyennes par élève vont même baisser, pour un temps, dans le secondaire et dans le supérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapportées au PIB, ces évolutions apparaissent plus clairement. La stagnation des dépenses en valeur absolue se traduit par une baisse marquée du ratio &lt;span style="font-style: italic;"&gt;dépenses moyennes par élève/PIB &lt;/span&gt;depuis 1999 -baisse qui s'accélère avec le début du second quinquenat de Jacques Chirac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un phénomène essentiel apparaît surtout : le supérieur a été le grand oublié de la massification scolaire : les dépenses moyennes par étudiant par rapport au PIB n'ont pas cessé de baisser depuis 1995, à la différence du secondaire, où un effort véritable a été, un temps, consenti pour faire face aux besoins nés de la massification.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfQv2Enk68I/AAAAAAAAAFM/GuMonY7PHi8/s1600-h/evolution+d%C3%A9pense+pib+indice.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfQv2Enk68I/AAAAAAAAAFM/GuMonY7PHi8/s400/evolution+d%C3%A9pense+pib+indice.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5328936865085320130" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7965054945131919229?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7965054945131919229/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/leducation-coute-cher-essayez.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7965054945131919229'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7965054945131919229'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/leducation-coute-cher-essayez.html' title='L&apos;éducation coûte cher, essayez l&apos;ignorance !'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SfOziH_RBVI/AAAAAAAAAE0/KVZPb-EYAGM/s72-c/d%C3%A9penses+d%27%C3%A9ducation+pib.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-4995777379320374767</id><published>2009-04-23T00:47:00.043+02:00</published><updated>2009-09-15T18:16:58.688+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='(mal)journalisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éducation'/><title type='text'>Le "je ne regrette rien" du Monde</title><content type='html'>Catherine Rollot fanfaronne dans &lt;a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/22/universites-radiographie-d-un-conflit_1183746_3224.html#ens_id=1183758"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; d'aujourd'hui&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;"Le Monde&lt;/em&gt; a tenté chaque jour, en toute indépendance, aussi bien vis-à-vis du pouvoir politique que des pouvoirs intellectuels, d'informer au mieux ses lecteurs sur ce mouvement complexe, multiforme et durable."&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Son &lt;a href="http://www.fabula.org/actualites/article30135.php"&gt;boulgi-bouga&lt;/a&gt; fait de reprise inquestionnée des communiqués du ministère, agrémentés de quelques stéréotypes populistes, sous fond d'ignorance (volontaire ?) des plus élémentaires données du problème, de saisissantes erreurs factuelles et/ou de méthode serait donc un modèle de couverture journalistique, informée et indépendante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crains de ne devoir refroidir l'autosatisfaction de Mme Rollot : son papier du jour est de la même farine que ses précédents, et il comporte tant de biais idéologiques et témoigne d'une si grande incompétence qu'il va me falloir y apporter quelques correctifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son analyse se fonde sur l'&lt;a href="http://www.acrimed.org/article3102.html?debut_mmrub=0"&gt;habituelle psychologisation&lt;/a&gt; des universitaires et des chercheurs en grève : leur mouvement est l'expression d'un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;malaise&lt;/span&gt; et de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;craintes &lt;/span&gt;et leur état d'esprit du moment est l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;amertume&lt;/span&gt;. Des gens dont le métier est de penser ne peuvent décidément pas s'opposer à une réforme pour des motifs essentiellement rationnels : ils sont bien trop émotifs pour cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au gouvernement, comme de bien entendu, il a commis des maladresses qui semblent devoir expliquer l'essentiel de la "radicalisation" : son intention est juste, comme le projet, seule la manière est critiquable. Aucune opposition n'est donc véritablement rationnelle, fondée sur autre chose que des réactions psychologiques à des craintes, un malaise, ou des maladresses gouvernementales.Telle semble être l'analyse constante de Mme Rollot sur la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Catherine Rollot constate pourtant, presque étonnée :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Tous les acteurs qui ont approché cette crise ont pris des coups. &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; a été violemment mis en cause dans sa mission d'information par une partie du mouvement universitaire.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Et bien, je vais, à travers l'analyse d'un seul paragraphe, m'efforcer de lui expliquer pourquoi son travail a été si violemment mis en cause : parce qu'il reflète tant d'incompétences au service d'un tel parti-pris, qu'elle devrait elle-même en avoir honte. Voici le paragraphe en question :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;En face [du côté des universitaires], les blessés se comptent aussi. L'image de l'université en a pâti. Le premier bilan des demandes d'inscription dans l'enseignement supérieur en Ile-de-France est mauvais ; seuls 27,6 % des lycéens franciliens ont placé l'université en premier choix. C'est très peu quand on sait qu'au final, en septembre, sept bacheliers sur dix vont s'asseoir sur ses bancs.&lt;/blockquote&gt;On aura reconnu là son argument préféré, qu'elle ressert incessamment à ses lecteurs : le mouvement universitaire dessert ceux qui le mènent : il vide leurs universités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai déjà tenté d'expliquer, à l'occasion d'&lt;a href="http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-monde-nest-plus-ce-quil-etait.html"&gt;un billet précédent&lt;/a&gt;, pourquoi cet argument était faux. Mais Mme Rollot ne semble pouvoir en faire son deuil :  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;se non è vero è ben trovato&lt;/span&gt;, tant est qu'elle ne peut s'en passer. Elle nous propose ici de nouvelles preuves en sa faveur : peut être s'est-elle aperçu que les précédentes étaient nulles. Mais les nouvelles ne valent guère mieux que les anciennes. Elles cumulent erreur factuelle et erreur de méthode.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Commençons par l'erreur factuelle : il est gravement inexact d'écrire "qu'au final, en septembre, sept bacheliers sur dix vont s'asseoir sur [les] bancs [de l'université]". En 2007-2008, dernière année pour laquelle les données du ministère sont disponibles, seuls 35 % des bacheliers se sont inscrits à l'université. Plus précisément, 55% des bacheliers généraux, 16% des bacheliers technologiques et 5% des bacheliers professionnels se sont inscrits en fac, soit 35% des bacheliers de 2007, tous types de bac confondus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Appliquons le principe de charité : peut être que Mme Rollot ne parle pas de l'ensemble des bacheliers, mais uniquement de ceux qui ont poursuivi des études dans le supérieur. Mais là encore, aucune trace de sa proportion de 1 pour 7 : 45 % des bacheliers qui ont poursuivi des études dans le supérieur l'ont fait en fac. Même dans le cas le plus favorable, celui des bacheliers généraux, on n'atteint que 56%. On se demande donc où Mme Rollot est allé chercher un pareil chiffre, si ce n'est dans son imagination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est, du reste, vrai que ce chiffre, aussi imaginaire soit-il, a du moins pour avantage de mettre en valeur la proportion de 27.6% de lycéens optant pour l'université comme premier choix d'orientation. Si on se souvient que 35% des lycéens vont finalement en fac, et 45% de ceux qui vont dans le supérieur, le chiffre est, de fait, d'un coup moins saisissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais on atteint là à une deuxième erreur, de méthode, dont témoignait déjà son article précédent :  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;avant d'attribuer une cause à un phénomène, il faut s'assurer d'avoir épuisé toutes les autres causes possibles&lt;/span&gt;, écrivions-nous déjà à son sujet. En pure perte, faut-il croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En l'occurrence, ce que Mme Rollot ne dit pas à ses lecteurs est que la procédure de vœux pour le supérieur des lycéens de l'île de France a été profondément modifiée cette année : la procédure dite &lt;span style="font-style: italic;"&gt;RAVEL&lt;/span&gt; &lt;a href="http://www.educpros.fr/detail-article/h/f2d1c3c5bd/a/elargissement-du-portail-admission-postbacfr-a-tous-les-bacheliers-franciliens.html"&gt;a été remplacée&lt;/a&gt; par la procédure &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Admission Post-Bac&lt;/span&gt;. Cette dernière, relativement complexe, vise à optimiser les flux, et est fondée sur le fait que le lycéen obtient nécessairement une inscription en fac, dans l'hypothèse où ses vœux sélectifs n'ont pas été retenus par les établissements de ses choix. Par contre, il n'obtiendra pas de vœux sélectifs s'il place comme premier vœux la fac. Pour le dire différemment, cette procédure a pour effet mécanique d'encourager les élèves à formuler d'abord des vœux sélectifs. Le chiffre de 27.6% n'a donc rien d'étonnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus encore : il ne prouve nullement ce qu'il vise à démontrer, à savoir que les lycéens fuient la fac en raison du mouvement de grève. Pour que ce chiffre prouve quelque chose, il faudrait en effet pouvoir le comparer avec ceux des années précédentes, pour voir s'il y a bien une désaffection résultant de la grève. Mais comme on vient de le noter, la procédure de vœux a changé : il est donc impossible de le faire. Catherine Rollot ne s'y essaye d'ailleurs même pas : ce qui ne l'empêche nullement d'utiliser ce chiffre comme une preuve définitive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette difficulté méthodologique n'aurait, du reste, pas dû embarrasser Mme Rollot : on dispose, en effet, de données pour savoir si, oui ou non, les mouvements universitaires sont à l'origine de la baisse des effectifs en fac. Et ces données ruinent sa démonstration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Se-26tTj6EI/AAAAAAAAAEU/t6phXc_nXJo/s1600-h/inscription+universit%C3%A9.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Se-26tTj6EI/AAAAAAAAAEU/t6phXc_nXJo/s400/inscription+universit%C3%A9.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5327678003912894530" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Ce graphique porte sur le taux d'inscription des bacheliers dans les différentes filières du supérieur depuis 1990. On voit très clairement que la proportion de bacheliers qui s'inscrivent à l'université est en baisse depuis très longtemps : depuis l'année universitaire 1995-1996, c'est à dire il y a 14 ans maintenant. Durant cette période, cette proportion a baissé de 14 points de pourcentage, passant de près de 50% à 35 %, ce qui est considérable. La baisse a été continue, à l'exception des années 2001-2005. Ce que Catherine Rollot propose à ses lecteurs comme un scoop (les bacheliers s'inscrivent moins en fac à cause de la grève) est, en fait, un mouvement de fond, très largement antérieur à cette grève, et à tous les mouvements qui ont pu agiter l'université en 2006 (CPE), 2008 (loi LRU) ou 2009.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les bacheliers témoignent d'une désaffection croissante pour l'université, cela ne renvoie nullement aux grèves qu'elle peut connaitre, mais cela a beaucoup à voir avec l'incroyable pauvreté de l'université française, en particulier dans le premier cycle, qui pousse les bachelier à chercher des filières qui leur offrent un encadrement du même type que celui qu'ils connaissent au lycée. Ainsi, la dépense par étudiant à l'université est 25% plus faible qu'au lycée. Elle est 45% plus faible qu'en classe préparatoire, 42% plus faible qu'en BTS, 15% plus faible qu'en IUT. Il en est ainsi pour une raison simple, que le ministère note lui même :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;L'écart très important [...] provient en grande partie des différences de taux d’encadrement dans les universités (où une grande partie des cours, particulièrement au niveau de la licence, a lieu en amphithéâtre), et dans les établissements secondaires où sont implantées les classes de STS et de CPGE, qui bénéficient de taux d’encadrement du même ordre que celui des classes secondaires. (&lt;a style="font-style: italic;" href="http://media.education.gouv.fr/file/2008/13/0/RERS-2008_34130.pdf"&gt;Repères et références statistiques 2008&lt;/a&gt;, p. 334)&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Les étudiants issus de la massification scolaire (+82% d'étudiants entre 1980 et 2000), qui n'ont pas la même capacité d'autonomie, cherchent, au moins pour débuter leurs études universitaires, à s'orienter vers des filières disposant du même type d'encadrement que le lycée et vont, en grande partie pour cette raison, de moins en moins en fac après le bac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par contre, ces étudiants retournent souvent à l'université, une fois le premier cycle franchi : &lt;a href="http://media.education.gouv.fr/file/2008/35/5/NI0824_31355.pdf"&gt;un tiers des lauréats&lt;/a&gt; d'une licence obtenue en 3 ans par les bacheliers de 2002 étaient d'abord passés par un BTS ou un IUT. Bref, lorsque le taux d'encadrement s'améliore, les étudiants reviennent. Ainsi, si le nombre d'étudiants baisse en premier cycle universitaire depuis 1995, il a augmenté en second et troisième cycle (sauf depuis 2005, où il baisse comme l'ensemble des effectif du supérieur, notamment pour des raisons démographique). Le nombre d'étudiants en doctorat a même augmenté de près d'un tiers depuis 1995 : de fait, l'université continue d'offrir l'essentiel des filières de qualité à ce niveau.&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Se_vx-G6cZI/AAAAAAAAAEs/4RM_Uo1_3-s/s1600-h/effectifs+universit%C3%A9.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Se_vx-G6cZI/AAAAAAAAAEs/4RM_Uo1_3-s/s400/effectifs+universit%C3%A9.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5327740525967208850" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Pour le dire différemment : lorsque l'université a les moyens d'offrir une offre de qualité, elle attire des étudiants. Une grande partie du drame de l'université d'aujourd'hui tient précisément dans l'absence d'efforts financiers qui auraient permis d'adapter les moyens de l'université, et en particulier le taux d'encadrement, aux besoins des nouvelles générations de bacheliers, produits de la massification scolaire. C'est là la cause principale de la désaffection des premiers cycles universitaires : les lycéens connaissent les conditions d'étude souvent indignes qui leur sont offertes en fac. Peut-être qu'un jour Mme Rollot l'apprendra également à ses lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;NB : dans ce billet, l'université ou la fac désigne l'ensemble des formations offertes par les universités françaises, sans prendre en compte les IUT (filière sélective).&lt;br /&gt;Pour des raisons de continuité dans la série statistique, le découpage en cycles renvoie au découpage antérieur à la réforme LMD : le premier cycle correspond à l'ancien DEUG, le second à la troisième année de licence et à la maîtrise, le troisième au doctorat.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-4995777379320374767?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/4995777379320374767/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-je-ne-regrette-rien-du-monde.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4995777379320374767'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/4995777379320374767'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-je-ne-regrette-rien-du-monde.html' title='Le &quot;je ne regrette rien&quot; du Monde'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Se-26tTj6EI/AAAAAAAAAEU/t6phXc_nXJo/s72-c/inscription+universit%C3%A9.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-3448651685135811790</id><published>2009-04-13T01:24:00.005+02:00</published><updated>2009-10-27T03:26:54.365+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='immobilier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>Les jeunes et la bulle immobilière</title><content type='html'>Une bulle immobilière est un jeu de dupe dont les plus jeunes ménages sont avant tout victimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La hausse des prix suscite l'illusion d'un enrichissement général, au moins chez les ménages propriétaires : leur patrimoine semble augmenter à proportion de la bulle. Mais cet enrichissement est un jeu de dupe : les ménages propriétaires sont victimes d'une forme d'&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Illusion_mon%C3%A9taire"&gt;illusion monétaire&lt;/a&gt;. Ils se sentent plus riches, oubliant que la hausse de leur bien s'inscrivant dans une hausse générale, ils n'ont en fait rien gagné. Ils doivent, en effet, dans tous les cas se loger, et s'ils vendent leur bien pour en obtenir la plus-value, ils perdront celle-ci aussitôt après, au moment du rachat d'un autre logement, dont le prix a tout autant augmenté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne profitent de la bulle que les ménages qui ont investi dans l'immobilier, en achetant des biens en plus de leur résidence principale et d'une éventuelle résidence secondaire, et qui les revendent quand les prix sont au plus haut. Tous les autres ménages n'ont soi rien gagné, s'ils ne possèdent qu'un bien qu'ils habitent, soit perdu s'ils ne possèdent aucun bien ou qu'ils en ont fait l'acquisition au moment de la bulle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, ceux qui ont acheté au cours de la bulle ont dû payer bien plus, en termes réels, pour un même bien que ce qu'avaient payé les ménages déjà propriétaires avant la bulle. Et ceux qui ne possèdent aucun bien ont subi la hausse des loyers, qui accompagne la hausse des prix de l'immobilier, tout en étant plus faible que cette dernière. Aussi longtemps que la bulle n'a pas pleinement éclaté, ces ménages ont même doublement perdu, puisqu'ils ne peuvent souvent plus devenir propriétaires, même s'ils le souhaitent, les prix étant trop élevés. Et s'ils le deviennent, ils leur faut payer le prix du sommet spéculatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, ces deux types de ménages ont une caractéristique en commun : ils sont le plus souvent jeunes. C'est, en effet, pour l'essentiel entre 20 et 45 ans que l'on fait l'acquisition de son premier bien, et c'est donc dans cette période que l'on est également le plus souvent locataire.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SeKCTZYsE4I/AAAAAAAAAEE/urBWs8Tfe6U/s1600-h/effort+logement.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SeKCTZYsE4I/AAAAAAAAAEE/urBWs8Tfe6U/s400/effort+logement.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323960979248911234" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, on voit qu'en 4 ans seulement, entre 2002 et 2006, années durant lesquelles les prix ont augmenté de près de 80%, la part du revenu que doivent consacrer leur ménages en dépenses de logement a nettement augmenté pour les ménages de moins de 45 ans, alors qu'elle baissait légèrement pour les ménages de 45 à 60 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, tout se passe comme si, dans une bulle immobilière, les ménages les plus âgés trompaient les plus jeunes, les incitant à acheter plus cher des biens qu'ils ne possèdent pas encore ou à payer leur loyer plus cher, s'ils ne deviennent pas propriétaires. Une bulle immobilière est donc bien un jeu de dupe, dont les jeunes actifs sont les victimes et dont profitent les plus âgés, qui sont, pour l'essentiel, les seuls à compter dans leur rang des ménages possédant plusieurs biens.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-3448651685135811790?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/3448651685135811790/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/les-jeunes-et-la-bulle-immobiliere.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3448651685135811790'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/3448651685135811790'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/les-jeunes-et-la-bulle-immobiliere.html' title='Les jeunes et la bulle immobilière'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SeKCTZYsE4I/AAAAAAAAAEE/urBWs8Tfe6U/s72-c/effort+logement.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-7900584853533926382</id><published>2009-04-10T18:20:00.013+02:00</published><updated>2009-04-23T00:31:51.200+02:00</updated><title type='text'>Mourir guéri</title><content type='html'>Il y a un peu plus d'un an, on pouvait lire dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt; un &lt;a href="http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;amp;objet_id=1023583&amp;amp;clef=ARC-TRK-D_01"&gt;cri d'alarme&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;blockquote style="font-style: italic;"&gt;Le déficit, sans précédent, du commerce extérieur de la France en 2007 est particulièrement préoccupant. Le solde négatif du commerce extérieur depuis quatre ans tire mécaniquement la croissance vers le bas. C'est dans les exportations que se trouve la principale source de cette croissance qui fait tant défaut à l'économie française. L'ampleur de ce déficit ne s'explique pas seulement par des difficultés d'ordre conjoncturel.&lt;/blockquote&gt;Cet article, et les innombrables autres de la même teneur, avait notamment suscité &lt;a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2008/02/09/1175-le-jour-de-la-marmotte-est-revenu"&gt;cet excellent billet&lt;/a&gt; chez Econoclaste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt; peut se rassurer : la France a enfin trouvé la voie qui la sortira d'une si fatale situation. Le déficit de la balance commerciale est, en effet, en brutale diminution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd92LPcspAI/AAAAAAAAADc/Q3t991EUQ-Q/s1600-h/solde+commercial+france.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd92LPcspAI/AAAAAAAAADc/Q3t991EUQ-Q/s400/solde+commercial+france.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323103220072752130" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme une bonne chose n'arrive jamais seule, les États-Unis nous ont précédé. Un miracle est sur le point d'y advenir : la suppression de leur déficit commercial, qui semblait être devenu une seconde nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd-c3-D0yfI/AAAAAAAAAD8/K_rb4wy4lBc/s1600-h/balance+commerciale+us.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd-c3-D0yfI/AAAAAAAAAD8/K_rb4wy4lBc/s400/balance+commerciale+us.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323145769940994546" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le secret de ces deux divines surprises ? La récession bien sûr. Rien de mieux qu'une bonne petite récession, et plus encore une grande, pour guérir un pays de son incapacité à générer des excédents commerciaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mécanisme ? Il est fort simple : il suffit d'avoir une récession plus forte chez soi que dans le reste du monde. Ainsi notre demande intérieure diminue plus fortement que la demande intérieure des autres pays du monde. Par suite, les importations, qui sont une composante de la demande des agents résidents en France, diminue plus fortement que les exportations, qui sont le résultat de la demande intérieure des autres pays du monde. En image, cela donne ça :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd-ccPNf0aI/AAAAAAAAADs/909hPGQYX14/s1600-h/solde+commercial+france.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd-ccPNf0aI/AAAAAAAAADs/909hPGQYX14/s400/solde+commercial+france.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5323145293508628898" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les exportations diminuent : les autres pays du monde qui sont nos clients sont également touchés par la récession. Mais on voit aussi que les importations diminuent plus encore : très probablement parce que notre activité économique ralentit encore plus vite qu'ailleurs. Or, la balance commerciale n'est rien d'autre que la différence entre les exportations et les importations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, nous allons mourir guéris de cette maladie qui semblait incurable : le déficit commercial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soyons optimiste, toutefois. Peut-être allons-nous apprendre un peu d'économie, au-delà du mercantilisme de café du comptoir qui tient lieu d'analyse économique en France : un déficit commercial ne signifie a priori rien sur la santé d'une économie. Une économie peut ainsi être en pleine croissance, et avoir un déficit commercial : par exemple si elle croit plus vite que les autres pays du monde, et donc que ses importations augmentent plus vite que ses exportations, dépendantes de la croissance plus faible de ses partenaires. Et, au contraire, une économie peut être dans une des plus graves récessions de son histoire et résorber son déficit, voire même avoir un excédent, précisément parce qu'elle est en récession.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par conséquent, sans plus ample examen, un excédent commercial ne dit rien, strictement rien, sur l'état d'une économie -y compris sur sa "compétitivité".&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-7900584853533926382?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/7900584853533926382/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/mourrir-gueri.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7900584853533926382'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/7900584853533926382'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/mourrir-gueri.html' title='Mourir guéri'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd92LPcspAI/AAAAAAAAADc/Q3t991EUQ-Q/s72-c/solde+commercial+france.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-2525752522728520390</id><published>2009-04-09T00:00:00.009+02:00</published><updated>2009-05-04T15:58:55.839+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='inégalités'/><title type='text'>Rémunération au mérite</title><content type='html'>C'est &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest-Antoine_Seilli%C3%A8re"&gt;Ernest-Antoine Seillière&lt;/a&gt; qui &lt;a href="http://tf1.lci.fr/infos/economie/entreprises/0,,4323900,00-pour-seilliere-il-faut-payer-les-patrons-au-merite-.html"&gt;l'affirme&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;"&lt;em&gt;ce qui doit primer&lt;/em&gt;" dans les rémunérations des dirigeants "&lt;em&gt;ce sont des critères de réussite&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;em&gt;Il y a des abus&lt;/em&gt;", estime aussi M. Seillière, également président de l'organisation patronale européenne BusinessEurope . &lt;em&gt;"Ce qui est choquant, c'est quand quelqu'un reste bien payé dans une entreprise qui va mal",&lt;/em&gt; poursuit-il, en ajoutant que "&lt;em&gt;c'est pour ça qu'ont été conçues les rémunérations variables&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Il y a manifestement encore beaucoup à faire en la matière aux Etats-Unis :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd0gGuX9esI/AAAAAAAAADE/sz_QN7MhQ1E/s1600-h/compensation.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 313px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd0gGuX9esI/AAAAAAAAADE/sz_QN7MhQ1E/s400/compensation.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5322445634521627330" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Mais il est vrai que les patrons américains n'ont pas signé, comme les nôtres, la charte éthique du MEDEF. Ce qui fait toute une différence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Via &lt;a href="http://baselinescenario.com/2009/04/05/two-things-that-have-nothing-to-do-with-each-other/"&gt;The Baseline Scenario&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NB : "compensation" = rémunération totale (qui inclue les stock options) de chaque dirigeant des 200 plus grandes entreprises américaines.  Sur le graphique, l'unité de l'échelle des rémunérations est le million de dollars. "Return" = rendement boursier des actions de l'entreprise du dirigeant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-2525752522728520390?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/2525752522728520390/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/remuneration-au-merite.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2525752522728520390'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2525752522728520390'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/remuneration-au-merite.html' title='Rémunération au mérite'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sd0gGuX9esI/AAAAAAAAADE/sz_QN7MhQ1E/s72-c/compensation.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-39599706224366377</id><published>2009-04-07T21:47:00.013+02:00</published><updated>2009-10-27T03:26:22.093+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='immobilier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='crise'/><title type='text'>Quand la bulle éclate</title><content type='html'>Les bulles immobilières sont comme &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Hollow_Men"&gt;le monde selon T.S Eliot&lt;/a&gt; : elles ne s'achèvent pas par un bang, mais dans un long râle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'immobilier,&lt;a href="http://www.nytimes.com/2005/08/08/opinion/08krugman.html"&gt; il n'y a pas de jeudi noir comme dans les marchés financiers&lt;/a&gt; : les prix ne chutent pas de 20% en un jour ou une semaine. L'ajustement est toujours extrêmement long, mais il a toujours lieu, même si les acteurs du secteur en nient l'existence, au début.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La raison en est simple : les biens immobiliers n'ont pas la liquidité des valeurs mobilières. On ne se débarrasse pas d'une maison comme d'une action. Il n'y a donc pas de ventes générées par un mouvement de panique dans l'immobilier. Qui plus est, les propriétaires, pour qui leur bien constitue souvent la plus grosse partie de leur patrimoine, refusent de vendre moins cher, surtout s'ils ont acheté en haut de la bulle. La perte peut être en effet telle qu'il ne l'accepte pas, préférant qu'elle demeure latente.  Ainsi, le propriétaire choisit parfois de retirer son bien de la vente plutôt que de le céder au nouveau prix, ou il n'accepte que très lentement d'abaisser ses prétentions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ajustement est donc long, et s'opère d'abord par les quantités : puisque les prix ne baissent pas, les acheteurs n'achètent pas, et les transactions s'effondrent. Progressivement, notamment parce que certains propriétaires sont contraints de vendre (déménagement, divorce, etc.), les prix baissent et les transactions reprennent : l'ajustement par les prix s'opère. Par contre, cet ajustement &lt;a href="http://www.calculatedriskblog.com/2009/03/more-on-housing-bottoms.html"&gt;se poursuit après, parfois longtemps après&lt;/a&gt;, la reprise du nombre de transactions et des mises en chantier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne sommes, en France, qu'au commencement de l'ajustement par les prix. Et celui-ci promet d'être long. La bulle immobilière a été en effet d'une ampleur considérable, proche de celle de la bulle américaine.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SduzDy7NkWI/AAAAAAAAAC0/0YMeMfy6Wbw/s1600-h/prix+logement+france.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SduzDy7NkWI/AAAAAAAAAC0/0YMeMfy6Wbw/s400/prix+logement+france.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5322044262459478370" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Entre 1997 et 2007, la hausse des prix a été de près de 120% : les prix ont plus que doublé, avec des augmentations annuelles ayant atteint 15% au cœur de la bulle. L'augmentation des prix a ainsi été inédite par son ampleur. Pourtant l'éclatement de la bulle est, pour l'instant, extrêmement lent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les prix ont, en effet, continué à augmenter jusqu'au premier trimestre 2008. Ils ne baissent que depuis le troisième trimestre 2008. L'ajustement par les quantités a par contre été violent, à proportion de l'absence d'ajustement par les prix : les ventes de logements anciens se sont effondrés de près de 17 % et celles de logements neufs de 40 % en 2008. Sur la même période, les prix ont baissé de moins de 3%.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semblerait, toutefois, que l'ajustement par les prix s'opère plus nettement. La Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) entrevoit une baisse des prix de 5 à 10% pour 2009. (L'article du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde &lt;/span&gt;qui rapporte la nouvelle, intitulé "&lt;a href="http://www.blogger.com/les%20prix%20pourraient%20encore%20baisser%20de%2010%%20en%202009"&gt;Les prix pourraient encore baisser de 10% en 2009&lt;/a&gt;" reflète du reste une certaine incompréhension du phénomène (faute de distance critique avec le discours des agents immobiliers ?) : il serait plus juste de titrer "Les prix ne baisseront que de 10% en 2009". La baisse ne fait, en effet, que commencer et elle promet d'être longue.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a une idée assez précise de l'importance de la baisse à venir à travers un indicateur extrêmement solide : le rapport entre le prix des logements et le revenu disponible des ménages. Ce ratio est une mesure de la contrainte budgétaire des ménages dans l'achat de leurs biens, contrainte qui joue un rôle fondamental dans l'acquisition des biens immobiliers et, par suite, dans la hausse possible de leur prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sdu7ncacUYI/AAAAAAAAAC8/VLKPBcjv0z4/s1600-h/prix+logement+rapporte+revenu.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/Sdu7ncacUYI/AAAAAAAAAC8/VLKPBcjv0z4/s400/prix+logement+rapporte+revenu.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5322053670984765826" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On voit que, une fois soldé les déséquilibres nés de l'après guerre (hyper inflation, mesures administratives de blocage des loyers), le rapport entre prix des logements et revenu s'est stabilisé à partir du milieu des années 1960 autour d'une bande étroite, identifiée par &lt;a href="http://www.immobilier-danger.com/Courbe-de-Friggit-024.html"&gt;Jacques Friggit&lt;/a&gt;. Le ratio évolue ainsi dans un tunnel de 20%, centré autour de 95 (+10% au dessus, -10% en dessous).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2000, le ratio était, par construction, de 100. 7 ans plus tard, il atteignait 165. On voit par là l'ampleur de la bulle spéculative, son caractère totalement hors norme au regard de toutes les fluctuations des prix depuis 40 ans. On comprend également l'importance du crédit dans le développement de la bulle, qui a permis aux ménages de s'abstraire -un temps- de leur contrainte budgétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ratio &lt;span style="font-style: italic;"&gt;prix/revenu&lt;/span&gt; nous donne, par ailleurs, un indicateur de l'ampleur de la baisse des prix à venir. Si l'on fait l'hypothèse qu'il va retrouver sa valeur de longue période, l'ampleur de la baisse des prix est simple à calculer. Si l'on présume, par exemple, que l'ajustement s'opérera sur 6 ans, durée moyenne des baisses précédentes, et si l'on postule que le revenu va augmenter (en valeur) entre 2008 et 2014 à son rythme de 2001-2007 (soit +16%), on voit que les prix doivent baisser d'un peu plus de 35% depuis leur sommet de la mi-2008, soit une baisse annuelle moyenne de 7 % sur la période.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La baisse annuelle des prix est une fonction de deux variables : la durée de l'ajustement, la hausse des revenus (en valeur) sur la période. Plus la période sera longue, et plus les revenus augmenteront, moins la baisse annuelle des prix sera forte. A l'extrême, on peut même imaginer un scénario où les prix stagnent, jusqu'à ce que la hausse du revenu soit telle que le ratio &lt;span style="font-style: italic;"&gt;prix/revenu&lt;/span&gt; revienne à 100. Dans ce cas, au rythme actuel de progression du revenu des ménages, il faudrait approximativement 20 ans. Ce scénario semble improbable, et je crois plutôt à celui d'une baisse sur une grosse demi-décennie, avec une diminution annuelle de 7%.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, et c'est la dernière option, on peut envisager que le ratio ne retrouvera pas son niveau historique -ce qui signifierait que tout n'était pas irrationnel dans la bulle actuelle. On peut par exemple penser que l'augmentation de la durée de remboursement des crédits que l'on a constaté durant la bulle, et qui permet d'augmenter les sommes disponibles pour l'achat par rapport à son revenu annuel, se poursuivra. Ou qu'il existe véritablement une pénurie de logement en France, qui va maintenir les prix à un niveau élevé. Le défaut de ces arguments est qu'ils ont trop servi durant la bulle à en dénier l'existence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-39599706224366377?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/39599706224366377/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/quand-la-bulle-eclate.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/39599706224366377'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/39599706224366377'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/quand-la-bulle-eclate.html' title='Quand la bulle éclate'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SduzDy7NkWI/AAAAAAAAAC0/0YMeMfy6Wbw/s72-c/prix+logement+france.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-2871650767548110613</id><published>2009-04-06T13:14:00.020+02:00</published><updated>2011-02-01T01:10:42.589+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='développement'/><title type='text'>La maladie algérienne</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;Vendredi, Bouteflika va faire semblant d'être candidat à une élection démocratique à laquelle les algériens feront semblant de participer et il sera élu pour un troisième mandat. Il en va ainsi depuis 47 ans en Algérie, demi siècle au cours duquel le pays a été dirigé très exactement par le même groupe d'hommes, comme dans une forme collective de dictature à la cubaine. Demi siècle marqué par une guerre civile qui a fait 150 000 morts, mais également par un échec économique d'une ampleur vertigineuse au regard des richesses naturelles du pays. Échec économique tel qu'il mériterait de porter le nom de "maladie algérienne".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les économistes parlent de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_hollandaise"&gt;maladie hollandaise&lt;/a&gt; pour décrire une forme possible de malédiction des matières premières : un pays qui se met à exploiter une ressource naturelle voit sa richesse non pas augmenter mais diminuer en raison de la désindustrialisation que provoque cette exploitation. Dans le cas, historique, des Pays-Bas, la cause en était l'augmentation du taux de change réel de la monnaie, provoquée par les exportations de gaz, qui avait fortement atteint la compétitivité prix de  l'industrie manufacturière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Algérie est atteinte d'une forme extrême de cette maladie. Ici, le taux de change ne joue aucun rôle (il s'est même déprécié depuis 10 ans) : s'y substitue un mécanisme de double rente, qu'engendre la détention par l'Algérie de ressources en hydrocarbures qui font d'elle le 4ème exportateur mondial de gaz.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En apparence le bilan des 10 années au pouvoir de Bouteflika est satisfaisant, avec un taux de croissance du PIB de près de 4% sur la période.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TUdFdH-nVCI/AAAAAAAAAXM/98a2aLYalMs/s1600/PIB+algerie+1999_2008.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="308" src="http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TUdFdH-nVCI/AAAAAAAAAXM/98a2aLYalMs/s400/PIB+algerie+1999_2008.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Dans le même temps, le taux de chômage est passé de 30% de la population à 12%, la dette externe a été ramenée à moins de 4% du PIB, et de très importantes réserves de change ont été accumulées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette décennie miraculeuse n'est, pour l'essentiel, liée qu'à une seule cause : la flambée des cours des hydro-carbures. Rien n'a fondamentalement changé : les cycles de l'économie algérienne sont, depuis l'indépendance, le reflet des cycles du cours des hydro-carbures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TUdFczqTJkI/AAAAAAAAAXI/jitYGHXWFAE/s1600/PIB+algerie+1980_2008.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="308" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TUdFczqTJkI/AAAAAAAAAXI/jitYGHXWFAE/s400/PIB+algerie+1980_2008.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le pays connait ainsi une forte croissance aux début des années 1980 à la suite du second choc pétrolier, puis une stagnation à partir de 1986, en raison du contre choc. La croissance ne repart fortement qu'à partir de 1998, tout comme le cours du gaz. Ainsi, entre 1980 et 2008, le taux de croissance annuel n'est en moyenne que de 2,7 %, ce qui est peu pour un pays en rattrapage, avec une forte croissance démographique. Qui plus est, les fluctuations autour du &lt;i&gt;trend &lt;/i&gt;de croissance de longue période sont importantes, à la mesure des variations des cours des hydrocarbures. Le Maroc, pays voisin et comparable par la taille et la population, presque dépourvu de ressources naturelles (à part du phosphate), a obtenu un taux de croissance supérieur d'un point (3,7% en moyenne par an), avec beaucoup moins de fluctuations autours du trend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La performance devient catastrophique si on s'intéresse au PIB par habitant, en raison de la très forte croissance démographique.&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TUdFdXGgg_I/AAAAAAAAAXQ/FzcO7xpDP0g/s1600/PIB+hab+algerie+1980_2008.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="308" src="http://3.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TUdFdXGgg_I/AAAAAAAAAXQ/FzcO7xpDP0g/s400/PIB+hab+algerie+1980_2008.png" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;Le PIB/habitant est à peine supérieur en 2008 à celui de 1980. Les cycles de la croissance apparaissent plus que jamais liés à ceux du cours du pétrole : en particulier, le contre choc pétrolier qui débute au milieu des années 1980, conjuguée à un fort croît démographique, a conduit à une baisse sensible du PIB par habitant. Ce n'est qu'avec l'augmentation des cours du pétrole, début 2000, que le PIB/hab augmente à nouveau.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;L'échec algérien est encore plus net, si on le compare avec la performance du Maroc. Au Maroc, malgré une croissance démographique presque aussi forte, le PIB/habitant a augmenté de près de 2% par an entre 1980 et 2008, de manière très régulière. L'écart de richesse entre les deux pays, initialement très important, le PIB/hab en Algérie étant près de deux fois supérieur à celui du Maroc en 1980, a nettement diminué. Si les tendances se poursuivent, il est amené à disparaître.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;Comment expliquer ces évolutions historiques ? Pourquoi l'Algérie fait moins bien que le Maroc, et pourquoi sa croissance est-elle le reflet des cours du pétrole ?&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;En raison d'une double rente autours de laquelle est structurée son économie, au profit des groupes dirigeants : rente du gaz et rente des importations qu'autorise le gaz.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;La nomenklatura du régime, dont l'armée et en particulier la sécurité militaire constitue le cœur, utilise la rente du pétrole comme un moyen de domestication des populations. Depuis l'indépendance, elle s'en approprie une partie substantielle, et utilise le reste pour pratiquer le clientélisme à l'échelle d'une nation, selon une&lt;a href="http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=322585"&gt;&amp;nbsp;logique économique bien connue&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;Cette politique de distribution clientéliste de la rente a pris en particulier la forme de la création d'emplois publics sans finalité productive véritable. D'où l'hypertrophie du secteur public algérien, et en particulier de l'administration, où travaille un tiers de la population active.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette politique de redistribution a été complétée par une mise sous contrôle d'une grande partie de l'économie algérienne sous la forme de monopoles contrôlés par l'État, politique historiquement légitimée par la théorie marxiste du développement par substitution aux importations. Monopole dont le but n'a jamais été la recherche de l'efficacité économique, mais le contrôle des populations à travers l'octroi d'emplois et l'impossibilité de la constitution d'une élite concurrente issue du monde économique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le résultat de cette politique est l'absence d'une véritable économie productive. L'économie algérienne produit essentiellement des hydro-carbures, ou plutôt les extrait, les vend au reste du monde et achète avec le produit de cette vente ce qu'elle ne produit pas ou plus. Ainsi les hydrocarbures représentent près de 50% du PIB et la quasi totalité des exportations (96%), tandis que la production industrielle hors hydrocarbure est presque inexistante (5% du PIB). Par comparaison, près de 20% du PIB du Maroc provient de l'industrie manufacturière, qui ne cesse de se développer. La maladie hollandaise s'aggrave avec le temps : les hydrocarbures représentaient 30 % du PIB et l'industrie 11% à la fin des années 80. Par ailleurs, même si les cours du pétrole sont au plus haut, le taux de couverture des importations n'a pas cessé de baisser dans les années 2000, tandis que les importations augmentaient de 200%. Tout se passe comme si la flambée des cours du pétrole avait provoqué une accélération de la maladie hollandaise, poussant encore plus l'économie algérienne à ne rien produire, pour acheter à l'étranger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette très forte hausse des importations a été en particulier marquée par un boom des importations de voiture. L'Algérie a aujourd'hui le premier parc automobile du Maghreb, sans qu'aucune voiture n'y soit fabriquée. Pierre Barrot ajoute même que Renault qui voulait implanter une usine dans la région &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/l-algerie--un-pays-toujours-bloque_fr_art_831_42592.html"&gt;après avoir envisagé l'Algérie a choisi le Maroc (Tanger)&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On touche là à la deuxième rente, qui aggrave la première et rend difficile toute évolution véritable vers une économie productive : la rente des importations. Le secteur des importations est en effet la deuxième grande source de profit en Algérie, lorsque l'on fait partie des élites dirigeantes. Pour un membre de ces élites, deux grands flux monétaires sont en effet appropriables : ceux que génère la vente du gaz, ceux que génère l'achat à l'étranger de ce qui n'est pas produit sur place. Le second flux est, comme on l'a vu, la conséquence du premier. Mais il a ses déterminismes propres : il est à l'origine de tels profits que toutes les importations particulièrement rentables sont monopolisées par un petit nombre de personnes liées au régime. Le&lt;span style="font-style: italic;"&gt; trabendo&lt;/span&gt; est le résultat de ce monopole. Le lobby des importateurs a tout intérêt à ce que la maladie hollandaise soit la plus forte possible : c'est elle qui fait sa richesse. Il use ainsi de ses moyens d'influence pour décourager le développement d'activité productive locale. C'est cette seconde rente qui forme toute la spécificité de la "maladie algérienne".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On voit ainsi que dans l'économie algérienne les mécanismes de la rente sont indissolublement économiques et politiques : la rente pétrolière fournit au pouvoir le moyen de sa légitimité. Il n'a donc aucun intérêt à sa disparition. La rente des importations est, d'autre part, impossible sans l'appui politique dont dispose le lobby des importateurs. Aucun acteur étatique ou lié à l'élite étatique n'a donc d'incitation à entreprendre les mesures qui pourraient mettre un terme à la maladie algérienne, en élevant la capacité productive de l'économie (investissement dans l'éducation, réforme du secteur bancaire incapable de financer l'économie, etc.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cycles politiques en Algérie sont donc étroitement liés aux cycles économiques, eux mêmes dépendants des cours du pétrole. La stagnation du revenu par tête dans les années 1980 a conduit aux émeutes de 1988. De la même façon, la guerre civile a débuté sous fond de stagnation du revenu par habitant, et sa fin relative coïncide avec la très forte hausse de ce dernier. Il en est ainsi pour une raison simple : la légitimité du régime est directement proportionnée aux fluctuations du revenu national, puisque celui-ci transite pour une large part à travers les mécanismes politiques de redistribution des richesses. Le pouvoir politique a ainsi trouvé dans le boom pétrolier une ressource inespérée pour solder les années de guerre civile et favoriser la politique de réconciliation nationale (pardon des membres de la guérilla islamiste).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le boom pétrolier est désormais fini, au moins temporairement. La répression des populations rétives sous prétexte de lutte contre le terrorisme islamiste n'a plus la même légitimité internationale. Le chemin de Bouteflika risque donc d'être fort étroit pour son troisième mandat : les élites militaires dont il est la façade ne savent en effet faire que deux choses : acheter le peuple à coup de pétro dinars et lui taper dessus si cela ne suffit pas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-2871650767548110613?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/2871650767548110613/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/la-maladie-algerienne.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2871650767548110613'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/2871650767548110613'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/la-maladie-algerienne.html' title='La maladie algérienne'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/TUdFdH-nVCI/AAAAAAAAAXM/98a2aLYalMs/s72-c/PIB+algerie+1999_2008.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-6796105363962039692</id><published>2009-04-04T02:53:00.038+02:00</published><updated>2009-05-04T15:55:49.143+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éducation'/><title type='text'>Le Monde n'est plus ce qu'il était</title><content type='html'>Il était une fois une fac de dangereux gauchistes. Des durs, des radicaux, tendance &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Black Block&lt;/span&gt;. Au moindre mouvement de grève, cette fac était toujours à la pointe des luttes. Elle était systématiquement bloquée, parfois pendant des semaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'histoire est pleine de ruse, surtout pour les révolutionnaires et les gauchistes : face à tant de chienlit, les familles prirent peur, et même leurs enfants. Plus personne ne souhaitait y étudier, de peur de ne pouvoir précisément le faire, à force de blocus et de grèves votées à main levée dans des amphis manipulés. Les effectifs baissèrent, vertigineusement. A la rentrée 2004, la fac comptait 16 670 étudiants. A la rentrée 2007, ils n'étaient plus que 14 490 -soit une baisse de 13% des effectifs en 3 ans, ou encore un taux de baisse moyen par an de 4,6%. Cela alors même que la principale discipline enseignée dans cette fac voyait ses effectifs nationaux augmenter de 3,3% sur la période.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nom de cette fac ? Paris II... la fac la plus conservatrice de France, où l'on enseigne cette matrice de tous les mouvements gauchistes qu'est le droit, et où afficher un peu trop ostensiblement son appartenance à l'extrême gauche pouvait avoir, il y a encore 10 ans, des conséquences de nature physique, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris_II#Assas.2C_.C2.AB_universit.C3.A9_nationaliste_.C2.BB_.3F"&gt;suite à la réaction de quelques étudiants du GUD&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'ironie près, mon récit édifiant pourrait pourtant se lire dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt;, où les journalistes, ou plutôt certains d'entre eux, semblent méconnaitre les points les plus élémentaires de toute enquête. Un chiffre ne veut rien dire, isolé. Il est impossible de tirer la moindre inférence de l'évolution du nombre d'élèves d'une fac, si l'on ne replace ce nombre dans son contexte, et mieux encore si l'on n'effectue une comparaison systématique, et si possible contrôlée, des variables causales possibles pour savoir de quelle(s) cause(s) il est l'effet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut ainsi affirmer, à travers la comparaison au dessus, que les effectifs de Paris II connaissent une baisse d'une ampleur très grande relativement à ce qui leur est comparable : l'évolution des effectifs des autres facs de droits et de la filière juridique en général. Il y a donc un phénomène spécifique, à expliquer, et pas un artefact produit par une ignorance des règles élémentaires de la méthode. Même si l'hypothèse de la chienlit gauchiste semble être un facteur explicatif peu probable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c'est pourtant à une &lt;a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/03/31/les-facs-mobilisees-voient-leur-image-se-degrader_1174709_3224.html"&gt;analyse de ce genre d'artefact à laquelle se livre Catherine Collot&lt;/a&gt;, dans un article sur les conséquences de la mobilisation universitaire intitulé "Les facs mobilisées voient leur image se dégrader". En substance, l'article soutient que les facs les plus mobilisées sont victimes de leurs mobilisations, en particulier Montpellier III, Toulouse II et Rennes II, leur image se dégradant jusqu'à provoquer une baisse de leurs effectifs. Ce mécanisme est d'ailleurs illustré par la réaction d'une parent d'élève de la PEEP, fédération &lt;a href="http://www.uni.asso.fr/spip.php?article762"&gt;dépourvue de toute orientation et de tout agenda politique&lt;/a&gt; comme l'on sait au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt;, qui affirme qu'elle n'aurait jamais permis à ses enfants de rejoindre des lieux si mal famés et si peu propices à l'étude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce modèle d'enquête journalistique est fondé sur un fait statistique incontestable... Les effectifs baissent, beaucoup. Selon l'article, Rennes II avait 22 000 étudiants en 2005 (l'année 2004-2005, je suppose) et 16 500 en 2009 (2008-2009, je suppose). Montpellier aurait perdu 7% de ses étudiants en moyenne à chacune des trois dernières rentrées. Toulouse II aurait perdu 5 000 étudiants depuis 6 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est impossible de vérifier la véracité de ces chiffres : ni les facs, ni le ministère, ne donnent d'information pour l'année 2008-2009. Par contre, toutes les données sont disponibles pour les années antérieures, soit jusqu'à l'année 2007-2008, sur le &lt;a href="ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2005/ni0524.pdf"&gt;site&lt;/a&gt; du &lt;a href="http://media.education.gouv.fr/file/25/0/2250.pdf"&gt;Ministère&lt;/a&gt; de l'&lt;a href="http://media.education.gouv.fr/file/2008/79/3/NI0826_32793.pdf"&gt;éducation&lt;/a&gt; &lt;a href="http://media.education.gouv.fr/file/2008/79/3/NI0826_32793.pdf"&gt;nationale&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ces données ruinent toute la démonstration de Catherine Collot. Elles font en effet apparaître un fait essentiel que Catherine Collot semble ignorer : les universités françaises voient toutes leurs effectifs baisser. Seules les filières de droit et médecine sont épargnées par le phénomène. Il n'est pas le lieu ici d'analyser les causes de cette baisse. Constatons seulement qu'elle est particulièrement forte en "lettre, langue et sciences humaines", filière qui a vu ses effectifs baisser entre 2004-2005 et 2007-2008 de 13%.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon les données du ministère, entre 2004-2005 et 2007-2008, les effectifs de Montpellier III, comme ceux de Toulouse II, ont baissé de 16%. 16%, c'est à dire presque autant que la baisse des effectifs de la filière "lettre, langues, sciences humaines". Or, Montpellier III, tout comme Toulouse II, ne sont spécialisées que dans cette seule filière : l'essentiel de la baisse des effectifs de ces universités est donc explicable par la baisse globale, constatée partout en France, des effectifs de la filière que l'on y étudie. Catherine Collot a donc construit toute sa démonstration sur un pur artefact, fondé sur l'ignorance d'une règle méthodologique élémentaire : avant d'attribuer une cause à un phénomène, il faut s'assurer d'avoir épuisé toutes les autres causes possibles. Surtout lorsqu'il s'agit d'une cause aussi immédiatement évidente que l'évolution nationale des effectifs d'étudiants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'on est d'autant plus incité à le faire que l'on peut constater, d'une part, qu'une fac comme Paris II a vu ses effectifs baisser selon un rythme proche de celui de Montpellier III et Toulouse II, sans connaître de mobilisation, alors même qu'elle est spécialisée dans des filières dont les effectifs ont augmenté au niveau national (à part AES) et, d'autre part, que des facs presque autant mobilisées que Montpellier III ou Toulouse II, comme celle de Nantes, ont vu leurs effectifs stagner (-2% pour Nantes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule Rennes II semble affectée par une baisse significativement plus forte que la moyenne nationale avec une chute de 19% des effectifs. Mais là encore, il est impossible d'attribuer comme cause à cette baisse les mobilisations qu'a connues la fac sans autre examen que les propos d'un président de fac ou d'un parent d'élève de droite : bien d'autres facteurs peuvent être à l'œuvre, dont certains plus structurants comme l'évolution du nombre de bacheliers dans l'académie de l'université. Avant d'avoir vérifié que ces facteurs ne sont pas explicatifs de la baisse particulière des effectifs de Rennes II, on ne peut rien affirmer. Du moins, si l'on veut donner un sens aux mots de "déontologie journalistique" dont on se gargarise pourtant au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet article est une superbe illustration de l'erreur commune des analyses de débutants et/ou des analyses politiquement orientées : l'utilisation de chiffres de manière illustrative à l'appui d'une thèse qui leur préexiste. On veut affirmer quelque chose, et l'on cherche le chiffre qui va bien. Et pour achever la démonstration, on ne cite que les réactions des acteurs (présidents de fac, membre d'une fédération de parents d'élève de droite, etc.) hostiles au mouvement en court, trop heureux d'abonder dans le sens de la journaliste qui les interroge. Au mépris des règles les plus élémentaires de toute méthode d'enquête et de la déontologie journalistique même.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-6796105363962039692?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/6796105363962039692/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-monde-nest-plus-ce-quil-etait.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6796105363962039692'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/6796105363962039692'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/le-monde-nest-plus-ce-quil-etait.html' title='Le Monde n&apos;est plus ce qu&apos;il était'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-8801349369943635999</id><published>2009-04-03T15:50:00.004+02:00</published><updated>2009-05-04T15:57:32.956+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='recherche'/><title type='text'>Plus on cherche, plus on trouve (en France aussi) (III)</title><content type='html'>La production scientifique d'un pays est donc avant tout fonction des moyens qu'il y investit, que ce soit en hommes (nombre de chercheurs) ou en dépenses globales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela n'interdit pas le fait que certains pays soient plus efficaces que d'autres. Mais ce ne sont pas ceux que l'on croient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SdYVZShn7UI/AAAAAAAAAA8/OfT5S7vl4qY/s1600-h/ratio+articles+publi%C3%A9s+chercheur.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SdYVZShn7UI/AAAAAAAAAA8/OfT5S7vl4qY/s400/ratio+articles+publi%C3%A9s+chercheur.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5320463533998599490" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On peut mesurer l'efficacité de la production scientifique d'un pays à travers deux indicateurs élémentaire de rendement : le nombre d'articles publiés par chercheur ; le nombre d'article publiés par dollar dépensé.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SdYVZvINGFI/AAAAAAAAABE/FIU6nAJ1mYE/s1600-h/ratio+articles+publi%C3%A9s.png"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 309px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SdYVZvINGFI/AAAAAAAAABE/FIU6nAJ1mYE/s400/ratio+articles+publi%C3%A9s.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5320463541676611666" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;On constate tout d'abord, pour les deux indicateurs, que les pays les plus efficaces ne sont pas, dans l'ensemble, les plus grands. La production scientifique semble, en effet, régie par une logique très proche de celle que les économistes postulent pour la production économique en général : les rendements décroissants. Plus la quantité d'un facteur augmente, plus la production s'accroit, mais de moins en moins relativement à la quantité de facteur. Cette régularité apparaît très nettement pour le ratio article/dépense, moins nettement pour le ratio article/chercheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela signifie tout d'abord que les pays les plus efficaces ne sont pas les grands leaders mondiaux dans le monde de la science, ceux qui publient le plus, mais au contraire des pays plus petits, en particulier la Suisse et les Pays-Bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela signifie, d'autre part, que les États-Unis, géant de la science par ses volumes de production, n'est pas un pays exceptionnellement efficace, bien qu'il apparaisse comme un modèle absolu de productivité scientifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On constate enfin que la France est, pour nos deux indicateurs, plus efficace que les États-Unis. Plus précisément, la France est, en matière d'efficacité, à sa place : 5e pays pour la production globale d'articles scientifiques, après les E-U, le Japon, l'Allemagne et le Royaume-Uni, elle a une efficacité plus grande que 3 d'entre eux : les E-U, le Japon et l'Allemagne. Parmi les pays leader en matière de production scientifique, seul le Royaume-Uni fait mieux. De manière plus générale, la France a des rendements légèrement supérieurs à la moyenne de l'OCDE. L'image du chercheur français qui ne fait pas grand chose, face au chercheur américain hyper-productif est bien cela : une image, sans aucun rapport avec la réalité. Le chercheur français a une productivité individuelle moyenne logique au regard des régularités que nous avons fait apparaître. Elle est, en tout cas, supérieure à celle d'un chercheur américain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une seule exception véritable, mais de taille, apparaît en fait : le Royaume-Uni. Celui-ci a une productivité scientifique très largement au-dessus de celle des pays qui lui sont comparables. On peut y voir, &lt;a href="http://obouba.over-blog.com/article-28551031.html"&gt;comme Michel Grosseti&lt;/a&gt;, la conséquence du très grand nombre de revues dirigées par des britanniques, tout autant que le produit d'une organisation institutionnelle spécifique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5592341786315632122-8801349369943635999?l=rationnelsansfinalite.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/feeds/8801349369943635999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/plus-on-cherche-plus-on-trouve-en_03.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8801349369943635999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5592341786315632122/posts/default/8801349369943635999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rationnelsansfinalite.blogspot.com/2009/04/plus-on-cherche-plus-on-trouve-en_03.html' title='Plus on cherche, plus on trouve (en France aussi) (III)'/><author><name>Sans rationalité et sans finalité</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02324642979603257624</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rfLu25ADiVQ/SdYVZShn7UI/AAAAAAAAAA8/OfT5S7vl4qY/s72-c/ratio+articles+publi%C3%A9s+chercheur.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5592341786315632122.post-6961605674879680572</id><published>2009-04-01T21:48:00.006+02:00</published><updated>2009-05-04T15:57:29.996+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='recherche'/><title type='text'>Plus on cherche, plus on trouve (en France aussi) (II)</title><content type='html'>Commençons par la première régularité, formulée dans notre note précédent : plus on cherche, plus on trouve. Cette régularité est extrêmement robuste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'oppose à une vision naïve et de sens commun de la science, comme une activité solitaire, où quelques génies produiraient à eux seuls l'essentiel du savoir, à partir de rien, si ce n'est leur génie et un petit labo, perché en haut de leur université.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n'est plus f
